L'Afghanistan interdit aux porte-paroles des conseils provinciaux de communiquer avec les médias

Le gouvernement afghan a confirmé samedi avoir interdit aux porte-paroles des conseils provinciaux de partager des informations avec les médias. (Dossier/AFP)
Le gouvernement afghan a confirmé samedi avoir interdit aux porte-paroles des conseils provinciaux de partager des informations avec les médias. (Dossier/AFP)
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Publié le Dimanche 27 décembre 2020

L'Afghanistan interdit aux porte-paroles des conseils provinciaux de communiquer avec les médias

  • Cette nouvelle mesure intervient deux mois après le licenciement du porte-parole de la province de Takhar pour avoir révélé aux médias que des enfants ont été tués dans une frappe aérienne menée par le gouvernement
  • Dans de nombreuses régions, les porte-paroles des provinces représentaient la seule source d'information officielle pour les médias en Afghanistan

KABOUL : Le gouvernement afghan a confirmé samedi avoir interdit aux porte-paroles des conseils provinciaux de partager des informations avec les médias. Cette décision a suscité l'inquiétude des législateurs et des journalistes, qui craignent qu'elle ne compromette d’une façon considérable la liberté de la presse dans le pays.

Cette nouvelle mesure intervient deux mois après le licenciement du porte-parole de la province de Takhar, Jawad Jawhari, pour avoir révélé aux médias que douze enfants ont été tués dans une frappe aérienne menée par le gouvernement, chose que ce dernier a catégoriquement démentie. La Commission afghane des droits de l'homme a par la suite corroboré le récit de Jawhari.

«Dorénavant, les gouverneurs se chargeront de fournir des informations pertinentes aux médias et au public. Les porte-paroles continueront à exercer leurs fonctions de chargés des affaires publiques conformément au règlement de travail», explique à Arab News Rahmatullah Andar, porte-parole du conseiller du président Ashraf Ghani pour la Sécurité nationale.

Dawa Khan Menapal, un porte-parole du président  Ghani,  attribue cette décision au fait que « certains porte-paroles ont abordé des questions dénuées de toute vérité et qui contredisaient la politique adoptée ».

Il a précisé que le rôle des porte-paroles des conseils provinciaux consistera dorénavant à transmettre aux gouverneurs les questions posées par les médias. En outre, les chefs des districts ne seront plus autorisés à communiquer avec les médias.

Najiba Ayoubi, directrice d'une célèbre station de radio à Kaboul, a qualifié la décision du gouvernement de «manœuvre systématique visant à étouffer les voix et empêcher les citoyens d'accéder à l'information».

«Pendant plusieurs années, le gouvernement nous a séduits avec des slogans de liberté des médias et de liberté d'expression. Le voilà qui impose aujourd'hui des restrictions, ouvertement et effrontément», confie-t-elle à Arab News.

Pour les dirigeants afghans et les donateurs internationaux, la liberté de la presse a représenté pendant bien longtemps la « grande réussite » de ce pays depuis que les Talibans ont été évincés lors d'une invasion dirigée par les États-Unis à la fin de 2001.

Cependant, les journalistes éprouvent, ces dernières années,  une frustration grandissante dans la mesure où ils ne peuvent communiquer que rarement avec les hauts responsables du gouvernement et de l'armée dans tout le pays, en raison de problèmes tels que la corruption et les pertes en vies humaines dans le cadre des opérations menées par les troupes afghanes et américaines.

Dans de nombreuses régions, les porte-paroles des conseils provinciaux ont été les seules sources d'information officielles pour les médias en Afghanistan, un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Quatre journalistes au moins ont été tués en Afghanistan rien que ces deux derniers mois.

Nasir Ahmad Noor, chef de l'organisme de surveillance des médias locaux NAI, estime que cette décision conduira à « la diffusion de rumeurs et de fausses informations ».

Il explique que « lorsque vous ne pouvez pas communiquer avec les porte-paroles et que vous avez du mal à atteindre les gouverneurs, vous devrez vous appuyer sur des comptes rendus de sources anonymes ».

Hamidullah Tokhi, un parlementaire de la province de Zaboul, affirme à Arab News que le Parlement débattra de la décision lundi. Selon lui, cette interdiction entraînera l'Afghanistan vers « la dictature et le totalitarisme, dans la mesure où le gouvernement souhaite empêcher le public d'avoir accès aux informations et à la vérité ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.