Ukraine: un bombardement fait 27 morts dans une ville sous contrôle russe

Des pompiers éteignent l'incendie du deuxième plus grand producteur de gaz naturel de Russie, Novatek, à Ust-Luga, à 165 kilomètres au sud-ouest de Saint-Pétersbourg, en Russie (Photo, AP).
Des pompiers éteignent l'incendie du deuxième plus grand producteur de gaz naturel de Russie, Novatek, à Ust-Luga, à 165 kilomètres au sud-ouest de Saint-Pétersbourg, en Russie (Photo, AP).
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Publié le Lundi 22 janvier 2024

Ukraine: un bombardement fait 27 morts dans une ville sous contrôle russe

  • La ville de Donetsk est passée sous le contrôle de séparatistes prorusses pilotés par Moscou en 2014
  • C'est l'un des bilans les plus meurtriers à Donetsk ces derniers mois

MOSCOU : Un bombardement sur la ville de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine occupé par la Russie, a fait au moins 27 morts dimanche, dont de nombreuses victimes sur un marché à l'heure d'affluence, ont affirmé les autorités locales mises en place par Moscou.

La Russie et l'Ukraine se sont accusées mutuellement de multiplier les frappes touchant des zones d'habitation ces deux derniers mois, alors que la ligne de front est en grande partie gelée.

A Donetsk, les autorités prorusses locales ont accusé l'armée ukrainienne d'avoir bombardé un quartier périphérique du sud-ouest de la ville, où se trouve le marché, à moins de 15 km du front.

"Vingt-sept civils ont été tués et 25 autres souffrent de blessures de gravité variée, dont deux adolescents", a dit le responsable régional installé par Moscou, Denis Pouchiline.

L'Ukraine n'a pas commenté dans l'immédiat, et l'AFP n'était pas en mesure dimanche de vérifier les circonstances de la frappe.

Kiev a de son côté fait état de bombardements russes qui ont fait au moins deux morts dans des villages sous contrôle ukrainien à l'ouest de Donetsk dimanche.

Le bilan du bombardement à Donetsk est l'un des pires annoncés depuis le début de la guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine en février 2022.

"Des gens criaient, une femme pleurait, j'ai vu de la fumée s'échapper", a raconté Tatiana, une habitante du quartier, à un média local russe.

"Qu'est-ce qu'il y a de militaire ici ? C'est un marché lambda", rageait une autre Tatiana, présente au moment de l'attaque.

De nombreux corps ensanglantés étaient allongés par terre, des éclats de verre jonchant le sol, selon les médias.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé "un acte terroriste barbare contre la population civile" effectué selon lui à l'aide de "six" salves d'artillerie tirées depuis Avdiïvka, épicentre des combats et encore sous contrôle de Kiev.

Moscou compte mettre cette frappe au programme des discussions à New York à l'ONU du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à partir de lundi.

Frappes en profondeur

Ailleurs sur la ligne de front, l'armée russe a revendiqué la prise de Krakhmalnoïe, un village de 45 habitants dans la région de Kharkiv (est), après avoir annoncé la prise d'un village de la région de Donetsk jeudi.

Kiev a minimisé la prise russe, sur une ligne de front en grande partie figée. "Il s'agit de cinq maisons. Elles ont été détruites par les Russes", a assuré à la télévision ukrainienne Volodymyr Fitio, un porte-parole des forces terrestres.

Les troupes ukrainiennes ont été "déplacées vers des positions de réserve", où elles "tiennent maintenant la défense", a-t-il ajouté.

L'armée ukrainienne multiple de son côté ces dernières semaines des attaques de drones et de missiles, de plus en plus loin en territoire adverse.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un important incendie s'est ainsi déclaré dans un terminal gazier en Russie sur la mer Baltique, provoqué par "un facteur externe" selon Novatek, l'entreprise gérante du site d'Oust-Louga (nord-ouest).

"Il n'y a pas de victimes", a précisé le géant gazier, qui a indiqué que le feu avait été "contenu".

Des vidéos sur les réseaux sociaux montraient de hautes flammes et de la fumée, une cuve "de 100 mètres cubes" étant en feu, selon l'agence de presse Ria Novosti. Les pompiers luttaient pour éteindre l'incendie par -10°C.

Les forces ukrainiennes ont revendiqué cette semaine deux attaques contre des dépôts pétroliers sur le sol russe.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.