Scholz s'affiche en meneur des efforts pour livrer plus d'armes à l'Ukraine

Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une séance plénière au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, à Berlin, le 31 janvier 2024 (Photo de Tobias SCHWARZ / AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une séance plénière au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, à Berlin, le 31 janvier 2024 (Photo de Tobias SCHWARZ / AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 31 janvier 2024

Scholz s'affiche en meneur des efforts pour livrer plus d'armes à l'Ukraine

  • Les 27 pays de l'UE se réunissent à partir de jeudi pour un sommet consacré à l'aide financière et militaire à Kiev
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé l'Allemagne à utiliser son poids économique et diplomatique pour mobiliser ses partenaires européens

BERLIN: Le chancelier allemand Olaf Scholz a affiché mercredi sa volonté de "tout faire" pour accroître l'aide militaire européenne à l'Ukraine à la veille d'un sommet crucial à Bruxelles et alors que se multiplient les craintes d'une réduction de l'aide américaine.

"Nous ferons tout pour que la contribution commune de l'Europe soit suffisamment importante (...)", a déclaré M. Scholz devant les députés du Bundestag, ajoutant qu'il voulait que "plus de pays participent activement" au soutien de l'Ukraine.

Les 27 pays de l'UE se réunissent à partir de jeudi pour un sommet consacré à l'aide financière et militaire à Kiev, qui tente depuis près de deux ans de repousser l'offensive de la Russie.

Le chancelier allemand, dont le pays est le deuxième contributeur en valeur absolue au soutien à l'Ukraine sous forme d'aides humanitaire, financière et militaire derrière les Etats-Unis, répète à l'envi ces dernières mois que ses alliés européens pourraient faire davantage.

Il signe ainsi une tribune parue mercredi dans le Financial Times aux côtés de quatre autres chefs de gouvernement de l'UE.

"Nous devons redoubler d'efforts afin de garantir le maintien de notre soutien aussi longtemps qu’il le faudra", écrivent Olaf Scholz, Mette Frederiksen (Danemark), Petr Fiala (République tchèque), Kaja Kallas (Estonie) et Mark Rutte (Pays Bas).

Inventaire 

Après avoir essuyé de nombreuses critiques, en Allemagne et à l'étranger, sur ses tergiversations pour livrer des armes à l'Ukraine, le dirigeant allemand se veut désormais meneur pour rassurer Kiev sur la pérennité de l'aide occidentale.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d'ailleurs appelé l'Allemagne à utiliser son poids économique et diplomatique pour mobiliser ses partenaires européens.

"L'Allemagne peut réussir à consolider (le soutien) de l'UE", avait-il estimé dans une interview dimanche à la télévision publique allemande.

La chancelier ne dit pas si tous les pays de l'UE devrait mettre davantage au pot commun ou si son appel s'adresse à certains d'entre eux.

Mardi, le président français Emmanuel Macron s'était aussi prononcé en faveur de "décisions justes et courageuses" de l'UE afin "d'accélérer" et d'amplifier son soutien à Kiev.

Dans ce cadre, l'Union européenne a demandé mercredi aux 27 un inventaire détaillé de leur aide militaire à l'Ukraine, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, jugeant "important de clarifier la situation".

Les Européens ont déjà livré quelque 300 000 obus, et ils auront fin 2024 une capacité annuelle de production de quelque 1,4 million d'obus, assure le commissaire européen en charge de l'industrie de défense, Thierry Breton. Cette capacité sera portée à deux millions en 2025, selon lui.

Mais une grande partie est exportée vers des pays tiers, au détriment de l'Ukraine en guerre, a reconnu cette semaine un haut responsable européen sous couvert d'anonymat.

Question de vie ou de mort

Pour livrer plus d'armes, il faut explorer toutes les pistes, écrivent les cinq dirigeants dans leur lettre commune : "don de stocks existants ou achat conjoint de munitions par l'intermédiaire de nos industries de défense", suggèrent-ils.

"L'Ukraine ne dispose pas de quantités suffisantes de munitions d’artillerie", ont-ils mis en garde, soulignant qu'il s'agissait qu'une "question de vie ou de mort".

La situation est d'autant plus tendue que la manne américaine est pour le moment tarie.

Une enveloppe de soutien à l'Ukraine de 61 milliards de dollars est bloquée par des négociations entre démocrates et républicains au Congrès. La Maison Blanche a dit et répété que sans rallonge budgétaire, il n'y aurait pas d'autres aide militaire à Kiev.

"Tout ne peut pas retomber sur l'Allemagne", s'est plaint devant les députés le chancelier de la première puissance européenne, qui a subi une récession l'an passé.

Pour autant Olaf Scholz ne "donne aucune direction politique ou stratégique à une Europe mal préparée à une éventuelle rupture des relations transatlantiques après l'élection présidentielle américaine de novembre", au cas où le Républicain Donald Trump remportait les élections, juge Judy Dempsey, experte à la fondation Carnegie Europe.

Et le chancelier ne paraît pas toujours à l'aise dans le costume de meneur des efforts occidentaux : "nous ne sommes qu'une puissance moyenne", a-t-il assuré au Bundestag, insistant sur le rôle crucial des Etats-Unis.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.