Bangladesh: le prix Nobel Muhammad Yunus dénonce une «prise de contrôle par la force» de plusieurs de ses entreprises

Muhammed Yunus est le président fondateur de Grameen Telecom, qui détient une participation de plusieurs milliards de dollars dans le plus grand opérateur de téléphonie mobile du Bangladesh (Photo, AFP).
Muhammed Yunus est le président fondateur de Grameen Telecom, qui détient une participation de plusieurs milliards de dollars dans le plus grand opérateur de téléphonie mobile du Bangladesh (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Bangladesh: le prix Nobel Muhammad Yunus dénonce une «prise de contrôle par la force» de plusieurs de ses entreprises

  • Muhammad Yunus et trois responsables de Grameen Telecom avaient été condamnés début janvier à six mois de prison
  • «Des personnes sont venues et ont pris le contrôle par la force»

DACCA: Le prix Nobel de la paix bangladais Muhammad Yunus, surnommé "le banquier des pauvres" et récemment condamné dans un jugement dénoncé comme politique par ses partisans, a affirmé jeudi que plusieurs de ses entreprises avaient subi une "prise de contrôle par la force".

"Il y a quatre jours, des gens sont venus et ont pris le contrôle par la force", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, sans fournir de détails sur les personnes impliquées.

Muhammad Yunus, 83 ans, est connu pour avoir sorti des millions de personnes de la pauvreté grâce à sa banque pionnière dans le microcrédit. Mais il s'est brouillé avec la Première ministre Sheikh Hasina qui l'a accusé de "sucer le sang" des pauvres.

Lors d'une conférence de presse, il a affirmé qu'un groupe de "personnes extérieures" était venu dans un immeuble abritant plusieurs de ses sociétés et avait pris le contrôle des bureaux, refusant l'accès au personnel.

"Des personnes sont venues et ont pris le contrôle par la force", a déclaré M. Yunus.

"Nous avons de gros problèmes. C'est un grand désastre", a-t-il poursuivi. "Ils essaient de prendre la direction des entreprises en vertu de leurs propres règles".

Selon M. Yunus, les policiers ont refusé d'enregistrer une plainte: "ils ont trouvé qu'il n'y avait aucun problème" avec l'occupation des locaux.

Plus tôt jeudi, des dizaines de personnes affirmant selon des employés être des partisans du parti au pouvoir, la Ligue Awami, se tenaient aux entrées d'un immeuble pour en refuser l'accès au personnel.

"Ils ne nous ont pas autorisés à entrer dans l'immeuble", a déclaré à l'AFP Mainul Hasan, directeur général de l'une des sociétés de M. Yunus.

Certains de ceux qui avaient pu entrer dans l'immeuble ont déclaré aux personnes présentes qu'il y avait de nouveaux directeurs pour plusieurs des sociétés, ont rapporté des employés.

Une centaine d'accusations

Muhammad Yunus et trois responsables de Grameen Telecom - l'une des entreprises qu'il a fondées - avaient été condamnés début janvier à six mois de prison pour avoir enfreint le droit du travail en n'ayant pas créé de fonds de prévoyance, une affaire qui a soulevé les critiques des défenseurs de droits de l'homme.

Les quatre mis en cause, qui ont fait appel et restent en liberté sous caution, rejettent ces accusations.

M. Yunus fait l'objet de plus d'une centaine d'autres accusations concernant des violations supposées du droit du travail et des allégations de corruption.

En août, 160 personnalités internationales, dont l'ancien président américain Barack Obama et l'ex-secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, avaient publié une lettre ouverte commune dénonçant le "harcèlement judiciaire continu" dont est victime le pionnier du microcrédit.

Les signataires, dont plus d'une centaine de lauréats du prix Nobel, déclaraient craindre pour "sa sécurité et sa liberté".

Des voix critiques accusent les tribunaux du Bangladesh d'approuver les yeux fermés les décisions du gouvernement de Mme Hasina, qui s'est montrée de plus en plus ferme dans sa répression de l'opposition politique.

Mme Hasina a entamé en janvier un cinquième mandat après des élections boycottées par l'opposition.

La popularité de l'économiste, lauréat du Nobel de la paix en 2006, a fait de lui depuis des années un rival potentiel de la Première ministre.

Faruq Faisel, de l'organisation de défense des droits de l'homme Ain o Salish Kendra, a déclaré à l'AFP que lui-même et ses collègues étaient "vraiment choqués" des derniers développements concernant M. Yunus.

"Ces incidents sont juste un nouvel exemple du fait que le système judiciaire n'est pas indépendant au Bangladesh", a-t-il dit. "Ici, le système judiciaire est contrôlé par les puissants".


Chimie : l'émirati Adnoc propose un rachat de Covestro pour 12 milliards d'euros

Un ingénieur entre dans les installations ADNOC à Fujairah le 28 novembre 2023 (Photo, AFP).
Un ingénieur entre dans les installations ADNOC à Fujairah le 28 novembre 2023 (Photo, AFP).
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  • Les premières approches d'Adnoc comprenaient un prix de rachat de 55 puis 57 euros par action
  • Après cette annonce, le cours du chimiste allemand gagnait 4,84% à 53,70 euros à 10h08 GMT

BERLIN: Le fabricant allemand de plastique et de produits chimiques Covestro a annoncé lundi "entrer dans des négociations concrètes" sur son rachat par la compagnie nationale pétrolière émirati Adnoc, sur la base d'une offre valorisant le groupe à près de 12 milliards d'euros.

"Le conseil d'administration de Covestro a décidé aujourd'hui après consultation du conseil de surveillance, d'entrer dans des négociations concrètes avec Adnoc" avec comme "point de départ des discussions sur une offre possible de 62 euros par action", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Cette offre, qui sera soumise aux "résultats d'un audit" réalisé par Adnoc, valoriserait Covestro à 11,72 milliards d'euros, selon un calcul de l'AFP.

"A l'heure actuelle, il n'est pas certain que les négociations à venir aboutissent à un accord", même si "les discussions menées jusqu'à présent ont montré que Covestro et Adnoc peuvent s'entendre sur les aspects essentiels d'une éventuelle transaction," a toutefois précisé Covestro.

Discussions 

Après cette annonce, le cours du chimiste allemand gagnait 4,84% à 53,70 euros à 10h08 GMT, sur un indice DAX en hausse de 0,51%.

Les discussions entre les deux entreprises durent depuis plusieurs mois. Leur existence a été confirmée par Covestro en septembre dernier.

Les premières approches d'Adnoc comprenaient un prix de rachat de 55 puis 57 euros par action, selon l'agence financière Bloomberg. Ce montant a ensuite été progressivement relevé au cours des discussions entre les deux entreprises.

La compagnie nationale Adnoc est le géant pétrolier des Emirats arabes unis, qui compte parmi les premiers exportateurs de brut au monde. Son patron, Sultan Al Jaber, a notamment été président de la COP28.

Covestro affiche de son côté une technologie et une expertise dans des domaines tels que le recyclage chimique et la réutilisation du CO2. Adnoc s'intéresse à ces technologies cruciales pour l'avenir de la chimie.

Le portefeuille de produits de Covestro donne aussi accès aux marchés finaux, notamment les véhicules électriques, l'isolation thermique et les adhésifs.

La chimie allemande, incarnée par des poids lourds comme BASF ou Bayer, traverse une grave crise industrielle liée au renchérissement des coûts de l'énergie depuis l'interruption des livraisons de gaz russe.


La 8e réunion du Conseil saoudo-américain du commerce et de l'investissement se tient à Washington

Réunion du Conseil de l'accord-cadre sur le commerce et l'investissement entre l'Arabie saoudite et les États-Unis (Tifa) en 2018. (Photo fournie)
Réunion du Conseil de l'accord-cadre sur le commerce et l'investissement entre l'Arabie saoudite et les États-Unis (Tifa) en 2018. (Photo fournie)
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  • La délégation saoudienne, menée par l'Autorité générale du commerce extérieur (Gaft), regroupe vingt entités gouvernementales
  • Le conseil vise à superviser les relations commerciales et d'investissement afin d'identifier les opportunités d'expansion

RIYAD: La 8e réunion du Conseil de l'accord-cadre sur le commerce et l'investissement (Tifa) entre l'Arabie saoudite et les États-Unis a débuté ce dimanche à Washington.

La délégation saoudienne, menée par l'Autorité générale du commerce extérieur (Gaft), regroupe vingt entités gouvernementales.

Le conseil vise à superviser les relations commerciales et d'investissement afin d'identifier les opportunités d'expansion, d’éliminer les obstacles commerciaux et d'investissement, d’optimiser un environnement favorable au commerce et à l’investissement ainsi que de promouvoir le développement économique entre les deux pays.

En outre, il traite des questions commerciales et d'investissement bilatérales. Ainsi, il favorise l'accès au marché, protège et fait respecter les droits de propriété intellectuelle, gère les données et le commerce électronique et renforce les capacités. En outre, il examine les politiques commerciales et d'investissement.

Par ailleurs, la délégation saoudienne participera à plusieurs séances et ateliers en marge de la réunion, qui se poursuivra jusqu'à vendredi.

Cela comprend un atelier dont le thème est «Les opportunités commerciales entre le Moyen-Orient et les États-Unis». Les ambassadeurs américains dans les pays du Golfe y participeront, ainsi que la session d'ouverture du Select USA Investment Summit, présidée par la secrétaire américaine au commerce, Gina Raimondo.

La délégation participera également au 5e Forum de dialogue commercial et d'investissement CCG-États-Unis, à une table ronde intitulée «Investissement saoudien dans la technologie», au Forum saoudo-américain, qui a pour thème «Investir dans notre avenir commun», à la table ronde CCG-États-Unis et à la table ronde saoudo-américaine. Il est à noter que toutes ces rencontres incluent la participation du secteur privé des deux pays.

En 2023, le volume des échanges commerciaux entre l'Arabie saoudite et les États-Unis s'élevait à environ 34 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro). Les principales exportations saoudiennes vers les États-Unis comprenaient des produits minéraux et des engrais, tandis que les machines et les équipements mécaniques, les pièces détachées, les automobiles et leurs pièces détachées constituaient les principales importations américaines.


IA: Meta lance un programme pour les start-up européennes en France

Cette photo prise à Mulhouse, dans l'est de la France, le 19 octobre 2023, montre une figurine à côté du logo Meta. (Photo par Sebastien Bozon AFP)
Cette photo prise à Mulhouse, dans l'est de la France, le 19 octobre 2023, montre une figurine à côté du logo Meta. (Photo par Sebastien Bozon AFP)
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  • Ce nouveau programme accompagnera cinq start-up européennes de septembre 2024 à février 2025
  • Elles bénéficieront «d'un mentorat technique des chercheurs de FAIR, le laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Meta, de l'accès à la plateforme et aux outils d'Hugging Face et de la puissance de calcul de Scaleway»

PARIS : Meta a annoncé lundi le lancement en France d'un nouveau programme dédié à l'intelligence artificielle (IA) en source ouverte pour les start-up européennes, qui peinent à rester compétitives, selon le géant américain.

«Nous avons un vrai problème en Europe, nous sommes en train de nous faire dépasser à toute vitesse par les Etats-Unis et la Chine», a déclaré à l'AFP, Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre britannique et responsable des affaires internationales de Meta.

«Pendant trop longtemps, on a pensé que le seul rôle de l'Europe était de réguler, pendant que la Chine copie et l'Amérique innove», a-t-il poursuivi.

«On ne parvient pas au succès grâce à des réglementations mais grâce à l'innovation, l'entrepreneuriat et des partenariats entre les géants de la tech et des petites start-up, ce qui correspond aux ambitions de ce programme», a complété M. Clegg.

Lancé en partenariat avec Scaleway, filiale d'Iliad dédiée à la fourniture de services d'informatique dématérialisée (cloud) et la pépite française Hugging Face, plateforme collaborative de modèles d'intelligence artificielle, ce nouveau programme accompagnera cinq start-up européennes de septembre 2024 à février 2025.

Elles bénéficieront «d'un mentorat technique des chercheurs de FAIR, le laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Meta, de l'accès à la plateforme et aux outils d'Hugging Face et de la puissance de calcul de Scaleway», a précisé un communiqué.

L'idée étant que les heureux élus, qui ont jusqu'au 16 août pour candidater et seront hébergés au campus Station F à Paris, développent leurs services basés sur les modèles d'IA en source ouverte de Meta.

L'entreprise avait déjà chapeauté un programme similaire en janvier.

La société de Mark Zuckerberg se fait le chantre de l'approche «open source» (accès libre au code de programmation) dans la Silicon Valley, à l'opposé de ses concurrents comme OpenAI, accusés d'être des boîtes noires.

«Plus vous êtes ouverts au niveau de la technologie, plus il est facile pour chacun d'identifier les erreurs et de les corriger», a détaillé Nick Clegg.

«C'est plus démocratique et cela signifie qu'une technologie n'est pas contrôlée uniquement par une poignée d'entreprises américaines», a-t-il ajouté.