Menace d'attentats sur le réseau SNCF: ouverture du procès contre le «groupe AZF»

Un policier français à Bordeaux, dans l'ouest de la France, le 9 février 2024 (Photo, AFP).
Un policier français à Bordeaux, dans l'ouest de la France, le 9 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Menace d'attentats sur le réseau SNCF: ouverture du procès contre le «groupe AZF»

  • Chef d'entreprise à la retraite, Michel D., 76 ans, et son ancienne employée Perrine R., 61 ans, formatrice en bâtiment, doivent répondre du délit d'association de malfaiteurs et de fabrication et détention sans autorisation d'engins explosifs
  • Ils encourent dix ans de prison

PARIS: Le procès de Michel D. et Perrine R., qui sous le mystérieux sigle "groupe AZF" avaient menacé il y a vingt ans de faire exploser des bombes sur les voies ferrées si l'Etat ne leur versait pas une rançon, s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Chef d'entreprise à la retraite, Michel D., 76 ans, et son ancienne employée Perrine R., 61 ans, formatrice en bâtiment, doivent répondre du délit d'association de malfaiteurs et de fabrication et détention sans autorisation d'engins explosifs.

Ils encourent dix ans de prison.

Michel D., fines lunettes et cheveux gris, en pull gris à col roulé, et Perrine R., fines lunettes et cheveux courts, en pull blanc et pantalon noir, tous deux sous contrôle judiciaire, comparaissent libres à l'audience.

L'affaire avait éclaté fin 2003 quand un groupe dénommé "AZF" avait annoncé avoir enfoui "une série de bombes" sous le ballast de voies ferrées et promettait de les faire exploser à défaut du versement par l'Etat d'une rançon de 4 à 8 millions d'euros.

Les menaces avaient été prises très au sérieux à l'Elysée et au ministère de l'Intérieur, qui avaient reçu entre décembre 2003 et mars 2004 neuf lettres signées "AZF", un sigle jusque-là inconnu se présentant comme "groupe de pression à caractère terroriste secrètement créé au sein d'une confrérie laïque à spécificité éthique et politique".

L'affaire avait été également marquée par la rocambolesque correspondance, via la rubrique "Messages personnels" du quotidien Libération, entre "Mon gros loup" (AZF) et "Suzy" (police) afin d'organiser comme un jeu de piste le largage de la rançon par hélicoptère.

Sur les indications du groupe, les autorités avaient retrouvé le 21 février 2004 une première bombe - "sophistiquée" et en état de fonctionner - sur la ligne Paris-Toulouse à hauteur de Folles (Haute-Vienne).

Une seconde bombe avait été découverte fortuitement par un agent SNCF le 24 mars 2004 dans l'Aube, sur la voie Paris-Troyes-Bâle. Le lendemain, le groupe "AZF" annonçait par courrier aux autorités la suspension de son action, en précisant: "sans rancune et à bientôt".

Le dossier aurait pu tomber aux oubliettes sans la dénonciation, en septembre 2017, de l'ex-compagnon  de Perrine R.

Interpellés en juin 2018, les deux membres du groupe "AZF"  avaient immédiatement reconnu les faits mais démenti avoir cherché à instaurer "la terreur" dans le pays, n'ayant jamais souhaité donner de publicité à leurs menaces.

Se définissant comme "un peu inventeur", l'ex-chef d'entreprise avait expliqué aux enquêteurs que la rançon devait servir à réaliser des "prototypes opérationnels pour la production et l'utilisation d'énergies nouvelles non polluantes et illimitées".

Leur procès est prévu jusqu'à vendredi.


Environ 10.000 personnes à Paris pour dénoncer les derniers bombardements à Rafah

Un manifestant brandit un slogan « Honte aux spectateurs et à l'humanité silencieuse » lors d'une manifestation organisée par l'organisation française « France Palestine Solidarité » à Paris. (AFP).
Un manifestant brandit un slogan « Honte aux spectateurs et à l'humanité silencieuse » lors d'une manifestation organisée par l'organisation française « France Palestine Solidarité » à Paris. (AFP).
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  • Une foule compacte s'est rassemblée en fin d'après-midi à quelques centaines de mètres de l'ambassade d'Israël aux cris de "Nous sommes tous des enfants de Gaza"
  • Des drapeaux palestiniens étaient brandis par la foule, au sein de laquelle des participants arboraient des keffieh et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "On ne tue pas un enfant, qu'il soit juif ou palestinien"

PARIS: Quelque 10.000 personnes ont manifesté lundi à Paris contre les bombardements à Rafah qui ont fait, selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 45 morts dans la nuit de dimanche à lundi, a constaté l'AFP.

Une foule compacte s'est rassemblée en fin d'après-midi à quelques centaines de mètres de l'ambassade d'Israël aux cris de "Nous sommes tous des enfants de Gaza", "vive la lutte du peuple palestinien", "free Gaza", ou encore "Gaza, Paris est avec toi".

Des drapeaux palestiniens étaient brandis par la foule, au sein de laquelle des participants arboraient des keffieh et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "On ne tue pas un enfant, qu'il soit juif ou palestinien: Stop aux bombardements, free Palestine", "Rafah, Gaza on est avec toi".

"Hier, des Palestiniens ont été brûlés vifs par des bombardements israéliens sur un camp de réfugiés. On a vu des vidéos de familles qui tirent leurs proches de tentes enflammées. C'est le massacre de trop", a dénoncé François Rippe, vice-président de l'Association France Palestine solidarité (AFPS), un organisateur du rassemblement.

"Plusieurs milliers" de personnes étaient présentes selon lui. La préfecture de police de Paris a fait état d'environ 10.000 personnes.

"Ils mettent le feu dans un camp de réfugiés, ils brûlent des gens et on ne convoque pas l'ambassadrice d'Israël pour lui demander des comptes. C'est juste insupportable", a poursuivi M. Rippe.

Une large banderole montrait des dessins des visages des présidents français Emmanuel Macron et américain Joe Biden, ainsi que du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, surmontant un slogan "c'est l'humanité qu'ils assassinent".

Le député de gauche radicale Eric Coquerel a déclaré espérer "que la mobilisation va finir par faire réfléchir le gouvernement. Dans les paroles, la position de la France est un peu plus juste qu'elle ne l'a été. Mais tant qu'il n'y a pas des actes, ça veut dire qu'en réalité vous ne faites rien".

Mehdi Bekkour, dont un ami est selon lui actuellement coincé à Gaza, a indiqué pour sa part être venu "en tant que papa qui s'identifie beaucoup à ce qui se passe là-bas".

"Mon ami m'a envoyé un message il y a deux jours de Gaza, que je n'ai même pas le courage d'écouter ni de lui répondre. Je ne sais pas quoi lui dire".

L'ONU et nombre de pays ont condamné cette frappe israélienne sur un camp de déplacés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza et les Etats-Unis ont de nouveau demandé à Israël de "protéger les civils".

L'armée israélienne a de son côté indiqué enquêter sur ce que le Premier ministre a qualifié d'"accident tragique".


Les frappes israéliennes à Rafah relancent le débat sur la reconnaissance d'un Etat palestinien

La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège avaient annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine (Photo, AFP).
La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège avaient annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine (Photo, AFP).
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  • L'émotion est aussi vive qu'unanime à gauche, après cette frappe nocturne qui a tué au moins 40 personnes
  • Plusieurs voix jusque dans le camp macroniste, à l'image du numéro deux de la liste conduite par Valérie Hayer pour les européennes, Bernard Guetta

PARIS: Le bombardement meurtrier d'un centre de déplacés près de Rafah a suscité lundi une vague d'indignations à gauche et relancé dans la classe politique française le débat sur la reconnaissance d'un Etat palestinien.

L'émotion est aussi vive qu'unanime à gauche, après cette frappe nocturne qui a tué au moins 40 personnes. Israël affirme avoir frappé "un complexe du Hamas" dans lequel opéraient "d'importants terroristes".

"Les images de Rafah sont littéralement insoutenables. Rien ne peut justifier de tels crimes", a réagi sur X la tête de liste PS-Place publique pour les européennes, Raphaël Glucksamnn, appelant à "faire réellement pression sur Netanyahu. Maintenant".

Cet "abominable massacre (...) résume ce que sont les assassins de cette armée de criminels de guerre et leurs chefs", a relevé de son côté le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, réclamant la "rupture de la coopération avec le gouvernement Netanyahu et son économie", ainsi qu'un "embargo sur les armes" et la "reconnaissance de l'Etat de Palestine".

Position partagée,  sur le même réseau social, par la patronne des écologistes Marine Tondelier qui appelle la France et l'Union européenne à "opérer une rupture en urgence dans leur action diplomatique pour stopper ce massacre".

Geste de diplomatie 

Le numéro un socialiste, Olivier Faure, a lui aussi souhaité sur TF1 "un geste politique et diplomatique puissant" avec la reconnaissance d'un Etat palestinien pour que la France "puisse être du bon côté de l'Histoire".

Plusieurs voix jusque dans le camp macroniste, à l'image du numéro deux de la liste conduite par Valérie Hayer pour les européennes, Bernard Guetta, appellent à une telle reconnaissance.

"Il ne s'agit pas d'être pro-palestinien ou pro-israélien, il s'agit d'être pro-paix, d'obliger les dirigeants de ces deux peuples à se rasseoir à une table de négociation", a estimé M. Guetta sur Sud Radio, observant que la frappe israélienne faisait suite à un tir de roquettes du Hamas.

La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège avaient annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine, à partir du 28 mai, s'attirant les foudres d'Israël.

Mais, à droite, les réticences restent fortes.

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour le scrutin du 9 juin, met en garde contre le "grand danger de reconnaître aujourd'hui un Etat palestinien", au risque de "donner le sentiment que l'on donne raison à ceux qui ont déclenché l'attentat terroriste du 7 octobre", même s'il "faudra mettre un jour en oeuvre une solution à deux Etats".

"Israël a le droit de se défendre dans le respect du droit international", a-t-il ajouté sur France Inter, jugeant nécessaire de "faire toute la lumière sur les conditions de la frappe (sur le centre de déplacés près de Rafah, NDLR) et ses conséquences réelles".


Reconnaître l'Etat de Palestine aujourd'hui serait «un grand danger», selon Bellamy

Le parti de droite français Les Républicains (LR) tête de liste François-Xavier Bellamy (Photo, AFP).
Le parti de droite français Les Républicains (LR) tête de liste François-Xavier Bellamy (Photo, AFP).
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  • Le numéro 2 de la liste macroniste aux élections européennes, Bernard Guetta, s'est prononcé lundi pour une reconnaissance par la France de «l'existence d'un Etat palestinien»
  • La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine

PARIS: La tête de liste LR aux élections européennes François-Xavier Bellamy a estimé lundi que la reconnaissance de l'Etat de Palestine aujourd'hui serait "un grand danger", tout en appelant à "faire toute la lumière" sur le bombardement d'un centre pour personnes déplacées près de Rafah.

"Il faudra mettre un jour en oeuvre une solution à deux Etats (...). C'est la seule voie nécessaire pour avancer vers la paix", a affirmé l'eurodéputé sortant, estimant toutefois que ce "n'est pas possible aujourd'hui".

Car à ses yeux, "c'est un grand danger de reconnaître aujourd'hui un Etat palestinien parce que ce serait potentiellement donner le sentiment que l'on donne raison à ceux qui ont déclenché l'attentat terroriste du 7 octobre".

La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine, à partir du 28 mai, s'attirant les foudres d'Israël.