Après la grève surprise dans le tunnel sous la Manche, la débrouille des voyageurs

Des passagers font la queue aux départs internationaux d'Eurostar à la gare de St Pancras à Londres, le 22 décembre 2023, alors que les services fonctionnent comme d'habitude après une grève à Eurotunnel jeudi après-midi. (AFP)
Des passagers font la queue aux départs internationaux d'Eurostar à la gare de St Pancras à Londres, le 22 décembre 2023, alors que les services fonctionnent comme d'habitude après une grève à Eurotunnel jeudi après-midi. (AFP)
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Publié le Vendredi 22 décembre 2023

Après la grève surprise dans le tunnel sous la Manche, la débrouille des voyageurs

  • Huit trains ont été ajoutés entre vendredi et dimanche, soit plus de 10 000 sièges supplémentaires
  • Un total de 30 trains avaient été annulés jeudi, laissant des milliers de voyageurs sans solution

PARIS: Après la grève surprise qui a paralysé jeudi le Tunnel sous la Manche, les voyageurs tentaient vendredi de rejoindre Londres, depuis Paris, dans des trains supplémentaires mis en place par Eurostar, ou en autocar.

La circulation des trains à grande vitesse Eurostar au départ de Londres, Paris et Bruxelles "est aujourd'hui (vendredi) revenue à la normale", a indiqué la compagnie, filiale de l'entreprise publique française SNCF, vendredi midi dans un message à l'AFP.

Huit trains ont été ajoutés entre vendredi et dimanche, soit plus de 10 000 sièges supplémentaires.

"L'objectif d'Eurostar aujourd'hui (vendredi) et pendant le week-end est de permettre aux gens de rentrer chez eux et de partir en vacances pour Noël", a indiqué la compagnie.

Un total de 30 trains avaient été annulés jeudi, laissant des milliers de voyageurs sans solution.

Certains ont misé sur le car ou l'avion.

"Tous nos bus étaient immédiatement complets une heure après l'annonce" de la grève, a affirmé l'opérateur Blablacar à l'AFP. Jeudi, trois autocars ont emprunté des ferries plutôt que de passer par le tunnel.

Marcus Haywood-Alexander, 29 ans, devait rentrer jeudi à Sheffield (Angleterre) pour passer les fêtes en famille. Il était en route pour la gare du Nord, à Paris, jeudi quand son train a été annulé, et s'est rabattu vendredi matin sur un bus.

"Il n'y avait pas d'autre train avant samedi, donc j'ai directement cherché s'il y avait des bus et j'ai réussi à trouver un billet pour aujourd'hui à 72 livres" (83 euros), a dit à l'AFP le chercheur en mécanique, qui vit à Zurich (Suisse).

L'annulation de son train l'a toutefois contraint à passer une nuit à l'hôtel, pour 150 euros, et il espère obtenir un remboursement.

«Trop stressant»

Jeudi après-midi, le tunnel sous la Manche a été fermé à cause d'une grève surprise du personnel français d'Eurotunnel, la société qui l'exploite. Il a pu rouvrir jeudi dans la soirée, les syndicats faisant valoir des discussions "porteuses de résultats" avec leur direction.

La direction de Getlink, maison mère d'Eurotunnel, avait indiqué dans l'après-midi que les organisations syndicales réclamaient un triplement de la prime de 1 000 euros qui leur avait été promise.

Le ministre français délégué aux Transports Clément Beaune "s'est occupé personnellement du sujet", en contact avec le directeur général de Getlink Yann Leriche et le syndicat FO, "pour que le blocage soit levé", selon son entourage.

Entretemps, tous les trains entre Paris et Bruxelles d'un côté et Londres de l'autre, avaient été annulés en début d'après-midi, provoquant la panique parmi des milliers de voyageurs sur le départ. La compagnie a annoncé qu'elle rembourserait tous ceux dont le train a été annulé.

"Je suis sûre que je ne vais même pas recevoir de mail d'excuses", pestait de son côté Odile Louis, une femme de 53 ans qui réside à Londres, tout juste descendue de son autocar.

A l'annulation de son Eurostar hier, elle dit s'être rabattue rapidement sur un bus BlaBlaCar qui "s'est retrouvé bloqué à Douvres", la contraignant à "passer la nuit" dedans. "Je pense que je vais porter plainte contre la société", a-t-elle lancé, excédée.

Des journalistes de l'AFP ont assisté à des scènes similaires tant à Lille (nord de la France) qu'à Londres et Paris jeudi après-midi.

"On devait aller à Disneyland (près de Paris, ndlr) avec les enfants. On pense prendre le ferry de Douvres à Calais, mais on a besoin d'une voiture pour ça. C'est juste trop stressant. On ne peut pas improviser un voyage en voiture avec trois enfants, il faut se préparer", enrageait Sam Boyal, un voyageur britannique resté à quai à Londres.

Les voyageurs avaient encore moins de chances du côté des aéroports: Air France a indiqué qu'à cette période de l'année tous les vols vers Londres étaient déjà complets ou quasi complets.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.