Eolien en mer, soutien à la pêche: Macron veut assurer «la souveraineté maritime française»

Le président français Emmanuel Macron assiste à la 18e édition des Assises de l'économie maritime à Nantes, le 28 novembre 2023. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron assiste à la 18e édition des Assises de l'économie maritime à Nantes, le 28 novembre 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 28 novembre 2023

Eolien en mer, soutien à la pêche: Macron veut assurer «la souveraineté maritime française»

  • Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de faire de l'éolien en mer la première source d'énergies renouvelables en France d'ici 2050
  • Emmanuel Macron interviendra sur la protection de la mer lors de la COP28 vendredi et samedi à Dubaï, dans la perspective de la grande conférence des Nations unies sur l'océan prévue en 2025 à Nice

NANTES: Essor massif de l'éolien en mer, aide à la pêche, "décarbonation" des ports... Emmanuel Macron a balayé large mardi, lors des "assises de l'économie de la mer" à Nantes, liant transition énergétique et "souveraineté maritime française".

"La mer est au cœur de cette problématique de la souveraineté (...) C'est la souveraineté énergétique, alimentaire et d'infrastructure", a-t-il plaidé, après avoir déjà vanté lundi la mer comme un lieu "de puissance" lors de l'inauguration du Musée rénové de la marine à Paris.

En deux jours, le chef de l'Etat a ainsi redessiné sa vision de la "souveraineté maritime française" dans un pays qui conserve, avec ses territoires ultramarins, le deuxième espace maritime au monde derrière les Etats-Unis.

Lors de ces assises réunissant pêcheurs, constructeurs navals, armateurs, élus locaux et associations, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de faire de l'éolien en mer la première source d'énergies renouvelables en France d'ici 2050.

"En 2025, on va déjà lancer dix gigawatts, c'est-à-dire une dizaine de parcs qui entreront en vigueur en 2030-2035", a-t-il annoncé.

Une production de 10 GW est équivalente à la consommation annuelle électrique de 10 millions de foyers. La France, qui compte aujourd'hui à peine 8 GW de parcs offshore installés ou en projet, a pour objectif d'atteindre 45 GW en 2050.

Cet appel d'offres de 10 GW sera lancé à l'issue d'un débat public - ouvert jusqu'au 26 avril - destiné à identifier les sites sur lesquels seront installés une cinquantaine de parcs. L'objectif est d'établir des zones précises d'implantation aussi bien en Méditerranée qu'en Atlantique, Manche et mer du Nord.

Face aux polémiques récurrentes sur l'éolien, Emmanuel Macron mise sur ce débat national:  "On met toutes les cartes sur la table, on s'engueule une bonne fois pour toutes, de manière franche, et on évite de le faire au bout de cinq ans ou dix ans de projets".

Il a aussi évoqué "près de 200 millions d'euros" d'investissements pour que la France "soit un des leaders dans l'éolien flottant" et évite d'importer des éoliennes de Chine.

Aide au carburant prolongée

L'éolien en mer va générer des "milliers d'emplois" et rapporter 2,5 milliards d'euros de recettes fiscales "entre 2023 et 2035", a-t-il assuré.

Sur cette somme, environ 700 millions ira pour la pêche afin de moderniser une flotte vieillissante et polluante, qui a perdu plus d'un quart de ses navires en 20 ans, a-t-il annoncé. Emmanuel Macron souhaite également "moderniser les criées", car aujourd'hui "ça coûte moins cher de débarquer en Écosse ou en Irlande et d'acheminer les captures par camions en France".

Rappelant le lancement d'ici l'été prochain d'un "vrai contrat de transformation de la pêche française", il a évoqué plusieurs chantiers, dont la question de l'alimentation - 80% du poisson consommé est importé - ou du prix du poisson pas assez rémunérateur pour attirer les jeunes dans la filière.

A court terme, les pêcheurs français bénéficieront de la prolongation européenne jusqu'au 30 juin 2024 de l'aide de 20 centimes par litre de carburant, liée à la flambée des prix de l'énergie dans le contexte de la guerre en Ukraine

Cette mesure, qui expirait le 31 décembre, s'appliquera jusqu'à un plafond de 335.000 euros par entreprise. "Ces 20 centimes seront cumulés avec les aides qu'on a obtenues auprès de plusieurs grands groupes, Total et autres, ce qui fait qu'on aura une aide exceptionnelle que nos pêcheurs n'auront jamais eue", a assuré le président. Le gazole grève jusqu'à 40% du chiffre d'affaires des patrons de pêche.

Par ailleurs, la France consacrera quelque 800 millions d'euros du programme d'investissements France 2030 à des projets de "décarbonation" de ports ou d'infrastructures portuaires.

Emmanuel Macron interviendra aussi sur la protection de la mer lors de la COP28 vendredi et samedi à Dubaï, dans la perspective de la grande conférence des Nations unies sur l'océan prévue en 2025 à Nice. Celle-ci sera précédée d'une "année de la mer" riche en initiatives partout en France (Journées du patrimoine, Loto de la biodiversité, etc), a-t-il promis.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
Short Url
  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Short Url
  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
Short Url
  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.