Londres et Séoul renforcent leurs liens économiques et militaires

Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol pononce un discours aux côtés du roi Charles III de Grande-Bretagne lors d'un banquet d'État au palais de Buckingham, dans le centre de Londres, le 21 novembre 2023, le premier jour d'une visite d'État de trois jours au Royaume-Uni (Photo par Aaron Chown / AFP).
Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol pononce un discours aux côtés du roi Charles III de Grande-Bretagne lors d'un banquet d'État au palais de Buckingham, dans le centre de Londres, le 21 novembre 2023, le premier jour d'une visite d'État de trois jours au Royaume-Uni (Photo par Aaron Chown / AFP).
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Publié le Mercredi 22 novembre 2023

Londres et Séoul renforcent leurs liens économiques et militaires

  • Mardi soir, Charles III a organisé un banquet royal au palais de Buckingham en l'honneur du président et de son épouse
  • Des négociations formelles vont s'ouvrir pour moderniser l'accord de libre-échange signé entre les deux nations en 2019, alors que les échanges commerciaux entre Londres et Séoul ont doublé depuis 2011

LONDRES: Après avoir été accueilli en grande pompe par la famille royale britannique, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol doit étoffer mercredi à Londres les accords commerciaux et militaires de son pays avec le gouvernement britannique, en pleine montée des tensions avec la Corée du Nord.

Le lancement mardi de ce que Pyongyang a présenté comme un "satellite militaire" espion est venu rappeler le contexte délicat dans la région, au moment où Londres et Séoul tiennent à afficher leur bonne entente lors d'une visite d’État de trois jours du dirigeant sud-coréen dans la capitale britannique.

Yoon Suk Yeol, accompagné de son épouse Kim Keon Hee, a eu droit mardi à tous les honneurs protocolaires de la royauté britannique: cérémonie d'accueil en présence du roi Charles III et de la reine Camilla, avec inspection des troupes et procession en carrosses jusqu'au palais de Buckingham, puis discours solennel au Parlement.

Le dirigeant sud-coréen, qui s'est adressé en anglais aux parlementaires britanniques, s'est réjoui d'approfondir les liens entre les deux États par la signature d'un "accord de Downing Street" sur la technologie et la défense, et en ouvrant des négociations pour moderniser leur accord de libre-échange.

"Nos relations bilatérales vont renaître et faire de nous de véritables partenaires stratégiques mondiaux", a-t-il assuré dans la galerie royale du palais de Westminster.

Mardi soir, Charles III a organisé un banquet royal au palais de Buckingham en l'honneur du président et de son épouse. Parmi les invités, des stars de la K-pop, le groupe féminin Blackpink.

Coopération technologique et militaire

Place aux négociations et aux affaires mercredi. Le président sud-coréen a participé dans la matinée à un forum économique réunissant des chefs d'entreprises des deux pays.

Des négociations formelles vont s'ouvrir pour moderniser l'accord de libre-échange signé entre les deux nations en 2019, alors que les échanges commerciaux entre Londres et Séoul ont doublé depuis 2011.

La visite a déjà permis d'engranger 21 milliards de livres (24 milliards d'euros) de promesses d'investissements coréens au Royaume-Uni, notamment dans les énergies vertes et les infrastructures.

"Les entreprises britanniques ont obtenu des opportunités d'exportation d'une valeur de 3 milliards de livres (3,45 milliards d'euros)", s'est félicité Downing Street sur le réseau social X (ex Twitter). "Cela permettra de soutenir 1 500 emplois hautement qualifiés et de contribuer à la croissance de l'économie".

Le Royaume-Uni cherche à signer des accords de libre-échange tous azimuts depuis le Brexit, le gouvernement conservateur vantant les nouvelles possibilités permises par la sortie de l'Union européenne.

Il cherche en particulier à renforcer ses liens avec les pays de l'Asie-Pacifique, sur le plan économique mais aussi sécuritaire. Londres a noué cette année un important accord militaire avec Tokyo, considéré comme un moyen de répondre aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.

Le nouveau chef de la diplomatie David Cameron a ainsi défendu mardi devant le Parlement l'adhésion de Londres au partenariat de libre-échange transpacifique, vantant "un âge de forte croissance dans la région" : "Les pays de (la zone) indo-pacifique devraient apporter la majorité de la croissance mondiale entre maintenant et 2050", a-t-il souligné.

Au-delà des relations économiques, le président sud-coréen et le Premier ministre britannique Rishi Sunak doivent signer mercredi un "accord de Downing Street" sur la technologie, la défense et la sécurité, portant notamment sur les domaines hautement stratégiques de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs.

Concernant la coopération militaire, Londres et Séoul veulent renforcer leurs exercices communs et prévoient la participation de navires britanniques à des patrouilles veillant au respect des sanctions visant la Corée du Nord.

"Le Royaume-Uni montre la voie en soutenant nos amis coréens dans leur lutte contre l'attitude agressive de la Corée du Nord et en garantissant la sûreté et la sécurité de la région indo-pacifique", a déclaré mardi dans un communiqué le ministre britannique de la Défense Grant Shapps.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.