L'Ukraine «optimiste» sur une ouverture prochaine des négociations d'adhésion à l'UE

Un activiste agite le drapeau national ukrainien et le drapeau de l'Union européenne devant la porte de Brandebourg de la capitale à Berlin le 24 août 2023 lors d'un concert marquant le jour de l'indépendance de l'Ukraine (Photo de John MACDOUGALL / AFP).
Un activiste agite le drapeau national ukrainien et le drapeau de l'Union européenne devant la porte de Brandebourg de la capitale à Berlin le 24 août 2023 lors d'un concert marquant le jour de l'indépendance de l'Ukraine (Photo de John MACDOUGALL / AFP).
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

L'Ukraine «optimiste» sur une ouverture prochaine des négociations d'adhésion à l'UE

  • L'exécutif européen doit rendre un rapport le 8 novembre sur l'état des progrès réalisés par l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie
  • En juin 2022, l'UE a accordé à l'Ukraine le statut de candidat, dans un geste hautement symbolique, ainsi qu'à la Moldavie

BERLIN: Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba s'est déclaré jeudi "optimiste" concernant l'ouverture prochaine par l'Union européenne de négociations d'adhésion de son pays, lors d'une conférence sur l'avenir de l'Europe organisée à Berlin.

"Nous sommes optimistes. Nous avons fait beaucoup de réformes et nous avons adopté les lois nécessaires pour répondre aux recommandations" formulées par Bruxelles, a-t-il déclaré devant la presse.

L'exécutif européen doit rendre un rapport le 8 novembre sur l'état des progrès réalisés par l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, et se prononcer sur l'ouverture ou non de négociations d'adhésion, avant que les 27 ne se saisissent de la question lors d'un sommet à Bruxelles à la mi-décembre.

"Nous attendons avec impatience la présentation de ce rapport et j'ai des raisons de croire qu'il ouvrira la voie à la décision du Conseil européen sur l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'Ukraine et d'autres pays", a ajouté M. Kouleba.

En juin 2022, l'UE a accordé à l'Ukraine le statut de candidat, dans un geste hautement symbolique, ainsi qu'à la Moldavie. Elle a en revanche refusé ce statut à la Géorgie, réclamant davantage de réformes de la part de Tbilissi.

Pour passer à l'étape suivante, donc l'ouverture des négociations d'adhésion, la Commission européenne a défini sept critères de référence pour Kiev. Il s'agit de conditions à remplir notamment en matière de lutte contre la corruption généralisée et de réformes judiciaires.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait jugé en septembre que l'Ukraine avait réalisé de "grandes avancées" dans ce sens.

Les négociations peuvent prendre du temps avant de déboucher sur une adhésion.

Cinq pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie) ont aussi le statut de candidat. Ils ont pour certains entamé des négociations d'adhésion, depuis parfois plus de dix ans.

A l'invitation de la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock, 17 ministres ou représentants des Affaires étrangères sont à Berlin pour parler élargissement et réforme de l'UE, selon son ministère. La Turquie est également représentée.

Pour garantir à l'UE sa capacité d'agir dans l'optique d'une poursuite de l'élargissement, la ministre allemande a plaidé notamment pour que davantage de décisions soient prises à la majorité des pays membres.

Elle a aussi proposé que les infractions commises par les Etats membres, par exemple en matière d'Etat de droit, soient sanctionnées plus rapidement et que les pays candidats à l'adhésion soient impliqués plus tôt dans les processus décisionnels de l'UE.

Il faudrait aussi selon elle faire en sorte que la Commission européenne et le Parlement européen ne s'agrandissent pas dans ce processus d'élargissement.

"Cela peut aussi vouloir dire qu'un pays comme le mien, l'Allemagne, soit prêt à renoncer temporairement à un poste de commissaire", a-t-elle dit.

"Nous savons bien sûr que cette idée est plus difficile pour les petits Etats, c'est pourquoi nous voulons nous assurer qu'ils ne renoncent pas ainsi à leur droit de parole au sein de la Commission".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.