A Londres, un célèbre disquaire fait renaître l'espoir sur Oxford Street

Des piétons passent devant le magasin HMV d'Oxford Street, dans le centre de Londres, le 23 novembre 2023. Le détaillant de musique HMV s'apprête à rouvrir les portes de son magasin phare d'Oxford Street le 24 novembre. (Photo par Ben Stansall AFP)
Des piétons passent devant le magasin HMV d'Oxford Street, dans le centre de Londres, le 23 novembre 2023. Le détaillant de musique HMV s'apprête à rouvrir les portes de son magasin phare d'Oxford Street le 24 novembre. (Photo par Ben Stansall AFP)
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Publié le Vendredi 24 novembre 2023

A Londres, un célèbre disquaire fait renaître l'espoir sur Oxford Street

  • Depuis la faillite du distributeur de disques qui avait ouvert son premier magasin sur Oxford Street en 1921, le pas de porte avait fait place à une boutique de bonbons, au grand dam des Londoniens et des fans de musique
  • Le magasin HMV d'Oxford Street est entré dans l'histoire de la musique en 1962 quand Brian Epstein, le manager des Beatles, y a apporté une copie de leur bande démo qui a été remarquée par les producteurs d'EMI

LONDRES : Quatre ans après avoir fermé son magasin emblématique d'Oxford Street, dans le centre de Londres, le disquaire britannique HMV rouvre une boutique vendredi à la même adresse, suscitant l'espoir d'un renouveau de la célèbre artère commerçante à l'attractivité déclinante.

Depuis la faillite du distributeur de disques qui avait ouvert son premier magasin sur Oxford Street en 1921, le pas de porte avait fait place à une boutique de bonbons, au grand dam des Londoniens et des fans de musique.

Mais vendredi, le logo du groupe britannique - un chien écoutant la voix de son maître défunt dans un gramophone, d'où le nom «His Master's Voice» (HMV, «La Voix de son maître») - retrouvera sa place sur la façade du 363, Oxford Street.

Le nouveau magasin «reflètera l'évolution du concept commercial d'HMV», avec un espace pour les spectacles et dédicaces, et «un vaste éventail d'articles de pop culture», a expliqué le groupe.

C'est «exactement ce que nous voulons qu'Oxford Street soit: une expérience au-delà du commerce de détail traditionnel», a déclaré à l'AFP Geoff Barraclough, membre du conseil municipal de Westminster, se réjouissant de cette réouverture.

Le magasin HMV d'Oxford Street est entré dans l'histoire de la musique en 1962 quand Brian Epstein, le manager des Beatles, y a apporté une copie de leur bande démo qui a été remarquée par les producteurs d'EMI, la maison de disque alors propriétaire de HMV, aidant le groupe à obtenir un contrat d'enregistrement.

Enseigne emblématique, elle a depuis été confrontée à des difficultés financières persistantes, sur fond de déprime du marché du disque face à la concurrence de la musique en ligne. HMV avait déposé le bilan fin 2018, après une première faillite en 2013.

L'homme d'affaires canadien Doug Putman, propriétaire du groupe de magasins de disques Sunrise, avait alors racheté HMV pour un montant non dévoilé, mais avait été contraint de fermer 27 points de vente, dont celui, emblématique, du cœur de Londres.

Quatre ans plus tard, le groupe est parvenu à renouer avec les bénéfices, et a annoncé en avril qu'il reviendrait «à la demande générale», sur son site d'Oxford Street avant les fêtes de Noël.

- Retour de l'effervescence -

Comme beaucoup de Britanniques, Dave Jacobs, 60 ans, monteur d'échafaudages dans la capitale, garde un souvenir ému du temps où il pouvait parcourir les pochettes de disques et acheter de la musique dans cette boutique.

Il n'est pas mécontent, par ailleurs, que les nombreux magasins de bonbons qui donnaient selon lui un aspect «vulgaire» à Oxford Street commencent à disparaître du paysage.

Ces dernières années, la principale artère commerçante de la capitale britannique a changé de visage, souffrant de la fermeture de grands magasins comme Debenhams et House of Fraser, et voyant apparaître des dizaines de magasins de confiseries ou de souvenirs pendant la pandémie de Covid-19.

Bien moins prestigieuses, ces boutiques sont également accusées par les autorités locales de pratiques commerciales douteuses, ajouté à des millions de livres sterling de taxes commerciales impayées.

Des touristes comme Brandy Fonds, 51 ans, venue des Etats-Unis pour visiter Londres avec sa fille, y cherchent en vain des commerces typiques de la capitale britannique, et déplorent une rue jonchée d'ordures.

Mais pour Geoff Barraclough, la réouverture de la boutique HMV marque un tournant pour Oxford Street: «l'effervescence revient dans l'une des rues commerçantes les plus aimées du pays», s'est-il réjoui.

L'ouverture d'un magasin Ikea, le premier dans le centre de la capitale britannique, y est attendue avec impatience pour l'année prochaine.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
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  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.