Guinée: Le bilan de l'incendie à Conakry passe à 23 morts, tensions liées au manque d'essence

La police anti-émeute disperse les manifestants avec des gaz lacrymogènes après que le groupe d'opposition interdit, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), ait appelé à des manifestations contre la junte au pouvoir à Conakry, le 20 octobre 2022 (Photo d'illustration, AFP).
La police anti-émeute disperse les manifestants avec des gaz lacrymogènes après que le groupe d'opposition interdit, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), ait appelé à des manifestations contre la junte au pouvoir à Conakry, le 20 octobre 2022 (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 22 décembre 2023

Guinée: Le bilan de l'incendie à Conakry passe à 23 morts, tensions liées au manque d'essence

  • Le bilan de l'explosion et de l'incendie du principal dépôt de carburant de Guinée est passé jeudi à 23 morts
  • Dans la nuit de dimanche à lundi, le souffle de l'explosion et l'incendie qui a suivi dans la zone portuaire de Kaloum

CONAKRY: Le bilan de l'explosion et de l'incendie du principal dépôt de carburant de Guinée est passé jeudi à 23 morts, selon le gouvernement, alors qu'à Conakry, des heurts ont opposé les forces de sécurité et des groupes de jeunes protestant contre le manque d'essence dans les stations-service.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le souffle de l'explosion et l'incendie qui a suivi dans la zone portuaire de Kaloum, le quartier administratif et des affaires de Conakry, ont provoqué d'importants dégâts matériels et mis à l'arrêt l'économie.

Le sinistre a provoqué "23 décès" et 241 blessés, a annoncé le gouvernement dans un communiqué lu jeudi soir à la télévision publique.

Le précédant bilan publié mardi avait fait état de 18 morts et plus de 212 blessés lors de l'incident.

Sur les 241 blessés, 167 ont regagné leurs domiciles et 74 sont toujours hospitalisés, a dit le gouvernement dans le communiqué.

"De nombreuses déclarations font état d'un nombre important de disparus. Des investigations sont en cours" pour les élucider, a-t-il ajouté.

Le chef des militaires au pouvoir en Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya, a annoncé mercredi soir un deuil national de trois jours, à partir de jeudi, en hommage aux victimes.

L'explosion et l'incendie ont laissé des centaines de ménages sinistrés, entraîné d'importants dégâts matériels et continuent de paralyser l'économie du pays.

Le gouvernement a annoncé la reprise de l'approvisionnement en gasoil, mais la distribution d'essence reste coupée depuis l'incident et la restriction des camions-citernes est maintenue.

 

Ecoles fermées et travailleurs priés de rester chez eux

Le gouvernement guinéen a annoncé la fermeture des écoles lundi et demandé aux travailleurs de rester chez eux, quelques heures après un incendie dans le principal dépôt de carburant du pays à Conakry, qui a fait des dizaines de blessés selon une source médicale.

"Les travailleurs du secteur public et privé sont invités à rester chez eux", excepté les forces de défense, et "les établissements scolaires publics et privés seront fermés", a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

Les stations-service vont rester fermées et "dans les prochaines heures, un bilan d'étape sera communiqué et une enquête sera ouverte pour situer les causes et les responsabilités", dit le communiqué.

L'incendie "d'origine inconnue" s'est déclaré dans la nuit et son "ampleur et ses conséquences pourraient directement impacter les populations", a-t-il dit.

Tensions liés à la pénurie d'essence

Ce manque d'essence a provoqué jeudi à Conakry des heurts entre les forces de sécurité à des groupes de jeunes réclamant ce carburant dans les stations-service.

Les affrontements ont sporadiquement mis aux prises jeudi après-midi des jeunes mobiles jetant des pierres, à des forces de défense massivement déployées, qui ont riposté en tirant du gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des centaines de jeunes, cagoulés ou masqués pour la plupart, ont barricadé la route menant des périphéries de Conakry au centre de la capitale, notamment dans les quartiers de Sonfonia, Wanindara, Kagbelen, Koloma et Hamdallaye.

Ils ont érigé des barricades, renversé des poubelles et brûlé des pneus.

En Guinée, beaucoup de jeunes vivent des courses en moto-taxi.

Ils exigent la réouverture des stations services pour tous les types de carburant.

"On ne peut vendre du gasoil et nous priver d’essence. La plupart des Guinéens n’utilisent que de l’essence", ont scandé des protestataires.

"Nous sommes aussi des citoyens à part entière, nous voulons travailler pour manger et nourrir nos familles, comme les autorités. Nous n’avons pas où puiser de l’argent. Nous voulons simplement que le gouvernement s’acquitte de ses obligations. Sinon, qu’il dégage", a déclaré à l'AFP l'un d'entre eux.

D'autres manifestations pour exiger de l'essence ont eu lieu dans la matinée.

Par ailleurs, des ONG se sont alarmées de la censure de certains médias privés en Guinée et des restrictions de l'accès aux réseaux sociaux pendant cette période de crise.

L'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du Citoyen (OGDH) a appelé les autorités, dans un communiqué, à rétablir l'accès aux réseaux sociaux et aux médias privés "compte tenu du rôle que ces derniers jouent en terme d'informations des populations sur l'ensemble du territoire national" et pour favoriser "une sortie de crise rapide".

Depuis le début de l'année, l'accès à internet et/ou aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises, des sites d'information en ligne ont été inaccessibles, des radios ont été rendues inaudibles et retirées de l'offre de certaines plateformes de diffusion.

Plusieurs distributeurs, notamment Canal+, ont été sommés en décembre par la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre la diffusion de chaînes de télé privées pour des "impératifs de sécurité nationale".


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.