Oudéa-Castera contre-attaque et vise ceux qui en font «le symbole d'une caste à abattre»

La ministre française de l'Éducation, des Sports et des Jeux Olympiques, Amélie Oudea-Castera, assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 16 janvier 2024 (Photo, AFP).
La ministre française de l'Éducation, des Sports et des Jeux Olympiques, Amélie Oudea-Castera, assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 16 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 31 janvier 2024

Oudéa-Castera contre-attaque et vise ceux qui en font «le symbole d'une caste à abattre»

  • Amélie Oudéa-Castéra a contre-attaqué de manière musclée mardi soir en dénonçant ceux qui voudraient la faire passer «pour le symbole d'une caste à abattre»
  • L'ancienne championne de tennis junior s'est livrée à une défense coup de poing, à l'avant-veille d'une journée de grève dans l'Education nationale

PARIS: Après plus de deux semaines de polémiques, la ministre de l'Education et des Sports, Amélie Oudéa-Castéra a contre-attaqué de manière musclée mardi soir en dénonçant ceux qui voudraient la faire passer "pour le symbole d'une caste à abattre".

Devant un parterre de présidents de fédérations sportives, d'associations, d'élus, et de tout l’écosystème olympique français, l'ancienne championne de tennis junior s'est livrée à une défense coup de poing, à l'avant-veille d'une journée de grève dans l'Education nationale, à l’occasion des voeux du comité olympique français (CNOSF).

Dans cette "maison du sport français", elle a d'abord reçu le soutien du président du CNOSF, David Lappartient:  "il n'appartient à personne de remettre en cause les institutions de notre République, de s'ériger ici ou là en tribunal révolutionnaire pour dire qui, ou qui ne peut pas être ministre", mais aussi celui du président du comité d'organisation des JO-2024 Tony Estanguet.

«Mea Culpa»

Sous le feu des critiques en raison de la scolarisation de ses enfants dans l'établissement privé Stanislas, la ministre a lâché que "même au sein du Parlement on voudrait faire de moi le symbole d'une caste privilégiée à combattre, à abattre".

Ses déclarations sur l'école publique Littré, ou a été brièvement scolarisé l'un de ses fils, et ses "paquets d'heures pas sérieusement remplacées" avaient suscité un tollé quand sa version des faits a été démentie par des témoignages publiés par Libération.

Dans le monde du sport, où elle semble appréciée, elle a reçu récemment le soutien d'une cinquantaine de dirigeants sportifs à travers une tribune publiée samedi sur le site Latribune.fr, qui ont évoqué leur "respect et (leur) reconnaissance envers une ministre qui a su (...) être à la hauteur de sa fonction, avec écoute, exigence et leadership".

"Je n'ai pas signé la tribune parue le week-end dernier parce que je savais que je vous voyais aujourd'hui. Et je voulais vous dire devant tout le monde, ici devant nos amis, très directement, très sincèrement, très personnellement le respect que j'ai pour vous, pour votre personne et ce que vous incarnez dans le sport français", lui a lancé David Lappartient.

La ministre est revenue, parfois émue, sur sa bourde.

"Ces deniers jours j'ai évoqué de manière maladroite, un souvenir erroné de maman vieux de 15 ans. J'ai blessé des personnes que pour rien au monde je ne voulais blesser. Mea Culpa", a-t-elle dit.

"Je vous le dis ce soir, cette faute, je ne suis pas sûre d'arriver à me la pardonner moi-même un jour. C'est pour moi une meurtrissure, contrairement à beaucoup d'étiquettes que beaucoup de gens veulent me coller sur les épaules. La seule injonction qui me sois jamais donné à moi-même, ce n'est pas de gagner (...), de conquérir, mais de me comporter comme quelqu'un de bien et ce n'est pas ce que j'ai fait."

"Ce que j'ai découvert de l'évocation maladroite, erronée, fautive, d'un souvenir (...) Il peut jaillir un torrent qui éclabousse tout jusqu'aux choix les plus intimes (...) une mécanique qui voudrait balayer tout ce qui a été construit, salir tout ce qui peut l'être", a-t-elle poursuivi dans un long monologue de défense.

«Ecoeurement»

"Et même au sein du Parlement on voudrait faire de moi le symbole d'une caste privilégiée à combattre, à abattre. Alors que la seule chose que j'ai hérité de ma famille c'est l'amour du travail bien fait, du goût de l'effort, la passion du mérite. Et c'est tout ça qui fait que le sport est mon milieu naturel", a-t-elle dit devant une assemblée qui l'a longuement applaudie à la fin de son discours.

Elle en profité pour redire tout le mal qu'elle pensait du rapport parlementaire sur les fédérations sportives, "stupeur" et "écoeurement" a-t-elle lancé devant les deux députés, la présidente et la rapporteure de la commission d'enquête.

Elle avait commencé par citer les deux premières strophes du poème de Rudyard Kipling +sois un homme mon fils+, qui était accroché dans sa chambre d'enfant.

"Tant que ce mandat à la tête de ce magnifique ministère me sera confié je ferai tout pour faire réussir les enfants, tous les enfants de la République", a-t-elle dit alors que des appels à la démission ont émané de plusieurs personnalités politiques, de tous bords, comme Fabien Roussel (PC), Manuel Bompard (Insoumis) ou encore le député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
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  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.