Marine Le Pen à un hommage aux résistants étrangers malgré les réserves de Macron

La présidente du groupe d'extrême droite Rassemblement National à l'Assemblée nationale Marine Le Pen (Photo, AFP).
La présidente du groupe d'extrême droite Rassemblement National à l'Assemblée nationale Marine Le Pen (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 20 février 2024

Marine Le Pen à un hommage aux résistants étrangers malgré les réserves de Macron

  • L'entrée au Panthéon mercredi de Missak Manouchian se veut un «acte de reconnaissance» de la résistance communiste et étrangère
  • Mme Le Pen avait pourtant renoncé la semaine dernière à se rendre à l'hommage national rendu à Robert Badinter

PARIS: Le Rassemblement national a fait savoir lundi qu'il participerait à un hommage aux étrangers engagés dans la Résistance française durant la Deuxième guerre mondiale, malgré les réserves du président Emmanuel Macron pour qui "les forces d'extrême droite seraient inspirées de ne pas être présentes".

Sa cheffe de file, Marine Le Pen, invitée en qualité de présidente des députés RN, a annoncé sa participation à la cérémonie de transfert au Panthéon à Paris des cendres de Missak Manouchian, résistant communiste d'origine arménienne fusillé par l'occupant nazi avec son groupe de combattants étrangers.

Les membres du comité de soutien à son entrée au Panthéon, nécropole laïque des "Grands Hommes" français, jugent la présence de Marine Le Pen à la cérémonie "insupportable" même s'ils respecteront les usages "institutionnels".

"Côtoyer Madame Le Pen n’est pas le plus grand de nos plaisirs mais je ne suis pas à la manoeuvre et je respecte les institutions", a déclaré le président du comité, Jean-Pierre Sakoun, à l'AFP.

"Il y a une seule question à poser à Madame Le Pen : +êtes-vous en quoi que ce soit les héritiers d'un parti fondé par des nazis et des collaborationnistes ?+", a lancé M. Sakoun. "La réponse ne peut pas être +peut-être+. C'est oui ou non", a-t-il martelé.

Le chef de l'Etat avait dimanche, dans le journal communiste l'Humanité, estimé que l'absence du RN à la cérémonie s'imposait "compte tenu de la nature du combat de Manouchian".

Mme Le Pen a dénoncé, via son entourage, les "propos outrageants" de M. Macron. Le président du RN, Jordan Bardella, a estimé que "le président de la République n'a pas à trier qui sont selon lui les bons et les mauvais élus de la République française".

Mme Le Pen avait pourtant renoncé la semaine dernière à se rendre à l'hommage national rendu à Robert Badinter, le ministre de la Justice artisan de l'abolition de la peine de mort en 1981, où elle était dûment invitée, protocole oblige, mais dont la présence n'était pas souhaitée par la famille.

Dans son entretien au quotidien communiste, le chef de l'État avait d'ailleurs comparé les deux cérémonies pour justifier ses réserves, convoquant "l'esprit de décence" et estimant que "le rapport à l'histoire devraient conduire (les responsables RN) à faire un choix".

«Héritiers de Vichy»

Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias a estimé que les responsables du RN, issu du Front national de Jean-Marie Le Pen, sont "les héritiers de Vichy", le régime de collaboration avec les nazis du maréchal Pétain, "et d'une vision ethnique de la nation", en contradiction avec le sens de la cérémonie.

L'entrée au Panthéon mercredi de Missak Manouchian se veut un "acte de reconnaissance" de la résistance communiste et étrangère à l'occupant allemand, dont aucune figure n'avait eu droit jusqu'alors à cet honneur.

L'ouvrier et poète sera accompagné de son épouse, Mélinée, également résistante. Les 22 membres du groupe Manouchian, fusillés pour la plupart comme lui le 21 février 1944 dans la clairière du Mont-Valérien, près de Paris, ainsi que leur chef de réseau Joseph Epstein y entreront de façon symbolique, sous la forme d'une plaque portant leur nom.

Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, s'est lui aussi dit favorable à ce que les membres du RN renoncent à leur participation à la cérémonie. Il a renvoyé Marine Le Pen à "ses ascendants" qui, "dans l'histoire", ont selon lui "contribué à ce (que) soient fusillés" ceux à qui la République doit rendre hommage.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.