Le président de l'Azerbaïdjan reconduit sans surprise pour un cinquième mandat

Les partisans du président azéri Ilham Aliyev se rassemblent avec des drapeaux nationaux et ses portraits après la clôture des bureaux de vote lors de l'élection présidentielle anticipée en Azerbaïdjan, à Bakou, le 7 février 2024 (Photo, AFP).
Les partisans du président azéri Ilham Aliyev se rassemblent avec des drapeaux nationaux et ses portraits après la clôture des bureaux de vote lors de l'élection présidentielle anticipée en Azerbaïdjan, à Bakou, le 7 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 février 2024

Le président de l'Azerbaïdjan reconduit sans surprise pour un cinquième mandat

  • M. Aliev, 62 ans, qui a hérité du pouvoir au décès de son père en 2003, a recueilli 92% des suffrages à l'issue du scrutin où l'opposition était absente
  • Des milliers de partisans du président ont célébré la victoire mercredi soir dans les rues de la capitale, Bakou

BAKOU: L'autoritaire président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, au pouvoir depuis deux décennies et auréolé de son succès militaire au Haut-Karabakh, a été réélu mercredi sans surprise pour un cinquième mandat, avec plus de 90% des suffrages selon les résultats officiels.

M. Aliev, 62 ans, qui a hérité du pouvoir au décès de son père en 2003, a recueilli 92% des suffrages à l'issue du scrutin où l'opposition était absente, d'après les résultats portant sur la quasi-totalité des bureaux de vote.

"Le peuple azerbaïdjanais a élu Ilham Aliev président du pays", a déclaré le chef de la Commission électorale centrale Mazakhir Panakhov lors d'une conférence de presse.

La participation s'est établie à 67,7%, a-t-il ajouté.

Des milliers de partisans du président ont célébré la victoire mercredi soir dans les rues de la capitale, Bakou.

Les électeurs avaient le choix entre sept candidats, dont Ilham Aliev. Mais aucune des autres personnalités ne représentait une alternative et "tous ont soutenu le président dans le passé proche", notait l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Certains ont même, durant la campagne, encensé M. Aliev qui a "tenu toutes ses promesses".

Les véritables partis d'opposition, laminés par des années de répression, boycottaient ce scrutin qualifié de "farce", comme lors de la précédente présidentielle de 2018.

Ilham Aliev surfe sur sa victoire militaire contre les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh en septembre 2023, qui a mis fin à trois décennies de sécessionnisme marquées par deux guerres.

L'homme fort de Bakou peut donc se vanter d'avoir "réunifié" son pays, mission qu'il s'était fixée.

Geste symbolique, le président Aliev et sa famille ont glissé leurs bulletins dans l'urne à Khankendi, la principale ville du Haut-Karabakh - appelée Stepanakert par les Arméniens.

Des bureaux de vote azerbaïdjanais y ont ouvert pour la première fois depuis la chute de l'Union soviétique, ce qui a conféré au vote un caractère "historique", s'est félicité le chef de la Commission électorale centrale.

«Rêve» réalisé 

Dans un bureau de vote à Bakou, la capitale, Chatalia Abbassova, retraitée de 68 ans, dit avoir voté pour le président sortant parce qu'il "a réalisé notre rêve, a libéré les territoires occupés".

En janvier, Ilham Aliev a expliqué avoir convoqué cette élection anticipée, initialement prévue en 2025, pour célébrer le début d'une "nouvelle ère" après l'opération militaire réussie.

"Je sais que beaucoup vont voter pour Aliev aujourd'hui, parce qu'il a libéré le Karabakh. Je lui suis reconnaissant pour cela, mais il y a des problèmes fondamentaux dans le pays qui ne sont toujours pas résolus", estimait un autre habitant de Bakou, Ismet Baguirov.

Ce spécialiste en technologies de l'information de 32 ans a dit avoir décidé de ne pas voter, "car il n'y a pas de candidats alternatifs" à M. Aliev.

Pas de concurrence

Pour l'analyste politique Ghia Nodia, il n'y avait "aucun suspense dans ces élections sans la moindre trace de concurrence".

Ilham Aliev collectionne les scores écrasants. Il avait obtenu 86% des voix en 2018 et près de 89% en 2008.

Ces scrutins sont cependant toujours dénoncés par les observateurs internationaux. En 2018, ceux de l'OSCE avaient rapporté de "graves irrégularités".

L'Azerbaïdjan, ex-république soviétique de quelque dix millions d'habitants, est aussi habituée aux dernières places des classements des groupes de défense des droits humains.

L'organisation américaine de promotion de la démocratie Freedom House le classe ainsi parmi le "pire du pire" en termes de libertés civiles.

Des ONG dénoncent la répression de l'opposition, la torture dans les prisons et les arrestations arbitraires, accusations rejetées par les autorités.

Ces derniers mois, une dizaine de journalistes ont été interpellés dans le cadre d'affaires judiciaires que leurs partisans jugent montées de toutes pièces.

Ilham Aliev est aussi accusé de profiter des richesses en hydrocarbures du pays pour enrichir son clan, ce qu'il conteste.

Il a nommé sa femme, Mehriban Alieva, vice-présidente, et son fils pourrait lui succéder un jour.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.