Le monde n’est pas prêt à affronter une autre pandémie, selon le président de Moderna

Le cofondateur de Moderna, Noubar Afeyan, à droite de l’écran, s’adresse au président d’Advanced Tomorrow (Atom), Armen Sarkissian, lors du sommet Atom 2023, qui avait lieu à l’université nationale de Singapour le 4 décembre 2023. (Université nationale de Singapour)
Le cofondateur de Moderna, Noubar Afeyan, à droite de l’écran, s’adresse au président d’Advanced Tomorrow (Atom), Armen Sarkissian, lors du sommet Atom 2023, qui avait lieu à l’université nationale de Singapour le 4 décembre 2023. (Université nationale de Singapour)
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Publié le Jeudi 07 décembre 2023

Le monde n’est pas prêt à affronter une autre pandémie, selon le président de Moderna

  • La réunion de dirigeants politiques, commerciaux et universitaires mondiaux s’est concentrée sur l’avenir des soins de santé dans un contexte de changements géopolitiques et d’avancées technologiques
  • L’élaboration rapide des vaccins a peut-être donné «une fausse impression» de résilience

SINGAPOUR: Le monde n’est pas prêt à faire face à une autre pandémie: c’est ce qu’a déclaré le cofondateur et président de Moderna. En effet, une attention insuffisante est accordée selon lui à la résilience des systèmes de santé à l’échelle mondiale.

Le Dr Noubar Afeyan, ingénieur biochimiste qui a cofondé en 2010 la célèbre société de médicaments basée aux États-Unis, a tenu ces propos lors du sommet Advanced Tomorrow (Atom) 2023, qui a eu lieu à Singapour du 3 au 6 décembre.

Organisée et coanimée par l’initiative Advanced Tomorrow et la Yong Loo Lin School of Medicine de l’université nationale de Singapour, la réunion des dirigeants politiques, commerciaux et universitaires mondiaux s’est concentrée sur l’avenir des soins de santé dans un contexte de changements géopolitiques et d’avancées technologiques.

Lors d’une discussion qui portait sur la capacité des systèmes de santé à se préparer aux chocs et aux perturbations mondiales comme la pandémie de Covid-19 en 2020, le Dr Afeyan, dont le vaccin contre la Covid-19 est devenu le deuxième à être autorisé et utilisé aux États-Unis, a fait savoir que l’élaboration rapide des vaccins avait peut-être donné «une fausse impression» de résilience.

«Nous avons eu de la chance puisqu’il s’est avéré que ce virus se prêtait à une intervention pour laquelle l’entreprise que j'ai cofondée, Moderna, avait développé une technologie», a-t-il expliqué.

Une technologie similaire a été développée par Pfizer, dont le vaccin contre la Covid-19 a été le premier à recevoir le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. Mais si, à l’époque, les efforts des deux sociétés se sont révélés inopinément utiles pour lutter contre cette pandémie, ils ne seraient d’aucune utilité si la prochaine crise sanitaire était provoquée par un agent pathogène complètement différent.

«Il y aura d’autres menaces, comme les bactéries qui résistent aux antibiotiques, pour lesquelles cette technologie ne fonctionnera pas», a précisé le Dr Afeyan. «Nous n’avons pas de bonnes solutions pour le moment. Ainsi, si jamais se déclarait une épidémie bactérienne majeure dans le système alimentaire par tout autre moyen, il serait presque impossible de trouver une réponse rapide.»

L’attention et le financement à l’échelle mondiale sont orientés non vers la sécurité sanitaire à long terme, mais vers des solutions à court terme.

«Je ne pense pas qu’on accorde beaucoup d’attention à la résilience, car cette dernière prend toujours de l’ampleur après un échec», a soutenu le Dr Afeyan. «Dès que l’échec est oublié, la résilience disparaît.»

Le Dr Armen Sarkissian, ancien président de l’Arménie et physicien théoricien qui préside Atom, a affirmé en marge de la conférence de Singapour que les approches actuelles revenaient à parier sur un résultat incertain, puisque le succès dépend uniquement de la chance.

«Nous sommes à la croisée d’un grand nombre de problèmes. L’un d’eux est, par exemple, la résistance aux antibiotiques. Nous avons eu de la chance que le [médecin et microbiologiste écossais] M. [Alexander] Fleming ait découvert la pénicilline il y a cent ans – par hasard aussi –, mais nous avons abusé de l’utilisation de la pénicilline et des médicaments similaires», a déclaré le Dr Sarkissian à Arab News.

Il souligne qu’il est nécessaire d’accorder davantage d’attention à la sécurité sanitaire et de se rendre compte que, au XXIe siècle, la crise climatique actuelle ainsi que les problèmes connexes de sécurité alimentaire et de pénurie d’eau ne sont pas les seuls; une éventuelle crise sanitaire pourrait s’avérer plus grave que la précédente.

«Sur cette planète, nous avons besoin avant tout d’une approche holistique de notre santé. Deuxièmement, il faudrait accroître la sensibilisation, les fonds et le soutien à la recherche liée à la santé – sciences biologiques, biophysiques, etc. – et accélérer le processus qui vise à trouver des solutions aux nombreux problèmes possibles auxquels nous risquons de faire face», a-t-il indiqué.

«Il est temps que nous prenions soin de nous-mêmes aux côtés de la planète. J’associerai donc la protection du climat, les soins de santé et la sécurité climatique à la sécurité sanitaire. La communauté internationale doit se réunir, sous l’égide des Nations unies, sous la forme d’une COP [la Conférence des parties, l’événement annuel consacré aux changements climatiques] et nous verrons ce que nous pouvons faire ensemble.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."