Remaniement: Macron plonge son gouvernement dans une drôle d'attente

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours lors d'une séance de Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 23 janvier 2024. (Photo Bertrand Guay AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours lors d'une séance de Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 23 janvier 2024. (Photo Bertrand Guay AFP)
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Publié le Mardi 23 janvier 2024

Remaniement: Macron plonge son gouvernement dans une drôle d'attente

  • Il manque à peu près autant de ministres délégués et de secrétaires d'Etat que de ministres de plein exercice, si l'équipe finale est réduite à 30 membres, au lieu de 41 actuellement, comme envisagé par l'exécutif
  • Après le départ d'Elisabeth Borne, ministres et collaborateurs ont géré les affaires courantes mais depuis les premières nominations, ils ne touchent plus de salaire et ne peuvent plus officiellement revenir dans les ministères

PARIS : «Ca met tout le dispositif en tension». En plaçant la moitié de son gouvernement dans l'antichambre avant une deuxième vague de nominations, Emmanuel Macron perturbe le fonctionnement de la machine et affaiblit potentiellement le poids des futurs promus.

L'espoir se mesure à l'ouverture des cartons. Certains sont totalement fermés, prêts à quitter le ministère, quand d'autres sont «encore ouverts» pour faciliter un éventuel retour, dit un conseiller ministériel.

L'attente est d'autant plus longue que ceux qui n'ont pas été promus dans le «pack gouvernemental» de 14 ministres annoncé le 11 janvier ne seront fixés sur leur sort qu'après la déclaration de politique générale du Premier ministre, Gabriel Attal, le 30 janvier, selon plusieurs sources gouvernementales.

Il manque à peu près autant de ministres délégués et de secrétaires d'Etat que de ministres de plein exercice, si l'équipe finale est réduite à 30 membres, au lieu de 41 actuellement, comme envisagé par l'exécutif.

Si bien que depuis le 11 janvier, quelque 200 à 300 collaborateurs qui ne sont pas fonctionnaires se retrouvent à la case chômage.

«Vingt jours de salaire en moins quand on a un loyer à Paris ce n’est pas évident. Ce sont des vacances forcées», témoigne l'un deux, pourtant habitué aux «incertitudes» des remaniements «tous les six mois».

- «Campagne électorale» -

Après le départ d'Elisabeth Borne, ministres et collaborateurs ont géré les affaires courantes mais depuis les premières nominations, ils ne touchent plus de salaire et ne peuvent plus officiellement revenir dans les ministères.

Certains membres de cabinet ont déjà changé de cheval, comme Benjamin Rosmini, ancien conseiller presse de l'ex-ministre du Travail, Olivier Dussopt, parti rejoindre l'équipe de la nouvelle ministre de la Culture Rachida Dati.

D'autres restent en contact avec leurs anciens collègues «pour préparer la suite».

«C'est un peu une ambiance de campagne électorale. On n'est pas sûrs de gagner (un retour au gouvernement) mais des groupes se réunissent pour prévoir ce qu'on ferait si on était maintenus», selon un autre conseiller.

Une préparation jugée d'autant plus nécessaire que les potentiels promus n'auront pas beaucoup de temps pour trouver leurs marques : le président de la République, Emmanuel Macron, leur a demandé de «l'efficacité» et de la «vitesse» pour produire «des résultats».

Or pour le moment, comment faire quand il n'y a pas encore de ministre du Logement et qu'un projet de loi du secteur, en l'occurrence contre l'habitat indigne, arrive à l'Assemblée nationale ?

Le ministre de tutelle, Christophe Béchu (Transition écologique et Cohésion des territoires), a certes défendu le texte devant les députés lundi.

Mais moyennant des échanges avec les équipes de l'ancien ministre Patrice Vergriete, qui travaillent gratuitement depuis douze jours sur la loi et les amendements afférents.

Car M. Béchu, qui a aussi sous sa coupe les Transports, n'a que 15 personnes dans son cabinet censées faire actuellement le travail de 45 personnes.

- Compétences -

La Santé n'a pas encore de titulaire non plus, ce qui chamboule les agendas avec le report de deux semaines de la prochaine séance de négociations entre les médecins libéraux et l'Assurance maladie.

Cette longue attente interroge, en outre, la marge de manoeuvre dont disposeront les futurs ministres.

Une première équipe réduite, «ça permet de crédibiliser les titulaires et de les faire émerger en notoriété», fait valoir un cadre de la majorité, avant que ministres délégués et secrétaires d'Etat viennent «fluidifier l'action».

Or chaque jour qui passe «renforce la première vague» des nommés «et affaiblit la seconde», analyse un conseiller ministériel. Car les ministres titulaires ont le temps de constituer leur cabinet et mettre la main sur des compétences qu'ils auront ensuite du mal à lâcher.

Devenue numéro 3 du gouvernement avec le Travail, la Santé et les Solidarités, Catherine Vautrin aurait déjà choisi les directeurs de cabinet de ses ministres délégués, rapporte un ministre.

Ce délai pourrait, par ailleurs, servir à M. Macron à donner des gages aux ténors de la majorité, comme le MoDem, très critique du premier «pack» gouvernemental.

François Bayrou et Edouard Philippe, patrons du MoDem et d'Horizons, sont attendus à l'Elysée mardi soir pour en parler.


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.