Occident et Russie face à face au G20 accueilli par le Brésil

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken arrive à Brasilia (Photo, AP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken arrive à Brasilia (Photo, AP).
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (Photo, AFP).
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (Photo, AFP).
Un panneau du G20 Brésil est installé sur un pont devant le bidonville de Rocinha à Rio de Janeiro, au Brésil, le 15 février 2024 (Photo, AFP).
Un panneau du G20 Brésil est installé sur un pont devant le bidonville de Rocinha à Rio de Janeiro, au Brésil, le 15 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 21 février 2024

Occident et Russie face à face au G20 accueilli par le Brésil

  • Le Brésil assure depuis décembre la présidence de ce groupe, dont le sommet des chefs d'Etat aura lieu en novembre, également à Rio
  • Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit retrouver le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov

RIO DE JANEIRO: Les Occidentaux et la Russie vont se faire face mercredi et jeudi au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du G20 au Brésil, en pleine crise diplomatique entre ce pays latino-américain et Israël à propos de la guerre à Gaza.

Deux ans après le début de la guerre en Ukraine, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit retrouver le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans ce forum qui se déroule à Rio de Janeiro.

Mais le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, ne sera pas présent à ce premier grand rendez-vous de l'année du G20.

Le Brésil assure depuis décembre la présidence de ce groupe, dont le sommet des chefs d'Etat aura lieu en novembre, également à Rio.

Pour le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le G20 "est le forum le plus à même d'influer de façon positive sur l'ordre du jour international".

Mais ses ambitions de se poser en médiateur dans les crises mondiales semblent avoir été compromises dimanche, quand il a déclenché une tempête diplomatique en comparant l'offensive israélienne à Gaza et la Shoah. Ces propos lui ont valu d'être déclaré "persona non grata" en Israël.

Arrivé mardi soir au Brésil, le chef de la diplomatie américaine a eu un entretien mercredi matin avec Lula au palais présidentiel à Brasilia. Ils n'ont pas fait de déclarations à la presse.

Soutien diplomatique et militaire d'Israël, les Etats-Unis, qui ont mis mardi leur veto à un nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant un cessez-le-feu immédiat, rejettent les accusations de "génocide" contre Israël.

"Si Lula pensait proposer des résolutions de paix pendant le G20, non seulement pour le Proche-Orient mais aussi pour l'Ukraine, je pense que ce n'est plus d'actualité", a dit à l'AFP Igor Lucena, un spécialiste brésilien des relations internationales.

Les perspectives sont sombres aussi pour le conflit en Ukraine, sur lequel les membres du G20 sont également divisés.

Malgré les pressions de pays occidentaux en vue de condamner l'invasion russe, le précédent sommet du groupe, en septembre à New Delhi, avait accouché d'un communiqué final vague.

Le texte dénonçait l'usage de la force mais sans citer la Russie de Vladimir Poutine, qui entretient des liens étroits avec des membres du G20 comme l'Inde et le Brésil.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron compte de son côté profiter de sa présence au G20 pour dénoncer "l'agression russe" en Ukraine "directement" auprès de son homologue russe, selon un communiqué de son ministère.

Samedi, les membres du G7, qui comprend Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada, tous alliés de l'Ukraine, devraient discuter au cours d'une réunion virtuelle d'un durcissement des sanctions contre Moscou.

«Eteindre des incendies»

La séance d'ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, qui aura lieu sur le site de Marina da Gloria, un port de plaisance avec une vue imprenable sur la baie de Rio, doit porter mercredi après-midi sur les "tensions internationales".

Les débats de jeudi matin sont censés aborder une "réforme de la gouvernance globale", un sujet cher au Brésil, qui veut donner plus de poids aux pays du Sud dans des institutions comme l'ONU, le FMI et la Banque mondiale.

"Nous sommes revenus au niveau de la Guerre froide pour ce qui est du nombre des conflits et de leur gravité, ce qui confère à ce sujet une tout autre urgence", a dit mardi Mauricio Lyrio, un diplomate brésilien impliqué dans l'organisation du G20.

"Actuellement, on se contente d'éteindre des incendies (...). Il faut adapter le système international pour qu'il permette la prévention de nouveaux conflits", a-t-il ajouté.

Les deux autres priorités de la présidence brésilienne du G20 sont la lutte contre la faim et le réchauffement climatique.

Des rendez-vous bilatéraux sont également prévus en marge de la réunion à Rio mais une rencontre entre MM. Blinken et Lavrov semble improbable au vu des tensions qui ont suivi l'annonce vendredi de la mort en prison de l'opposant russe Alexeï Navalny.

Leur dernière entrevue remonte à mars 2023, à l'occasion d'une réunion du G20 en Inde.

Fondé en 1999, le G20 rassemble la plupart des principales économies mondiales, ainsi que l'Union européenne et l'Union africaine.

Sa vocation était dans un premier temps surtout économique mais il s'est de plus en plus saisi des sujets brûlants de l'actualité mondiale.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.