Les réactions internationales à la reprise des combats à Gaza

Des Palestiniens montent à l'arrière d'un véhicule alors qu'ils se dirigent vers des zones plus sûres après la reprise des frappes israéliennes sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er décembre 2023, après l'expiration d'une trêve de sept jours entre Israël et les militants du Hamas. (AFP)
Des Palestiniens montent à l'arrière d'un véhicule alors qu'ils se dirigent vers des zones plus sûres après la reprise des frappes israéliennes sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er décembre 2023, après l'expiration d'une trêve de sept jours entre Israël et les militants du Hamas. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 décembre 2023

Les réactions internationales à la reprise des combats à Gaza

  • «Accepter le sacrifice des enfants de Gaza, c’est l’humanité qui abandonne», regrette le porte-parole de l'Unicef, James Elder
  • Alors que le Kremlin aurait « préféré » une extension du cessez-le-feu, le Qatar exhorte la communauté internationale à agir rapidement pour mettre fin aux violences à Gaza

BEYROUTH: Au premier jour du mois de décembre, à 07H00 précise, marquant la fin d’une trêve humanitaire instaurée le 24 novembre, l'armée israélienne a déclaré avoir repris ses opérations militaires et le bombardement régulier de Gaza dans le cadre d’une vaste offensive en représailles d’une attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, qui a occasionné 1200 morts du côté israélien

La reprise des combats à Gaza entre Israël et le Hamas, mettant fin à la trêve en vigueur depuis le 24 novembre a suscité de nombreuses réactions internationales. 

Il y a une semaine, jour pour jour, le parti islamiste et l’État hébreu disaient accepter une nouvelle journée de calme dans le cadre d'un accord de trêve. Une pause ayant permis la libération de dizaines d'otages retenus à Gaza et de trois fois plus de Palestiniens détenus par Israël, ainsi que l'entrée d'aides humanitaires dans le territoire palestinien.

Alors que le porte-parole du gouvernement israélien Eylon Levy promet que le Hamas va recevoir «la pire des raclées», le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, «regrette profondément» la reprise des opérations militaires à Gaza.

Dans un message posté vendredi sur X (ex-Twitter), Guterres ne perd pas espoir dans la possibilité de «renouveler la pause qui a été instaurée​​». 

«La reprise des hostilités ne fait que montrer combien il est important d'avoir un véritable cessez-le-feu humanitaire», a-t-il ajouté, quelques heures après la reprise des bombardements de l'armée israélienne sur le territoire palestinien.

«L’humanité abandonne»

De son côté, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a dénoncé «ceux qui ont décidé que la tuerie des enfants pouvait reprendre».

«L'inaction est, par essence, un feu vert donné à la tuerie des enfants», a affirmé le porte-parole de l'Unicef, James Elder, à des journalistes à Genève via une liaison vidéo depuis Gaza.

«Il est irresponsable de penser que de nouvelles attaques sur le peuple de Gaza puissent conduire à autre chose qu'un carnage», a-t-il ajouté.

«Il est profondément troublant d'entendre comment certains ont pu ignorer la mort tragique de ces enfants et maintenant ils semblent se satisfaire de la reprise des horreurs --des attaques», a accusé le porte-parole, qui se trouve à Gaza depuis plusieurs jours.

«Accepter le sacrifice des enfants de Gaza, c’est l’humanité qui abandonne», a-t-il poursuivi.

De son côté, la France a jugé vendredi « indispensable » une reprise de la trêve entre Israël et le Hamas, selon une déclaration de la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna en marge de la COP28 sur le climat à Dubaï.

La rupture de la trêve est « une très mauvaise nouvelle, regrettable, car ça n'apporte aucune solution et ça complique la résolution de toutes les questions qui se posent », a-t-elle ajouté.

« Nous demandons que la trêve reprenne. Il le faut. C'est indispensable à la fois pour continuer la libération d'otages qui sont maintenant depuis 55 jours dans des conditions extrêmement difficiles, pour faire arriver davantage d'aide humanitaire et pouvoir la distribuer à l'intérieur de la bande de Gaza où la population civile souffre », a affirmé la ministre française à des journalistes.

« Et puis, pour continuer de penser au jour d'après », « il faut le faire dès maintenant pour restaurer un horizon politique, faire revenir sur la table des discussions concrètes sur la façon de conforter l'Autorité palestinienne et de parvenir à une solution à deux Etats vivant en paix et en sécurité. C'est la seule solution viable, nous le savons, il faut continuer d'y travailler », a-t-elle conclu.

Pour une extension du cessez-le-feu

Alors que le Kremlin aurait « préféré » une extension du cessez-le-feu à Gaza, le Qatar a exhorté la communauté internationale à agir rapidement pour mettre fin aux violences à Gaza

Le ministère des Affaires étrangères du principal médiateur entre Israël et le Hamas, a souligne que «les bombardements dans la bande de Gaza dans les premières heures suivant la fin de la pause compliquent les efforts de médiation et exacerbent la catastrophe humanitaire».

Le gouvernement qatari a condamné les opérations prenant «les civils pour cible, la pratique des punitions collectives, et les tentatives de déplacement forcé des citoyens de la bande de Gaza assiégée».

Le Qatar a par ailleurs confirmé que les négociations «se poursuivent dans le but de revenir à une pause» humanitaire, tout en restant «déterminé, avec ses partenaires, à poursuivre les efforts» pour y parvenir et «n'hésitera pas à faire tout ce qui est nécessaire pour que le calme revienne».

(Avec AFP)


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.