Les femmes et les enfants, premières victimes de la pauvreté

Une femme sans abri dort sur un banc dans une rue de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 24 août 2023, alors qu'une vague de chaleur balaie la France. (AFP)
Une femme sans abri dort sur un banc dans une rue de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 24 août 2023, alors qu'une vague de chaleur balaie la France. (AFP)
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Publié le Mercredi 15 novembre 2023

Les femmes et les enfants, premières victimes de la pauvreté

  • Depuis plusieurs mois, les associations de lutte contre la pauvreté alertent sur une forte hausse des demandes d'aide, à l'instar des Restos du Coeur, contraints de réduire le nombre personnes accueillies
  • La raison: la fragilisation d'un public «sur le fil» ou déjà précaire, frappé de plein fouet par l'inflation

PARIS: Mères célibataires, salariées peu rémunérées, retraitées isolées: les femmes et les enfants sont les premières victimes de la pauvreté, alertent des associations, à l'heure où la situation des plus précaires s'aggrave en France.

Le Secours catholique a accueilli un million de personnes en 2022 en France, dont 25,7% de mères isolées, 20,9% de femmes seules et 20% de couples avec enfants, selon son rapport publié mardi.

"Les mères expriment fortement leur sens du sacrifice, elles nous disent que même si elles ne mangent pas, elles doivent trouver quelque chose pour leurs enfants", décrit à l'AFP Adélaïde Bertrand, déléguée générale du Secours catholique.

Même constat du côté des Restos du Coeur: les familles monoparentales, principalement des mères avec leurs enfants, représentaient un quart des personnes accueillies en 2022, un chiffre en hausse de 21%.

L'association a mis en place un programme spécifique pour accompagner celles, nombreuses, dont les enfants ont moins de trois ans. Elle a reçu 110 000 bambins de cette tranche d'âge l'an dernier, un nombre qui devrait grimper de près de 15% cette année.

Depuis plusieurs mois, les associations de lutte contre la pauvreté alertent sur une forte hausse des demandes d'aide, à l'instar des Restos du Coeur, contraints de réduire le nombre personnes accueillies. La raison: la fragilisation d'un public "sur le fil" ou déjà précaire, frappé de plein fouet par l'inflation.

«Choc financier»

Le taux de pauvreté a progressé de 0,9 point à 14,5% en 2021, en France, a annoncé mardi l'Insee, qui rappelle que les prix de l'alimentation ont bondi de 6,8% et ceux de l'énergie de 23,1% l'an dernier.

Nombre de femmes frappent à la porte d'une association après une séparation ou un divorce: elles "subissent davantage le poids des ruptures conjugales".

Cela a été le cas pour Sylvia, qui s'est "retrouvée sans rien" après sa rupture avec son ex-conjoint. Agée de 63 ans, elle vit à présent dans le Loiret, grâce à son travail à temps partiel d'aide à domicile, qui lui rapporte 1.000 euros par mois. Elle continue également d'avoir recours à l'aide du Secours catholique.

Car après avoir payé son loyer et ses charges, il lui reste environ 200 euros pour vivre, ce qui l'amène à faire "très attention à toutes les dépenses". "J'ai une voiture, mais elle reste au garage, je mange de la viande une fois par semaine, j'en achète quand il y a une promotion et je la congèle", témoigne-t-elle auprès de l'AFP.

Une séparation représente un risque de "choc financier" pour les femmes, pouvant entraîner un "déclassement résidentiel", soulignait également dans un rapport publié en début d'année la fondation Abbé Pierre.

Précarité féminime 

A ce moment-là, les femmes perdent 15% de niveau de vie, quand les hommes en gagnent 4%. L'homme garde plus souvent le domicile, dans 43% des cas, contre 32% pour les femmes, selon cette association.

De même, lors du décès de leur compagnon, certaines femmes voient leur niveau de vie chuter. "Les femmes vieillissent plus pauvres et plus seules que les hommes": 12% des veuves sont pauvres, contre 4% des veufs. Beaucoup ne touchent pas de pension de réversion.

La précarité féminine a régulièrement augmenté ces dernières décennies, alors que la pauvreté touchait de façon égale hommes et femmes jusqu'au début des années 2000, selon le Secours catholique. Les femmes représentent désormais 57,5% des personnes rencontrées par l'association, contre 52,6% en 1999.

Parmi elles, le Secours catholique distingue quatre profils principaux: les jeunes femmes éloignées de l'emploi, souvent mères au foyer, les étrangères exclues du marché du travail en raison de leur situation irrégulière, les femmes isolées plus âgées, notamment retraitées, ainsi que les actives.

"Celles qui travaillent sont moins bien payées, plus souvent à temps partiel subi", pointe le Secours catholique.

Les femmes gagnaient en moyenne 24% de moins que les hommes dans le secteur privé en 2021, tout poste et temps de travail confondus, selon l'Insee.


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.