Marchés de Noël: l'Alsace sature face au tourisme

Dans une ville marquée par un attentat en 2018, qui avait fait cinq morts, les forces de l'ordre, omniprésentes, ont pour mission d'intervenir en moins d'une minute en cas d'urgence. (AFP).
Dans une ville marquée par un attentat en 2018, qui avait fait cinq morts, les forces de l'ordre, omniprésentes, ont pour mission d'intervenir en moins d'une minute en cas d'urgence. (AFP).
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Publié le Jeudi 21 décembre 2023

Marchés de Noël: l'Alsace sature face au tourisme

  • Embouteillages, transports publics bondés... De Strasbourg à Colmar en passant par les villages typiques de la Route des vins, des millions de visiteurs écument la région en nombre record
  • Mais face à la saturation des transports et des parkings, "il ne faudrait pas que ça augmente encore plus"

STRASBOURG: Des foules qui piétinent dans le froid et les effluves de vin chaud: les marchés de Noël font le plein cette année en Alsace, où l'afflux de touristes venus de loin pousse villes et villages au bord de la saturation.

Embouteillages, transports publics bondés... De Strasbourg à Colmar en passant par les villages typiques de la Route des vins, des millions de visiteurs écument la région en nombre record: celui de 2,8 millions, inscrit l'an dernier par la capitale alsacienne, est en passe d'être battu.

Une aubaine pour le commerce mais pas toujours pour les habitants ni pour les touristes, qui le week-end doivent se frayer un chemin à la vitesse de l'escargot entre les 300 chalets répartis dans l'hypercentre strasbourgeois.

"C'est oppressant, surtout avec trois enfants", reconnaît Ambre Flanagan, touriste américaine de 38 ans, malgré tout ravie de son séjour à Strasbourg, où le marché de Noël se déroule comme chaque année du 24 novembre au 24 décembre.

Autour de la cathédrale, l'affluence est particulièrement dense le samedi, lorsque le flux des consommateurs s'ajoute à celui des touristes, au point de faire redouter des "mouvements de foule" à Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin.

"On atteint très clairement certaines limites", dit-elle à l'AFP.

Dans une ville marquée par un attentat en 2018, qui avait fait cinq morts, les forces de l'ordre, omniprésentes, ont pour mission d'intervenir en moins d'une minute en cas d'urgence. La préfète a obtenu que des drones puissent surveiller la manifestation.

Face à l'affluence, les autorités font strictement appliquer l'interdiction des musiciens ou des portraitistes de rue, qui créent des attroupements potentiellement dangereux.

« Succès monstre »

Le bilan de la saison ne sera connu qu'en janvier, "mais on sait déjà qu'on est sur une année historique en termes de fréquentation", observe Guillaume Libsig, adjoint à la maire écologiste chargé du marché de Noël.

Un "succès monstre" parce que les marchés de Noël sont selon lui "une réponse parfaite à ce qu'on a vécu en 2023: des événements gratuits, conviviaux, rassurants et qui ramènent aussi un peu de nostalgie et un peu de magie".

Mais face à la saturation des transports et des parkings, "il ne faudrait pas que ça augmente encore plus", commente-t-il. "On atteint, je pense, les limites de l'exercice. L'espace public n'est pas extensible".

La patience de certains habitants non plus.

"C'est de pire en pire", râle Nicole Nussbaum, présidente de Calme Gutenberg, une association de quartier. "C'est tout notre quotidien qui est perturbé: il faut faire les courses le matin avant les touristes. Et le week-end c'est infernal: c'est à la nage qu'il faut regagner son domicile".

Côté commerce, les chiffres d'affaires sont attendus en hausse de 15% à 20% par rapport à l'an dernier sur les deux départements alsaciens, note Nathalie Kaltenbach, présidente d'Alsace destination tourisme.

Une heure et demie pour une crêpe

Mais même les commerçants tirent la langue.

"Honnêtement, moi, à 21 heures je suis content de fermer parce qu'on est trop fatigués, c'est trop de monde concentré d'un coup", confie Sassi Ben Mourdi, qui vend des saucisses et du vin chaud au marché de Strasbourg, une tradition familiale depuis... 1946.

"Il y a tellement de monde que c'est plus tellement agréable. Les gens font la queue parfois pendant une heure et demie pour avoir une crêpe ou un vin chaud", se désole Barbara Jaeckel, commerçante âgée de 27 ans.

Le week-end, "on voit les gens dans les allées qui peuvent même plus marcher, tout le monde est arrêté. C'est bien pour l'économie, par contre j'aimerais pas être à leur place..."

Pour ceux que la taille des marchés à Strasbourg et Colmar effraye, reste la possibilité de se replier sur des village typiques comme Ribeauvillé ou Riquewihr. Mais faute d'accès en train, ces ravissants patelins sont envahis de voitures et les visiteurs doivent parfois marcher des kilomètres avant de rejoindre leur destination.

"On arrive peut-être à un point de saturation", reconnaît Mme Kaltenbach, également maire de la petite ville de Barr (Bas-Rhin), qui confie avoir "eu peur" face à la foule du marché organisé dans sa commune. "Il ne faudrait pas qu'on arrive à une déception: il faut que touristes et habitants soient heureux" de venir au marché.

Au pied du sapin géant de Strasbourg, certains relativisent: "Il y a beaucoup de monde pour l'Europe, mais moi je viens de Chine alors ça va", déclare Li Lusha, une jeune Chinoise qui fait ses études à Montpellier.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.