En Guadeloupe, des habitants délogés de la côte rongée par l'érosion

Photo prise le 23 décembre 2020 à Petit-Bourg, dans l'est de l'île de Basse Terre en Guadeloupe, où 80 maisons menacent de s'effondrer en raison de l'érosion côtière. (Cedrick Isham Calvados / AFP)
Photo prise le 23 décembre 2020 à Petit-Bourg, dans l'est de l'île de Basse Terre en Guadeloupe, où 80 maisons menacent de s'effondrer en raison de l'érosion côtière. (Cedrick Isham Calvados / AFP)
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Publié le Samedi 26 décembre 2020

En Guadeloupe, des habitants délogés de la côte rongée par l'érosion

  • L'urgence dure depuis plusieurs années, mais les pluies diluviennes de novembre en Guadeloupe où près de 200 ml sont tombés en quelques heures, ont encore amplifié le problème
  • Au total, "43 familles du quartier doivent évacuer d'urgence",

PETIT-BOURG, France : A Petit-Bourg, en Guadeloupe, 80 maisons menacent de s'effondrer avec l'érosion côtière. "J'avais une douzaine de locataires qui ont dû être relogés", témoigne André Vilovar, propriétaire d'un immeuble en équilibre sur une falaise en partie effondrée après de grosses intempéries en novembre.

Au total, "43 familles du quartier doivent évacuer d'urgence", explique David Nebor, adjoint au maire chargé de ce dossier qui pourrait servir de référence aux autres territoires ultramarins touchés par le dérèglement climatique.

L'urgence dure depuis plusieurs années, mais les pluies diluviennes de novembre en Guadeloupe où près de 200 ml sont tombés en quelques heures, ont encore amplifié le problème après l'effondrement d'un pan de falaise. "Depuis ces intempéries, la gravité de la situation a été perçue par les habitants, certains ont accepté d'être relogés", précise l'élu.

Selon Ywenn de la Torre, le directeur du bureau de recherches géologiques et minière (BRGM), "l'activité anthropique (humaine, ndlr) a fortement accéléré le recul naturel du trait de côte en Guadeloupe". Entre 1950 et 2013, les plages du Sud Grande Terre, ont reculé d'un à sept mètres par an, selon une étude de l'Observatoire régional Energie-climat de 2019, et certaines falaises reculent régulièrement.

"La côte qui s'érode sans présence humaine, c'est naturel", souligne Ywenn de la Torre qui note aussi que sur certains sites, "le littoral avance. Mais si cet espace est utilisé par les humains, cela change la donne" et peu s'avérer dangereux. Comme à Sainte-Anne, Pointe-Noire ou Capesterre-Belle-Eau, où plusieurs habitations sont en première ligne.

En Guadeloupe, selon les modélisations du BRGM, le niveau de la mer pourrait monter jusqu'à 1,4 m d'ici à 2100. "Il est probable que ça soit un peu moins. Mais cela se traduit par de l'érosion côtière, des risques de submersions marines et des conséquences sur l'habitat privé et l'activité économique", précise ce responsable.

"Le premier glissement, c'était après Lenny", un cyclone de 1999, se souvient André Vilovar, qui a aussi dû délocaliser son épicerie. Dans la rue, de nouveaux arrêtés municipaux d'interdiction d'habiter ont été pris. Un ouvrier mure les ouvertures des petites cases en béton dont les habitants ont été relogés, "pour éviter les squatteurs".

Cas d'école

Dans le quartier, on se souvient aussi qu'il y a 15 ans, on pouvait aller à la plage à pied. Désormais les arbres sur la falaise tombent au rythme de sa disparition. Comme les autres, Daniel Sainte-Luce a vu la terre reculer et bientôt son poulailler sera au-dessus du précipice. "Ma maison a un peu de marge, sourit-il, je ne suis pas obligé d'évacuer".

A Petit-Bourg, la situation fait cas d'école. "Ces maisons sont installées sur la bande des +50 pas géométriques+, un espace littoral qui appartient à l'Etat", rappelle Myriam Roch-Bergopsom, directrice de l'agence qui gère cette bande côtière d'environ 80 mètres de large, dont la délimitation date de l'Ancien régime et sur laquelle sont installées de nombreuses personnes, "sans droit, ni titre".

Or, la régularisation des titres de propriété n'est pas possible puisque "le plan de prévention des risques naturels a classé la zone en rouge avec une mise en danger de la vie humaine, imminente, et des interdictions d'habiter", expliquent les services de l'Etat.

"Ici, nous avons des propriétaires sans titres, d'autres avec, de l'indivision, des locataires, une population défavorisée, parfois sans papier, des personnes âgées, des enfants, des activités économiques,... ", rappelle le sous-préfet David Percheron. La solution ? Selon l'ensemble des gestionnaires, on est sur de la formule "cousue main", tant pour le financement du relogement, ailleurs dans la commune, que pour les outils juridiques mobilisés.

"Personne ne veut vraiment partir", soulignent des habitants, attachés à leur vie de quartier. Des rumeurs (fausses) circulent même autour de l'installation d'une marina, de bars et d'hôtels sur ces lieux menacées. Pour les gestionnaires de la situation, "si on réussit ici, on gérera le reste du littoral habité de Guadeloupe".

 


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.