Comment un projet saoudien de ré-ensauvagement sauve le léopard d’Arabie, au bord de l’extinction

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Publié le Samedi 10 février 2024

Comment un projet saoudien de ré-ensauvagement sauve le léopard d’Arabie, au bord de l’extinction

  • La Commission royale d'AlUla du Royaume a réussi à assurer la reproduction de sept léopards d'Arabie au cours de l'année passée
  • On estime qu'il ne reste que 120 de ces animaux emblématiques à l'état sauvage, dont environ 20 en Arabie Saoudite

RIYAD: Les experts en préservation des espèces de la Commission royale saoudienne pour AlUla ont réussi cette année à élever sept léopards d'Arabie en captivité dans l'espoir d'augmenter dans la nature la population de cette espèce en grand danger d'extinction.

On estime qu’il ne reste plus que 120 léopards d’Arabie à l’état sauvage, dont une vingtaine en Arabie Saoudite, qui se trouvent principalement dans les montagnes isolées du sud-ouest de l’Asir et du Hedjaz, ce qui rend les mesures de préservation encore plus urgentes.

«La Commission royale saoudienne pour AlUla (RCU) a 27 animaux en captivité en bonne santé», a indiqué à Arab News Stephen Browne, vice-président de la commission chargé de la faune et du patrimoine naturel, qui travaille en étroite collaboration avec le programme de préservation.

Les programmes de reproduction tels que ceux de la RCU sont considérés comme essentiels pour augmenter le nombre de léopards d’Arabie à l’état sauvage, dont le nombre est en déclin en raison des conséquences de la présence humaine au niveau des habitats vulnérables et du braconnage de leurs proies naturelles.

Stephen Browne de préciser: «La dernière estimation concernait 200 animaux (à l’état sauvage) il y a quelques années. Ils ont ainsi diminué de façon sensible, très rapidement, pour n’atteindre qu’un nombre réduit.

«Dans de nombreuses régions où ils étaient autrefois présents, comme aux EAU et en Égypte, ils ont aujourd’hui disparu, et on ne les trouve que dans très peu de zones isolées de l'ouest et du sud-ouest de l'Arabie saoudite, du Yémen, des très hautes montagnes escarpées du Yémen, et à Oman.»

Lorsque les défenseurs de l’environnement seront convaincus du fait que les animaux auront de bonnes chances de survie, ils relâcheront dans la nature les animaux en captivité du programme d’élevage de la RCU. Cela dépendra en grande partie de l’évolution des comportements humains.

Concernant les menaces potentielles qui pèsent sur les léopards d’Arabie dans la nature, Stephen Browne a ajouté: «Il existe tout un ensemble de facteurs, depuis la chasse en représailles à la perte de bétail, jusqu’à la chasse aux trophées, ou à leur capture pour le commerce illégal d’espèces sauvages.»

Hany Tatwany, consultant saoudien en environnement, qui a travaillé auparavant au National Center for Wildlife, et a par la suite été président du Fonds mondial de la RCU pour le léopard d'Arabie, a indiqué que la chasse n'était que l'un des dangers auxquels les animaux étaient confrontés dans la nature.

Il a affirmé: «Il existe plusieurs raisons, la plupart d’entre elles étant liées au comportement humain, comme la chasse excessive aux proies dont se nourrit le léopard, ou la destruction de l’environnement en termes d’agriculture, d’expansion urbaine et de construction de routes.

«Il y a aussi le ciblage des léopards pour protéger le bétail ou, malheureusement, le cas où les léopards sont chassés pour pouvoir s’en vanter.»

Les léopards étaient présents en Afrique avant de se déplacer vers la Péninsule arabique et en Asie. En s'adaptant à différents climats, terrains et altitudes, ils ont évolué en sous-groupes distincts mieux adaptés à leurs habitats respectifs.

Browne a souligné le fait que le léopard d'Arabie, par exemple, s'était bien adapté au climat chaud et sec du Moyen-Orient.

Ces félins insaisissables qui sont également bien adaptés aux terrains escarpés se trouvent à des altitudes allant du niveau de la mer à plus de 2 000 mètres, ce qui leur confère une grande faculté d’adaptation et les rend capables de survivre dans des environnements arides et semi-arides.

LE SAVIEZ-VOUS?

L'Arabie saoudite et les EAU ont des programmes pour élever et protéger les léopards d'Arabie. Le centre d’élevage en captivité du Royaume qui se trouve à AlUla est géré par la RCU.

Après 13 semaines de gestation, les léopards donnent naissance à une portée de deux à quatre petits, généralement dans des grottes. Les petits naissent normalement avec les yeux fermés, qui s'ouvrent une semaine à neuf jours plus tard.

L’activité humaine a réduit le nombre des plus grosses proies naturelles des léopards, telles que les gazelles, obligeant ces grands félins à se nourrir d’animaux et de bétail plus petits, notamment des chèvres et des moutons.

Bien que le fait de relâcher un prédateur dans la nature puisse sembler paradoxal pour protéger la faune, Hany Tatwany explique que chaque organisme, où qu'il apparaisse dans la chaîne alimentaire, joue un rôle vital dans un écosystème équilibré.

«Les prédateurs arrivent au sommet de la pyramide. La santé de l'écosystème est évaluée également à travers les prédateurs, car avec leur disparition, un déséquilibre se produit et beaucoup de choses changent, soit avec l'augmentation des champignons par exemple, soit avec la croissance d'autres espèces qui conduisent à un déséquilibre environnemental», a-t-il ajouté.

Au-delà de leur importance en tant que partie intégrante d’un écosystème sain et équilibré, ces créatures particulières revêtent également une immense signification culturelle. Browne a affirmé que le fait de les sauver de l’extinction était un test-clé pour la gestion du monde naturel par l’humanité.

«Ils sont mentionnés dans des histoires, des poèmes et des œuvres d'art depuis des milliers d'années. Si les êtres humains perdent une espèce emblématique comme le léopard, ou ne s’efforcent pas de la protéger, alors pourquoi devraient-ils s’inquiéter des souris, des limaces ou des scorpions?

«Si les gens ne se soucient pas des léopards, s'ils sont prêts à perdre cette espèce, alors ils sont prêts à perdre l'écosystème», a ajouté Browne.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


AlUla affirme son rayonnement culturel international, avec la fondation Lafayette anticipation

la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
  • Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien
  • Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives

PARIS: À l’automne, la cité-oasis saoudienne d’AlUla déploiera une véritable saison culturelle à Paris, dont le premier grand rendez-vous sera l’exposition La Vie des formes, présentée à la Fondation Lafayette Anticipations à partir du 7 septembre.

Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien. Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives.

Pour Simon Garcia, directeur du développement culturel d’AFALULA, La Vie des formes est le fruit de deux partenariats majeurs : celui qui unit depuis huit ans la France et l’Arabie saoudite autour du développement d’AlUla, et celui noué avec Lafayette Anticipations.

Simon Garcia rappelle à ce propos que cette coopération est unique par son ampleur et qu’elle connaîtra une montée en puissance au cours de la prochaine saison.

AFALULA accompagne la Commission royale pour AlUla dans des projets qui vont des fouilles archéologiques à la création d’institutions muséales, en passant par le cinéma, les résidences d’artistes et le soutien à la création contemporaine.

Depuis 2021, plus de soixante artistes et créateurs internationaux ont été accueillis en résidence dans l’oasis, faisant d’AlUla un véritable laboratoire où patrimoine et création contemporaine se nourrissent mutuellement.

Cette dynamique est désormais bien engagée. Après Arduna, première exposition du Musée d’art contemporain d’AlUla réalisée avec le Centre Pompidou, Paris accueillera cet automne quatre grands rendez-vous.

Outre La Vie des formes, une exposition sera organisée avec l’Institut du monde arabe dans le cadre du Prix du Design arabe. Le Musée d’art contemporain d’AlUla présentera également, à Art Basel Paris, une œuvre commandée à l’artiste Aman AlZedani, tandis que la Villa Hegra investira la Monnaie de Paris avec une exposition consacrée aux arts de la table, réunissant plusieurs créatrices saoudiennes.

Au cœur de cette programmation, le partenariat avec Lafayette Anticipations occupe une place particulière.

Pour son directeur, Clément Delépine, cette collaboration s’inscrit pleinement dans la mission de la fondation, qui consiste à rendre la création contemporaine accessible au plus grand nombre tout en encourageant les échanges entre les différentes disciplines artistiques.

Son bâtiment, conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, offre d’ailleurs un cadre idéal grâce à ses espaces modulables, où dialoguent arts visuels, design, musique, performance et édition.

Une philosophie qui rejoint naturellement celle développée à AlUla, où patrimoine, paysage, architecture et création contemporaine sont pensés comme un ensemble cohérent.

Co-commissaire de l’exposition, Arnaud Morand, responsable des arts et des industries créatives à AFALULA, souligne que La Vie des formes est avant tout un projet construit à deux voix, dans la mesure où l’exposition réunit des œuvres de la collection de Lafayette Anticipations et des créations réalisées lors des résidences de design organisées à AlUla.

Mais, explique-t-il, l’objectif va bien au-delà de l’organisation d’une exposition. Avant même l’ouverture des futurs musées, AlUla a choisi d’inviter artistes, designers et chercheurs à travailler sur place afin qu’ils participent à la construction de son identité culturelle.

« Ce sont eux qui observent, expérimentent, questionnent et parfois critiquent », rappelle Arnaud Morand. Leur regard nourrit la réflexion sur la transformation d’un territoire appelé à devenir l’un des grands pôles culturels du Royaume.

Dans cette démarche, l’art et le design deviennent de véritables outils de réflexion. Ils permettent d’aborder des questions très concrètes : comment vivre dans un environnement désertique, imaginer des espaces publics adaptés au climat, valoriser les matériaux locaux ou encore inventer de nouvelles formes de convivialité.

Pour Arnaud Morand, les œuvres présentées sont ainsi le résultat d’un dialogue permanent entre artistes, artisans, habitants et paysages.

Cette réflexion est au cœur de La Vie des formes, qui s’inspire de l’historien de l’art Henri Focillon et invite à voir les formes comme des réalités vivantes, façonnées par les matériaux, les usages, les gestes et les imaginaires, plutôt que comme des objets figés.

En faisant dialoguer les collections de Lafayette Anticipations avec les créations réalisées à AlUla, l’exposition montre comment l’art et le design accompagnent les profondes mutations d’un territoire.

Cette présence renforcée d’AlUla à Paris confirme l’ambition culturelle portée par la Vision 2030 saoudienne, qui mise sur la création contemporaine comme moteur de développement et d’échanges internationaux.

Le Royaume d’Arabie saoudite fait ainsi de la culture un puissant levier de transformation, avec la France comme partenaire de premier plan.

AlUla a d’ailleurs annoncé avoir renforcé son partenariat avec l’écosystème français de l’innovation grâce au lancement du programme « Future of Tourism », en collaboration avec STATION F et le groupe Galeries Lafayette, en marge du salon international VivaTech, qui s’est tenu récemment à Paris Expo Porte de Versailles.


Mondial-2026: la Suisse écarte l'Algérie et renoue avec les 8es

En habituée, la Suisse s'est qualifiée pour les 8es de finale du Mondial-2026, en battant sans trembler une inoffensive équipe d'Algérie (2-0), grâce à des buts de Breel Embolo (11e) et Dan Ndoye (46e), jeudi à Vancouver. (AFP)
En habituée, la Suisse s'est qualifiée pour les 8es de finale du Mondial-2026, en battant sans trembler une inoffensive équipe d'Algérie (2-0), grâce à des buts de Breel Embolo (11e) et Dan Ndoye (46e), jeudi à Vancouver. (AFP)
  • La "Nati", qui atteint pour la quatrième fois d'affilée ce stade du tournoi, tentera d'enfin le franchir mardi prochain. Ce sera encore dans la province de Colombie-Britannique, contre... la Colombie ou le Ghana opposés vendredi à Kansas City
  • En attendant, elle n'a pas fait de sentiment face à son ancien sélectionneur Vladimir Petkovic, désormais assis sur le banc des Fennecs, qui lui avait fait franchir un cap sur la scène internationale de 2014 à 2021

VANCOUVER: En habituée, la Suisse s'est qualifiée pour les 8es de finale du Mondial-2026, en battant sans trembler une inoffensive équipe d'Algérie (2-0), grâce à des buts de Breel Embolo (11e) et Dan Ndoye (46e), jeudi à Vancouver.

La "Nati", qui atteint pour la quatrième fois d'affilée ce stade du tournoi, tentera d'enfin le franchir mardi prochain. Ce sera encore dans la province de Colombie-Britannique, contre... la Colombie ou le Ghana opposés vendredi à Kansas City.

En attendant, elle n'a pas fait de sentiment face à son ancien sélectionneur Vladimir Petkovic, désormais assis sur le banc des Fennecs, qui lui avait fait franchir un cap sur la scène internationale de 2014 à 2021.

L'entraîneur bosnien naturalisé suisse avait notamment guidé la Nati en quart de finale de l'Euro-2021, après avoir éliminé la France de Didier Deschamps et Kylian Mbappé.

A l'époque, Breel Embolo avait été de cette remarquable performance, mais pas le jeune Johan Manzambi, 20 ans, dont le talent éclate dans ce Mondial et qui en a encore donné un aperçu dès le début de match en lui délivrant une passe décisive, après un déboulé côté gauche (10e).

Une entame idéale pour les Suisses, au grand dam de Luca Zidane, de nouveau titulaire dans les cages algériennes, après avoir été écarté lors du dernier match de groupe contre l'Autriche (3-3) sans que son suppléant Oussama Benbot fasse mieux.

Volontaire mais incapable de se montrer dangereuse, l'Algérie, qui espérait renouer avec les huitièmes de finale du Mondial pour la première fois depuis 2014 au Brésil, a été cueillie à froid dès le retour des vestiaires, quand Dan Ndoye, profitant d'un mauvais renvoi de la défense, a ajusté une frappe de droit à peine touchée par Zidane (46e).

Quatre minutes plus tard, les Fennecs ont bien eu une occasion de réduire le score quand Ryad Mahrez a repris un centre de Rafik Belghali, mais Denis Zakaria était sur la trajectoire du ballon pour l'empêcher d'entrer au fond des filets.

Et ce fut bien la seule pour l'Algérie, qui aurait pu même encaisser un troisième but sans la maladresse de Fabian Rieder, seul devant les cages au second poteau et qui a mal redressé le ballon sinon pour le rendre à Zidane, pas mécontent sur le coup (81e).

Qu'importe, voilà les Suisses fidèles au rendez-vous des 8es. Ils regarderont avec intérêt le comportement des Colombiens, impressionnants durant la phase de groupes au point d'être perçus comme de sérieux outsiders, face à des Ghanéens pas faciles à manoeuvrer comme l'Angleterre a pu en faire l'expérience (0-0).


Avignon: la langue coréenne à l'honneur avec la prix Nobel de littérature Han Kang

Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet. (AFP)
Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet. (AFP)
  • "Alors qu'on a, ces dernières années, vu émerger une forme de soft power à travers la K-pop, des séries télé, etc., les arts vivants sud-coréens restent très méconnus de la scène européenne, de la scène française, du public du festival"
  • Publié en 2023, le roman "Impossibles adieux" de Han Kang, sur une femme découvrant des archives documentant l'assassinat sur l'île de Jeju de milliers de civils par des forces sud-coréennes en 1948-1949, sert d'inspiration à deux formes théâtrales

PARIS: Après l'anglais, l'espagnol et l'arabe, le Festival d'Avignon fait du coréen sa langue invitée pour sa 80e édition qui démarre samedi, à travers notamment la présence d'artistes de la péninsule ou de la lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang.

"Alors qu'on a, ces dernières années, vu émerger une forme de soft power à travers la K-pop, des séries télé, etc., les arts vivants sud-coréens restent très méconnus de la scène européenne, de la scène française, du public du festival", avait expliqué le directeur de l'événement, Tiago Rodrigues, qui a décidé de mettre en valeur une langue chaque année depuis son arrivée à ce poste.

Han Kang inspire deux spectacles

Publié en 2023, le roman "Impossibles adieux" de Han Kang, sur une femme découvrant des archives documentant l'assassinat sur l'île de Jeju de milliers de civils - considérés comme communistes - par des forces sud-coréennes en 1948-1949, sert d'inspiration à deux formes théâtrales.

Y voyant un "réquisitoire contre l'oubli", la metteuse en scène Julie Deliquet va proposer "Oiseau", une lecture-performance bilingue interprétée par les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee dans la cour d'honneur du palais des papes.

"Che dolore terribile è l'amore", de l'Italienne Daria Deflorian, est aussi tiré de ce roman.

Cette dramaturge, qui avait déjà mis en scène "La végétarienne", autre roman d'Han Kang, dit aimer dans son écriture l'élargissement de "notre perception de la réalité grâce aux rêves, à la vie nocturne, aux fantômes, aux mondes parallèles".

Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet.

Kyung-Sung Lee et le théâtre documentaire

C'est aussi l'épisode de l'île de Jeju qui inspire le metteur en scène Kyung-Sung Lee dans "Island story". Lui travaille à partir des témoignages de trois personnes âgées descendant de victimes du massacre et des travaux d'un archéologue ayant mené des recherches pour retrouver des ossements.

"Je m'interroge sur le fait que le théâtre puisse encore fonctionner comme une forme de rituel reliant des personnes dont l'histoire est lointaine", décrit-il.

Jaha Koo en force

Metteur en scène, compositeur et vidéaste, Jaha Koo présente trois spectacles. Dans "Cuckoo" (créé en 2017), un monologue avec trois autocuiseurs de riz, l'artiste de 40 ans explore la pression exercée sur la jeunesse pour être performante dans une société coréenne encore marquée par le poids de son système "hiérarchique, le patriarcat et l'inégalité de genres", raconte-t-il.

Dans "The History of Korean Western Theatre" (2020), il se demande pourquoi la tradition théâtrale de son pays s'est effacée face à la culture occidentale. Enfin, dans "Haribo Kimchi" (2024), il utilise la cuisine d'un stand de street food pour parler de sa position d'"entre-deux", lui qui a quitté son pays natal il y a 15 ans.

Il met en garde contre le risque d'une culture "standardisée". "Il y a tellement de Corées différentes dans le monde", a-t-il confié.

Danse et performance visuelle

Performance visuelle originale en vue avec l'artiste Lee Jinyeob: dans "MULJIL", quatre interprètes sont immergés dans un grand bocal d'eau, en référence aux femmes qui plongent dans la mer pour récolter des coquillages sur l'île de Jeju.

Avec son spectacle "KIN: Yeonhee Project I", le musicien Inbo Lee (Liquid Sound), qui a étudié le spectacle vivant en France, revisite un art ancestral coréen, le Yeonhee, mêlant danse, cirque et percussion, en le modernisant. "J'ai cherché à supprimer des éléments traditionnels pour ne garder que son ADN et j'ai ajouté de la danse contemporaine", raconte-t-il.

Sung Im Her, chorégraphe de danse contemporaine, présente "1 Degree Celcius", sur le thème du réchauffement climatique.

Enfin, avec "Neige neige neige", Lee Jaram, diva du "pansori" - récit chanté accompagné au tambour -, emmènera le public dans une adaptation de la nouvelle de Tolstoï "Maître et serviteur".