Allemagne: Revers électoral pour l'extrême droite après des manifestations

Plus de 800.000 personnes sont descendues dans la rue tout au long du week-end, notamment à Hambourg et Düsseldorf, pour dénoncer l'AfD (Photo, Reuters).
Plus de 800.000 personnes sont descendues dans la rue tout au long du week-end, notamment à Hambourg et Düsseldorf, pour dénoncer l'AfD (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 29 janvier 2024

Allemagne: Revers électoral pour l'extrême droite après des manifestations

  • Ce scrutin avait valeur de test au moment où des manifestations de grande ampleur se déroulent depuis environ deux semaines contre ce parti et son programme jugé raciste
  • Des membres de l'AfD, parti anti-migrants et anti-système, ont discuté en fin d'année dernière d'un plan d'expulsion massive du pays d'étrangers et de «citoyens non assimilés»

BERLIN: L'extrême droite allemande a essuyé dimanche un revers électoral dans le sillage de manifestations d'une ampleur inédite dans le pays contre son programme, alors qu'elle semblait depuis des mois sur une dynamique ascendante inarrêtable.

Le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a perdu son pari de remporter une deuxième présidence de canton, lors d'élections locales du district de Saale-Orla, dans la région est-allemande de Thuringe.

Son candidat, Uwe Thrume, n'a obtenu que 47,6% des voix au second tour du scrutin dimanche, améliorant d'à peine 1,9 point son score de premier tour, alors que son rival conservateur a profité d'une fort report de voix pour terminer à 52,4%.

La défaite de l'AfD, qui partait favorite, a été obtenue "grâce à la mobilisation de la société civile", a estimé le numéro deux de la région de Thuringe, le social-démocrate Georg Maier.

Ce scrutin avait valeur de test au moment où des manifestations de grande ampleur se déroulent depuis environ deux semaines contre ce parti et son programme jugé raciste par ses détracteurs.

Plus de 800.000 personnes sont descendues dans la rue tout au long du week-end, notamment à Hambourg et Düsseldorf, pour dénoncer l'AfD et les dangers pour la démocratie qu'il représenterait selon eux, ont indiqué les organisateurs dimanche.

Le week-end dernier, le nombre de participants avait été évalué à 1,4 million par les organisateurs.

Plan d'expulsion

Cette mobilisation de la société civile a été déclenchée par des révélations de presse qui ont créé un séisme en Allemagne : des membres de l'AfD, parti anti-migrants et anti-système, ont discuté en fin d'année dernière d'un plan d'expulsion massive du pays d'étrangers et de "citoyens non assimilés".

Un sondage de l'institut Insa réalisé dans le sillage des premières manifestations a fait état récemment d'un recul des intentions de vote pour l'AfD à 21,5% contre 23% auparavant.

Les manifestations "ont de l'effet", a estimé le directeur de l'institut, Hermann Binkert, dans le quotidien Bild.

Reste qu'Afd demeure le deuxième parti le plus populaire d'Allemagne dans les sondages derrière l'opposition conservatrice au chancelier social-démocrate Olaf Scholz.

Il est porté par la hausse de l'immigration et l'impopularité record de la coalition gouvernementale au pouvoir.

Selon le quotidien FAZ, entre 130 et 150 nouveaux membres adhèrent chaque jour au parti d'extrême-droite, dont le nombre de militants pourrait passer de 40.000 à 60.000 membres d'ici la fin de l'année.

"Nous devons nous rendre à l'évidence : le mauvais génie est sorti de sa bouteille", a d'ailleurs déploré cette semaine au quotidien Die Zeit le chancelier Olaf Scholz, qui jusqu'ici cherchait plutôt à minimiser l'essor du parti.

Inquiétudes du monde économique

L'AfD est "un danger pour la démocratie", et son arrivée aux responsabilités "ruinerait l'Allemagne sur le plan économique", a également averti dimanche le ministre libéral des Finances, Christian Lindner.

Le monde économique met lui aussi en garde contre les risques liés à la progression des thèses de l'AfD, faisant valoir son besoin de main d'oeuvre étrangère et d'échanges commerciaux internationaux. Le parti a récemment indiqué souhaiter un référendum pour sortir de l'UE.

"Ce n'est que si les gens se sentent bien chez nous qu'ils viendront et ce n'est qu'ainsi que nous serons durablement attractifs", a jugé Peter Adrian, président de la Chambre de commerce et d'industrie allemande DIHK.

Dans ce contexte, de plus en plus de voix appellent à couper les fonds publics à l'AfD, d'autant que le parti est dans le collimateur des services de renseignement. Ses branches régionales de Thuringe et Saxe-Anhalt ont été placées sous surveillance en raison de leurs positions jugées très radicales.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.