Gaza, proche de «l'heure la plus sombre de l'humanité», alerte l'OMS

Israël a mené des bombardements aériens, d'artillerie et navals incessants parallèlement à une offensive terrestre à Gaza, tuant environ 15 900 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants (Photo, Reuters).
Israël a mené des bombardements aériens, d'artillerie et navals incessants parallèlement à une offensive terrestre à Gaza, tuant environ 15 900 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 05 décembre 2023

Gaza, proche de «l'heure la plus sombre de l'humanité», alerte l'OMS

  • Douze des dix-huit hôpitaux opérationnels se trouvent dans le sud de la bande de Gaza
  • L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis sur pied au début du conflit deux entrepôts médicaux à Khan Younès

GENEVE: La situation à Gaza est "proche de l'heure la plus sombre de l'humanité", a averti l'Organisation mondiale de la santé mardi. Voici quelques-unes des principales préoccupations de l'OMS et de l'Unicef.

«guerre contre les enfants»

S'exprimant en visioconférence depuis Rafah, le responsable de l'OMS dans les territoires palestiniens occupés, le Dr Richard Peeperkorn, a indiqué aux journalistes à Genève que le nombre de personnes quittant le centre et le sud de la bande de Gaza "augmentait considérablement".

Engagée depuis le 27 octobre dans une offensive terrestre dans le nord du territoire palestinien assiégé, l'armée israélienne a étendu ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza, près de deux mois après le début de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre.

"La situation empire d'heure en heure. Les bombardements s'intensifient partout, y compris ici dans les zones du sud", a déclaré M. Peeperkorn. "Beaucoup de gens sont désespérés et presque en état de choc permanent".

"Nous sommes proches de l'heure la plus sombre de l'humanité", a-t-il assuré. "Ces bombardements et les pertes insensées de vies humaines doivent cesser maintenant, et nous avons besoin d'un cessez-le-feu durable".

En Israël, l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. L'offensive militaire israélienne a fait près de 16.000 morts, dont de nombreux enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Une trêve d'une semaine a permis la libération de 110 otages, parmi lesquels 80 Israéliens ou binationaux, contre 240 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

"Cette guerre contre les enfants a repris avec une férocité à une échelle dépassant tout ce que nous avions vu dans le sud, et qui est certainement à la hauteur de tout ce que nous avons vu dans le nord", a déclaré un porte-parole de l'Unicef, James Elder, depuis Le Caire.

les entrepôts de l'OMS 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis sur pied au début du conflit deux entrepôts médicaux à Khan Younès, grande ville du sud de la bande de Gaza.

Mais elle a dû vider lundi ses entrepôts en 24 heures après, selon elle, qu'Israël lui ai recommandé de le faire. L'armée israélienne a nié mardi matin avoir demandé à l'OMS de retirer son matériel.

"Lorsqu'une armée vous demande ou vous recommande quelque chose, que vous disposez de 24 heures pour le faire et qu'après cela il sera très peu probable que vous puissiez atteindre votre entrepôt, il est évident que vous vous y conformez", a pourtant assuré le Dr Peeperkorn.

L'OMS a depuis réussi à déplacer environ 90% du matériel dans un autre site plus petit à Rafah.

Le Dr Peeperkorn a par ailleurs souligné que l'assistance que l'OMS avait pu acheminer à Gaza était "bien trop faible", et a plaidé en faveur d'un passage régulier de l'aide.

lits et maladies

Selon l'OMS, le nombre d'hôpitaux opérationnels à Gaza est passé de 36 à 18 en moins de 60 jours. Trois d'entre eux n'assurent que les premiers soins de base, tandis que les autres ne fournissent que des services partiels.

Douze des dix-huit hôpitaux opérationnels se trouvent dans le sud de la bande de Gaza.

Il reste 1.400 lits d'hôpitaux dans le territoire palestinien, mais l'OMS estime qu'il en faudrait 5.000.

Méningite, jaunisse, gale, poux, varicelle... les humanitaires font état d'une forte augmentation des maladies. Selon l'OMS, 120.000 cas d'infections respiratoires aiguës ont par exemple été recensés, 86.000 cas de diarrhée, dont 44.000 chez les enfants de moins de cinq ans.

L'absence de toilettes et d'eau potable ne fait qu'accroître les risques de maladies.

Il y avait parfois une toilette pour quelque 400 personnes, a indiqué le porte-parole de l'Unicef, de retour de Gaza.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.