Médaille des CRS à Bardella: Darmanin rappelle les règles de visite de services de police

Le président du RN Jordan Bardella (Photo, AFP).
Le président du RN Jordan Bardella (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Médaille des CRS à Bardella: Darmanin rappelle les règles de visite de services de police

  • Le ministre a demandé un rapport administratif au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant Jordan Bardella recevoir une médaille des mains du commandant d'une compagnie de CRS
  • M. Darmanin rappelle que la visite des services de police et de gendarmerie «n'est pas un droit accordé aux parlementaires et aux élus»

PARIS: Gérald Darmanin a rappelé dans une note adressée aux préfets ainsi qu'aux responsables de la police et de la gendarmerie les règles de visite des services de police par des élus, après que le président du RN a reçu une médaille d'une compagnie de CRS.

Dans ce télégramme daté de mercredi et consulté par l'AFP, le ministre de l'Intérieur souligne que le "contexte pré-électoral lié aux élections européennes suscite une multiplication des visites de parlementaires dans les services de police et de gendarmerie ainsi que dans les lieux de privation de liberté".

"Je vous demande de faire preuve de discernement", y poursuit-il.

Le ministre a demandé mardi un rapport administratif au lendemain de la diffusion d'une vidéo sur X montrant Jordan Bardella, président du RN et tête de liste de son parti aux européennes, recevoir une médaille des mains du commandant d'une compagnie de CRS des Alpes-maritimes.

Droit accordé uniquement à l’autorité administrative 

Mardi déjà, l'entourage de M. Darmanin avait estimé auprès de l'AFP qu'il y avait eu "manifestement une erreur d'appréciation lors de l'acceptation de cette visite" par le préfet des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh, un proche du ministre.

Dans son télégramme, M. Darmanin rappelle que la visite des services de police et de gendarmerie "n'est pas un droit accordé aux parlementaires et aux élus" et qu'elle "relève de l'appréciation de l'autorité administrative, qui peut l'accorder au nom de la courtoisie républicaine dans le respect de la déontologie et du secret professionnel".

Il insiste sur le fait que "toute action de communication politique dans les services de police et de gendarmerie est proscrite" au nom du "principe de neutralité du service public".

Enfin, il relève que "la prise de son ou d'images dans les services doit être strictement encadrée au regard des impératifs de sécurité et de confidentialité et ne peut en aucun cas concerner les lieux de privation de liberté".

S'agissant de ces derniers, il rappelle que "les parlementaires peuvent être uniquement accompagnés de journalistes titulaires d'une carte professionnelle, hormis pour la visite des locaux de garde à vue".


Gaza: un député LFI brandit un drapeau palestinien, tumulte et exclusion à l'Assemblée

Alors que le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, répondait à la députée LFI Alma Dufour lors de la séance des questions au gouvernement, et que le terme "génocide" fusait depuis les rangs des La France insoumise, le député des Bouches-du-Rhône s'est brusquement levé et a déployé un drapeau palestinien dans l'hémicycle. (AFP).
Alors que le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, répondait à la députée LFI Alma Dufour lors de la séance des questions au gouvernement, et que le terme "génocide" fusait depuis les rangs des La France insoumise, le député des Bouches-du-Rhône s'est brusquement levé et a déployé un drapeau palestinien dans l'hémicycle. (AFP).
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  • Les Insoumis ont embrasé l'Assemblée nationale mardi, en interpellant le camp présidentiel sur la situation à Rafah, dans la bande de Gaza
  • Le tumulte s'est poursuivi jusqu'à la salle des Quatre-Colonnes, point de rencontre entre élus et journalistes, où le député LFI David Guiraud et le LR Meyer Habib ont échangé des invectives

PARIS: Un drapeau palestinien brandi en plein hémicycle, une vive altercation aux Quatre-Colonnes et pour finir l'exclusion du député Sébastien Delogu : les Insoumis ont embrasé l'Assemblée nationale mardi, en interpellant le camp présidentiel sur la situation à Rafah, dans la bande de Gaza.

Alors que le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, répondait à la députée LFI Alma Dufour lors de la séance des questions au gouvernement, et que le terme "génocide" fusait depuis les rangs des La France insoumise, le député des Bouches-du-Rhône s'est brusquement levé et a déployé un drapeau palestinien dans l'hémicycle.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a immédiatement suspendu la séance, avant de s'entretenir dans le brouhaha au pied de la tribune avec les différents présidents de groupe.

Le tumulte s'est poursuivi jusqu'à la salle des Quatre-Colonnes, point de rencontre entre élus et journalistes, où le député LFI David Guiraud et le LR Meyer Habib ont échangé des invectives.

"Ce monsieur est un porc, il fait honte à la France", a lancé M. Guiraud, pris à parti par M. Habib pendant une interview. "Espèce de pourriture", a répondu le second.

Les huissiers se sont interposés entre les deux hommes, qui sont entrés en contact physique.

A la reprise de la séance, Mme Braun-Pivet a annoncé convoquer "immédiatement" le bureau de l'Assemblée nationale, sa plus haute instance exécutive. Le bureau, se déroulant "dans une ambiance tendue" selon un participant, a proposé d'imposer la sanction maximale au député.

Celle-ci a été approuvée par un vote "assis levé" dans l'hémicycle, la majorité, la droite et l'extrême droite votant pour, et la gauche se prononçant largement contre.

M. Delogu a été exclu des travaux de l'Assemblée nationale pour quinze jours de séance et va être privé de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois. C'est la troisième fois sous cette législature que cette sanction est prononcée, après celles prises contre les députés Thomas Portes (LFI) et Grégoire de Fournas (RN).

Elle l'a été sur le fondement de l'article 70 du règlement de l'Assemblée nationale qui prévoit que puisse être sanctionné tout député "qui se livre à des manifestations troublant l’ordre ou qui provoque une scène tumultueuse".

Dans un communiqué, la présidence rappelle que M. Delogu a déjà été sanctionné à trois reprises. "Les provocations et les outrances visant à empêcher la tenue des débats n’ont pas leur place dans notre hémicycle", souligne Mme Braun-Pivet.

V de la victoire 

Le Marseillais est sorti en faisant le V de la victoire, félicité par certains collègues.

D'autres députés de son camp ont quitté l'hémicycle, tandis qu'éclataient des applaudissements sur les bancs de la droite, de la majorité et de l'extrême droite pour saluer cette sanction.

Auprès de la presse, M. Delogu a affirmé que son geste était une "initiative personnelle", mais il a reçu l'onction du chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon.

"Sa punition est une décoration pour l'insoumis Delogu. Et une honte pour toujours pour ceux qui l'ont votée. Embargo sur les armes, reconnaissance de l'État de Palestine", a réagi ce dernier sur X.

"On ne pouvait pas rester en séance publique avec une telle provocation. C'est la dernière étape d'une stratégie de brutalisation du débat public. M. Delogu (...) ne fait progresser en rien la paix au Proche-Orient", a à l'inverse critiqué le député Mathieu Lefèvre (Renaissance), président du groupe d'amitié France-Israël.

Sur X, le président de LR Eric Ciotti s'est dit "indigné" de l'attitude de l'élu. "Les Insoumis n'ont qu'un but: flatter une hypothétique clientèle électorale à quelques jours des européennes".

L'Insoumis Eric Coquerel a, au contraire, pointé sur le même réseau social la "partialité de la majorité du bureau de l'Assemblée et de sa présidente", alors que "sous le dernier mandat, le député Sébastien Nadot n'avait eu qu'un rappel à l'ordre avec amende pour avoir déployé une banderole +au Yémen la France tue+".

La députée PS Valérie Rabault, membre du bureau, a expliqué avoir voté contre la sanction maximale au nom de la "jurisprudence" jusqu'alors appliquée.

Alma Dufour avait interpellé avec virulence le gouvernement sur la situation à Gaza, l'accusant de n'avoir pris "aucune sanction contre les assassins", alors que depuis huit mois "deux millions de personnes (vivent) en enfer, en enfer car elles sont enfermées sans eau, sans nourriture, sans médicaments".


Entre Larcher et Macron, poker menteur pour Matignon

Le ministre français de l'Éducation et de la Jeunesse, Gabriel Attal, arrive pour donner une conférence de presse pour présenter un plan visant à lutter contre le harcèlement scolaire à l'hôtel Matignon à Paris, le 27 septembre 2023. (AFP)
Le ministre français de l'Éducation et de la Jeunesse, Gabriel Attal, arrive pour donner une conférence de presse pour présenter un plan visant à lutter contre le harcèlement scolaire à l'hôtel Matignon à Paris, le 27 septembre 2023. (AFP)
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  • La rumeur d'un Gérard Larcher à Matignon n'est pas nouvelle. Mais elle est repartie de plus belle ces dernières semaines
  • La discussion budgétaire pourrait rebattre les cartes à l'automne, offrant une fenêtre à la droite pour censurer le gouvernement

PARIS: Après les européennes, "il faudra bien qu'on apporte une réponse", dit Gérard Larcher. Face à à la perspective d'une victoire écrasante du RN le 9 juin, l'idée d'une coalition entre la droite et la majorité, voire d'une promotion du président du Sénat à Matignon, gagne du terrain.

Constitution oblige --le président du Sénat assure l'intérim en cas de vacance de la présidence de la République-- Gérard Larcher et Emmanuel Macron ne prennent jamais le même avion. Mais depuis 2017, ils sont dans le même bateau. Un dialogue serré entre le leader du "nouveau monde" et le tenant de l'ancien, patron de la Chambre haute et première figure institutionnelle d'opposition.

La rumeur d'un Gérard Larcher à Matignon n'est pas nouvelle. Mais elle est repartie de plus belle ces dernières semaines. "Tout le monde bruisse de rendez-vous secrets. Depuis le 7 mars (date de leur dernier entretien, ndlr), il n'y en a pas eu. Je ne suis demandeur de rien", affirme M. Larcher auprès de l'AFP.

Mais "on peut se réveiller le 10 juin au matin avec une forme de gueule de bois démocratique", avertit le président du Sénat. "Au delà de ma seule personne il faut d’abord qu’on fasse le point. Peut-on continuer le cabotage actuel? Quel est l’intérêt du pays?".

Quant à Matignon, "le gaulliste que je suis sait que (la décision, ndlr) appartient au président de la République et à lui seul".

Pas exactement une fin de non-recevoir. Comme le patron des Républicains (LR) Eric Ciotti qui, la semaine dernière, tout en n'ayant pas de mots assez durs contre la politique menée par le gouvernement, n'a pas formellement écarté l'hypothèse d'une coalition.

Depuis 2022, l'équation semble insoluble. Avant sa réélection, Emmanuel Macron se dit conscient de devoir rassembler au-delà de son camp. Deux mois plus tard, le président réélu perd sa majorité absolue. Les tractations avec LR pour une coalition échouent rapidement.

"LR n'en voulait pas. Leur ciment, c'est l'anti-macronisme", explique un acteur des discussions.

Quant au camp présidentiel, "déjà ça les emmerde d'avoir une coalition avec moi. Alors, vous imaginez...", expliquait Edouard Philippe à un proche, fin 2022.

Déjà «garder sa majorité»

Après les dernières législatives, "j'ai dit que (...) dans n'importe quelle démocratie dans le monde, la majorité relative se serait tournée vers le parti le plus proche d'elle (...) pour créer une coalition". "Je n'ai pas changé d'avis. Mais en 2024, ça me semble beaucoup plus difficile" à faire, a jugé dimanche le maire du Havre.

Dans le camp Macron, l'idée a ses adeptes. "Plus le score de la majorité présidentielle sera faible (aux européennes) et moins la dissolution sera crédible". Or "moi, mon obsession, c'est comment on finit le quinquennat", explique un ministre.

Le scénario chemine notamment dans l'aile gauche de la macronie. "J'avoue qu'en 2022, je n'étais pas du tout pour ça". "Mais d'un point de vue démocratique et parlementaire, c'est le résultat des élections de 2022 qu'on n'a jamais voulu admettre, ni nous, ni eux", relève un de ses membres.

L'idée ne fait cependant pas l'unanimité chez des macronistes échaudés par la réforme des retraites et la loi immigration, et alors que les LR votent déjà, bon gré mal gré, des textes avec la majorité.

"Avant de penser à l'élargir, il faut garder sa majorité", souligne une ministre, qui évoque les réticences du MoDem de François Bayrou. Quant à M. Larcher, "il n'embarque pas un député LR".

La discussion budgétaire pourrait rebattre les cartes à l'automne, offrant une fenêtre à la droite pour censurer le gouvernement.

Un important acteur LR se dit favorable à une telle censure. "Mais Macron va tout faire pour (l')éviter. Pour y parvenir, il peut demander à Attal d'élargir plus avec un débauchage généralisé. Ou alors il confie les clés à quelqu'un comme Gérard Larcher, car un gouvernement avec LR ne serait pas censuré".

Une hypothèse qu'un proche d'Emmanuel Macron décrit comme une "espèce de martingale qui ne se concrétise jamais".

"C’est toujours pareil: ce qu’on gagne d’un côté, est-ce qu’on le perd de l'autre? Mettre à Matignon quelqu'un d’un parti qui aura fait 7% ou dans ces eaux-là est-ce que ça a du sens? Beaucoup dépendra des scores du 9 juin. Après il ne faut jamais dire jamais", commente cette source.


Agents sportifs employés sans licence: Saïd Chabane, propriétaire du SCO d’Angers, relaxé

Le président du club de football d'Angers SCO, Saïd Chabane (Photo, AFP).
Le président du club de football d'Angers SCO, Saïd Chabane (Photo, AFP).
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  • Un seul des quatre autres prévenus dans cette affaire a été reconnu coupable de l'exercice illégal de la profession d'agent sportif
  • Fin mars, le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis contre la figure emblématique du football angevin

 

BOBIGNY: Saïd Chabane, propriétaire du club de football du SCO Angers, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Bobigny des faits de complicité d'exercice illégal de la profession d’agent sportif et de blanchiment.

"Vous étiez entouré de professionnels pour la rédaction de contrats, ce qui est une démarche visant à être en conformité avec la profession", a indiqué, à l'attention de M. Chabane, la présidente du tribunal pour expliquer cette décision.

Fin mars, le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis contre la figure emblématique du football angevin.

Toujours propriétaire du SCO, Saïd Chabane en a laissé la présidence à son fils peu de temps avant sa garde à vue en avril 2023.

Mardi, son avocat Bernard Benaiem a salué cette relaxe qu'il considère comme "la conséquence logique d'un dossier dans lequel M. Chabane n'avait strictement rien à faire".

Durant l'audience fin mars, le tribunal s'est penché toute une semaine sur l'écosystème opaque et la nébuleuse de transactions financières autour des clubs et jeunes joueurs de football.

Une personne reconnue coupable 

Un seul des quatre autres prévenus dans cette affaire a été reconnu coupable de l'exercice illégal de la profession d'agent sportif et condamné à 18 mois de prison avec sursis.

Le tribunal a estimé que certains transferts d'argent reçus par Jalal Benalla, ex-sportif de haut niveau, quelques jours seulement après des transferts de joueurs entre clubs, constituaient des "opérations d'autant plus suspectes que tous les documents de contrats" signés par un agent non poursuivi dans le dossier "sont retrouvés à (son) domicile."

C'est "un faisceau d’indices" qui a amené le tribunal à reconnaître coupable d'exercice illégal d'agent sportif l'ancien judoka qui n'était officiellement employé qu'en qualité de préparateur physique et psychologique. L'homme de 41 ans a également été condamné à une interdiction d'exercer la profession d'agent sportif pendant un an.

Relégué en Ligue 2 l'année dernière, le SCO d'Angers est parvenu à remonter en Ligue 1 en prenant cette saison la deuxième place au classement derrière Auxerre.