Gaza: La France, prête à accueillir des enfants blessés, accentue son aide humanitaire

Une équipe d'humanitaires dirigée par l'Organisation mondiale de la santé visite l'hôpital Al-Shifa à Gaza. Le bilan de la guerre à Gaza a atteint 13 000 personnes (Photo, Reuters).
Une équipe d'humanitaires dirigée par l'Organisation mondiale de la santé visite l'hôpital Al-Shifa à Gaza. Le bilan de la guerre à Gaza a atteint 13 000 personnes (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 20 novembre 2023

Gaza: La France, prête à accueillir des enfants blessés, accentue son aide humanitaire

  • La France est prête à accueillir des enfants blessés dans les hôpitaux français a annoncé dimanche Emmanuel Macron
  • La nouvelle salve d'aide médicale promise par Paris devrait être déployée rapidement

PARIS: La France va envoyer une nouvelle salve d'aide humanitaire pour Gaza et est prête à accueillir des enfants blessés dans les hôpitaux français, a annoncé dimanche Emmanuel Macron, qui a interpellé le Premier ministre israélien sur les "trop nombreuses pertes civiles" dans le territoire palestinien.

Le président français s'est inquiété auprès de Benjamin Netanyahou des "trop nombreuses pertes civiles" à Gaza, lui rappelant la "nécessité absolue de distinguer les terroristes de la population" et "l'importance d'instaurer une trêve humanitaire immédiate devant mener à un cessez-le-feu", a indiqué l'Elysée.

Sur la situation en Cisjordanie, Emmanuel Macron a fait part au Premier ministre israélien de "sa grande préoccupation concernant la montée des violences contre les civils palestiniens", appelant à "tout faire (...) pour maintenir le calme".

Il a également abordé ce sujet avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, auprès duquel il a "condamné" ces violences, a précisé la présidence française au 44e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.

Depuis les attaques du mouvement islamiste en Israël le 7 octobre dernier, l'armée israélienne bombarde sans répit la bande de Gaza, mais elle multiplie également ses incursions en Cisjordanie.

Appel à la «trêve humanitaire»

La nouvelle salve d'aide médicale promise par Paris devrait être déployée rapidement.

Dix tonnes de fret médical seront envoyées par avion, le porte-hélicoptères Dixmude est en passe d'appareiller pour l'Egypte et des établissements hospitaliers seront mobilisés jusque dans l'Hexagone, a indiqué le président français dans un message posté sur X.

Face à "l'urgence pour la population de Gaza", il a promis que "les enfants blessés ou malades (...) qui ont besoin de soins urgents" pourront être "soignés en France", si cela est "utile et nécessaire". "Des dispositions sont prises pour recevoir jusqu'à 50 patients dans nos établissements hospitaliers".

Le Dixmude arrivera en Egypte "dans les prochains jours" et aura pour vocation de "traiter les cas les plus graves et permettre la prise en compte de civils blessés afin de les faire soigner dans les hôpitaux alentours, si nécessaire", selon Emmanuel Macron.

Un nouvel avion de l'armée de l'air transportera de son côté "plus de dix tonnes de fret médical en début de semaine".

Ces annonces interviennent alors qu'Emmanuel Macron est critiqué sur sa politique au Proche-Orient jusque dans sa propre diplomatie.

Un groupe de diplomates français a rédigé une note, dont la teneur a fuité dans Le Figaro, déplorant un parti pris pro-israélien.

Mais, signe d’un équilibre difficile à trouver, les propos du chef de l'Etat à la BBC exhortant Israël à "arrêter" les bombardements tuant des civils à Gaza ont heurté les autorités israéliennes.

Emmanuel Macron s'est entretenu samedi avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, sur la situation des otages détenus par le Hamas à Gaza.

Il a rappelé qu'il mettait "tout en oeuvre (...) pour obtenir la libération de tous les otages, notamment nos huit compatriotes français".

Raid sur l'hôpital al-Chifa

Le renforcement de l'aide humanitaire française s'inscrit dans un contexte sanitaire très dégradé à Gaza où l'armée israélienne mène un raid depuis mercredi sur l'hôpital al-Chifa, le plus grand du territoire palestinien.

Israël assure que le Hamas se sert de cet établissement comme base militaire, notamment via un réseau de tunnels, ce que le mouvement islamiste dément.

L'armée israélienne a indiqué dimanche avoir découvert sous cet établissement un tunnel long de 55 mètres utilisé par le Hamas.

Elle a aussi diffusé des images présentées comme venant des caméras de surveillance de l'hôpital et montrant le 7 octobre des otages amenés dans l'enceinte de l'hôpital.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) cherche de son côté à évacuer les derniers patients de l'hôpital, devenu une "zone de mort" selon elle.

"Les événements horribles" survenus ces dernières 48 heures à Gaza "dépassent l'entendement", a déploré dimanche le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk. Il estime que certaines actions de l'armée israélienne pourraient constituer des "crimes de guerre".

L'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre a fait environ 1.200 morts en Israël, principalement des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël mène une offensive à Gaza dans le but "d'anéantir" le Hamas, qui a fait au moins 13.000 morts, incluant plus de 5.500 enfants et 3.500 femmes, selon le dernier bilan du gouvernement du mouvement islamiste.


Barrot rencontre son homologue qatari, Paris réaffirme son opposition à un rôle syrien au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rencontre aujourd’hui, lundi, son homologue qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, lors d’un entretien qui portera sur les relations bilatérales et la situation régionale. Prévue initialement à Doha, la rencontre aura finalement lieu en Suisse. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rencontre aujourd’hui, lundi, son homologue qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, lors d’un entretien qui portera sur les relations bilatérales et la situation régionale. Prévue initialement à Doha, la rencontre aura finalement lieu en Suisse. (AFP)
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  • La France et le Qatar affichent une convergence de vues sur une question particulièrement sensible : celle du désarmement du Hezbollah
  • Pour Paris comme pour Doha, le désarmement du parti relève avant tout de la souveraineté libanaise et doit être conduit par les institutions de l’État

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rencontre aujourd’hui, lundi, son homologue qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, lors d’un entretien qui portera sur les relations bilatérales et la situation régionale. Prévue initialement à Doha, la rencontre aura finalement lieu en Suisse, où se tiennent les négociations entre les États-Unis et l’Iran, selon une source du ministère français des Affaires étrangères.

Cette rencontre reflète l’intensité diplomatique du moment et l’imbrication des crises qui traversent le Moyen-Orient. Les deux pays entendent renforcer leur coordination autour de plusieurs dossiers majeurs. Le premier axe de discussion concerne le Liban, théâtre d’une instabilité persistante aggravée par les tensions régionales.

Consolidation du cessez-le-feu

L’enjeu immédiat porte sur la consolidation du cessez-le-feu et la relance des négociations entre Beyrouth et Israël, attendues dans les prochains jours à Washington. Dans ce contexte, la France et le Qatar affichent une convergence de vues sur une question particulièrement sensible : celle du désarmement du Hezbollah. Les deux capitales rejettent clairement l’idée d’une externalisation de ce processus, notamment les propos du président américain Donald Trump évoquant une implication de la Syrie dans le désarmement du Hezbollah.

Pour Paris comme pour Doha, le désarmement du parti relève avant tout de la souveraineté libanaise et doit être conduit par les institutions de l’État. Il s’agit d’une approche visant à éviter toute escalade supplémentaire dans un pays déjà fragilisé et à préserver un équilibre interne extrêmement précaire. Le fragile cessez-le-feu, qui peine à être véritablement respecté, est considéré par la diplomatie française comme une fenêtre d’opportunité qu’il convient d’exploiter pour avancer vers un règlement durable. Pour parvenir à cette fin, plusieurs pistes concrètes sont évoquées. Parmi elles figure le renforcement du soutien aux forces armées libanaises. Une conférence internationale, initialement prévue à Paris au printemps, devrait être remise à l’ordre du jour. Le Qatar, déjà fortement engagé dans ce domaine, est considéré comme un partenaire clé pour consolider les capacités de l’armée libanaise et contribuer à la stabilisation du pays. Le deuxième grand volet de l’entretien porte sur la Syrie et la transition engagée depuis la chute de l’ancien président Bachar el-Assad. Dans un contexte encore marqué par les incertitudes, la France et le Qatar entendent poursuivre leur coordination afin de soutenir un processus politique fragile. L’objectif est d’accompagner la reconstruction institutionnelle du pays tout en évitant les dynamiques de fragmentation ou les ingérences susceptibles de compromettre la transition.

Vulnérabilité de l’ensemble des acteurs régionaux

Cette approche prudente reflète la complexité du dossier syrien, où les équilibres restent mouvants et les risques de déstabilisation nombreux. À cet égard, Paris et Doha partagent la volonté de favoriser une transition inclusive, capable de garantir, à terme, la stabilité du pays et de la région. Le troisième axe majeur concerne Gaza et, plus largement, le conflit israélo-palestinien. Dans ce dossier, le Qatar, qui a joué un rôle central dans les médiations récentes, apparaît comme un interlocuteur incontournable pour la France.

Toutefois, la mise en œuvre des initiatives en cours reste incertaine, et le plan en 20 points proposé par Donald Trump tarde à produire des résultats concrets, tandis que la situation sur le terrain continue de se dégrader. En Cisjordanie, les violences se multiplient et la politique de colonisation alimente les tensions. Cela incite la France et le Qatar, qui condamnent cette colonisation, à relancer une dynamique politique crédible. Paris insiste sur l’urgence de redonner un horizon au processus de paix et de dépasser la seule gestion de crise afin d’esquisser une solution durable au conflit. Au-delà de ces crises régionales, l’entretien doit également aborder les enjeux bilatéraux entre Paris et Doha, dans un contexte profondément bouleversé par les récentes évolutions géopolitiques.

L’escalade entre l’Iran, Israël et les États-Unis a en effet mis en évidence la vulnérabilité de l’ensemble des acteurs régionaux, y compris du Qatar, qui n’a pas été épargné. Des frappes ont visé ses infrastructures stratégiques, notamment dans le secteur gazier, pilier de son économie, et le pays a également subi des perturbations affectant ses capacités de transport. Ces événements, estime Paris, ont rappelé qu’aucun État de la région n’est totalement à l’abri d’une extension du conflit. Cette situation amène la France et le Qatar à renforcer leur coopération, tant sur le plan économique que sécuritaire. Il s’agit notamment de consolider la résilience des infrastructures critiques, de sécuriser les échanges et de préserver les flux commerciaux dans un environnement de plus en plus incertain


Canicule: Pécresse recommande aux voyageurs de «ne pas se déplacer» et de privilégier le télétravail

Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre. (AFP)
Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre. (AFP)
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  • "Nos transports vont énormément souffrir. Ils vont souffrir parce que les rails ne supportent pas une chaleur au-dessus de 50 degrés. Donc on va avoir beaucoup de perturbations dans les transports
  • A 8H00, le site d'IDFM signalait des perturbations sur deux lignes de tramway (T4 et T12), les RER D et E ainsi que la ligne L du Transilien pour des raisons techniques (panne des trains, incidents d'exploitation ou défaillance du matériel)

PARIS: La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a recommandé lundi aux voyageurs "de ne pas se déplacer" et de privilégier le télétravail, en raison des perturbations qui vont affecter les transports franciliens à cause de la canicule.

"Nos transports vont énormément souffrir. Ils vont souffrir parce que les rails ne supportent pas une chaleur au-dessus de 50 degrés. Donc on va avoir beaucoup de perturbations dans les transports", a prévenu sur RTL Mme Pécresse, également présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régulatrice des transports en région parisienne.

"Il va y avoir des réductions d'offre qui seront malheureusement en fonction des conditions climatiques, de l'état du matériel, de l'état des rails", a-t-elle ajouté, sans donner de détails sur les lignes perturbées.

A 8H00, le site d'IDFM signalait des perturbations sur deux lignes de tramway (T4 et T12), les RER D et E ainsi que la ligne L du Transilien pour des raisons techniques (panne des trains, incidents d'exploitation ou défaillance du matériel).

Pour le RER D, les perturbations sont dues aux "conditions météorologiques", selon IDFM.

Dimanche, IDFM avait annoncé que des suppressions de trains étaient à prévoir, notamment sur les RER B, C, D et E - mais pas pour le RER A -, ainsi que les lignes de Transilien H, J, K, L, N, P, R et U.

"Nous recommandons bien sûr à tous les voyageurs qui peuvent éviter de se déplacer de ne pas le faire. Nous recommandons à tous ceux qui peuvent télétravailler de télétravailler. Et surtout, nous demandons à tous les voyageurs, avant de prendre les transports, de vérifier si leur transport est bien là", a dit Mme Pécresse, qui a aussi évoqué les 130 fontaines à eau déployées sur les réseaux de transport en commun.

"Le problème, c'est que la climatisation dans les transports, c'est une climatisation douce et c'est une climatisation qui n'est pas capable d'absorber les heures de pointe à 40 degrés", a expliqué la présidente d'IDFM.

Interrogé lundi matin sur Franceinfo, le ministre des Transports Philippe Tabarot a nié un manque d'anticipation. "Ce week-end, la grande majorité des trains a circulé, le réseau a tenu", a-t-il souligné.

Pour prévenir les "pannes potentielles de climatisation liées aux très hautes températures", la SNCF supprime depuis jeudi plusieurs trains Intercités (notamment sur la ligne Bordeaux-Marseille ou Paris-Clermont-Ferrand).

Selon M. Tabarot, les problèmes de climatisation sur ces lignes vieillissantes seront résolus à partir de l'été 2027, grâce à l'arrivée de matériel neuf. "Les Intercités sont les lignes où aujourd'hui il y a le plus d'investissements", a-t-il noté.

Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre.


Canicule: 784 écoles et collèges en France concernés par des aménagements horaires

Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
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  • Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires
  • Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours"

LUCE: Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement, a précisé le ministère à l'AFP.

Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours".

"On a 57 centres d'examen", sur les 2.300 présents en France, "pour lesquels les autorités académiques ont décidé de décaler les épreuves de lundi après-midi et de mardi après-midi pour certaines d'entre elles à la semaine suivante", a précisé M. Geffray.

Cinq académies sont concernées par des reports d'examens, selon le ministère: Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie, Poitiers.

Edouard Geffray a fait ces annonces lors de la visite d'un collège à Lucé (Eure-et-Loir), près de Chartres, alors que 53 départements sont en vigilance orange canicule.

L'épisode de chaleur s'annonce "durable et intense", avertit Météo-France. L'organisme prévoit dans son bulletin de 06H00 que la vigilance sera "très probablement encore étendue dans les prochains jours".

Les aménagements horaires des établissements scolaires, ou leur fermeture complète, sont décidés "au niveau local" par les "maires et les préfets", a rappelé le ministre.

Lors de la vague de chaleur de l'année dernière, "2.200 entités scolaires avaient été fermées. On n'est pas sur une situation nouvelle et celle-ci se reproduira pour des années à venir".

"Il faut adapter nos pratiques: c'est pour ça qu'il n'y aura à l'avenir au baccalauréat ou au brevet plus d'épreuves les après-midi", a-t-il souligné.