En Grèce, des seniors en quête d'habitat partagé face à la précarité

Une femme vérifie le plan d'un appartement qu'elle envisage d'habiter avec un colocataire à Athènes le 14 février 2024, dans le cadre de ce que l'on appelle le "logement solidaire". (AFP).
Une femme vérifie le plan d'un appartement qu'elle envisage d'habiter avec un colocataire à Athènes le 14 février 2024, dans le cadre de ce que l'on appelle le "logement solidaire". (AFP).
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Publié le Vendredi 23 février 2024

En Grèce, des seniors en quête d'habitat partagé face à la précarité

  • Depuis que la Grèce a tourné la page des années de crise financière, les loyers ont augmenté de plus de 20% à Athènes, selon la Banque de Grèce
  • Dans un pays à la population vieillissante, l'idée d'habitat partagé entre personnes âgées gagne du terrain face au recul de l'Etat providence, l'augmentation des loyers et la cherté de la vie

ATHENES: Dans un café athénien, Malamo, Thalia, Maria et Tonia se penchent sur les plans d'un immeuble appelé à être rénové pour devenir une "habitation solidaire" pour seniors, une première en Grèce face à la précarité grandissante des personnes âgées.

Dans un pays à la population vieillissante, l'idée d'habitat partagé entre personnes âgées gagne du terrain face au recul de l'Etat providence, l'augmentation des loyers et la cherté de la vie.

"Les prestations sociales diminuent, les retraites restent basses et les prix des logements s'envolent ce qui accroît le sentiment" de précarité, explique à l'AFP Malamo Stergiou, ancienne employée du privé aujourd'hui en retraite.

Depuis que la Grèce a tourné la page des années de crise financière, les loyers ont augmenté de plus de 20% à Athènes, selon la Banque de Grèce.

Pour Malamo Stergiou tout est parti il y a deux ans du groupe Facebook baptisé "Kinotites sygatikikis" (communautés de cohabitation) qu'elle a fondé "pour les seniors et les non seniors".

Rapidement ce groupe dont la vocation est de promouvoir l'habitat partagé entre seniors, a atteint 8.000 abonnés.

En septembre dernier, Malamo Stergiou fonde l'ONG Nama pour financer la rénovation d'un immeuble de quatre étages à Athènes, proposé par son propriétaire pour un loyer modéré.

La bâtiment qui date de 1938 comprendra "15 appartements indépendants et des espaces communs pour la vie sociale des locataires", détaille-elle.

La rénovation va commencer "dès que possible", ajoute-t-elle et les habitants ne payeront qu'un loyer modéré.

Comme la majorité des adeptes du projet, Malamo Stergiou vit seule. Sa fille unique travaille à l'étranger.

« Ecroulement démographique »

Le départ de nombreux jeunes partis pour de meilleurs salaires à l'étranger pendant la crise a frappé de plein fouet la famille traditionnelle grecque : de nombreuses personnes âgées se sont retrouvées seules sans le soutien de leurs enfants.

"Ce qui manque c'est la solidarité face aux problèmes quotidiens, financiers ou émotionnels", résume Thalia Novaki, fonctionnaire retraitée.

Depuis plus d'un an, un autre groupe Facebook avec le même but a vu le jour à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce.

"J'ai peur de la solitude, je ne suis pas propriétaire et l'idée de cohabiter me réjouit", confie Olympia Manoussoyannaki, professeure du secondaire, proche de l'âge de la retraite.

Des membres du collectif ont visité des structures en Allemagne et au Danemark pour s'informer sur "les outils nécessaires pour y arriver", relève Filippos Polatsidis, 48 ans, employé, l'un des fondateurs du collectif.

Avec 22,7% de sa population âgée de 65 ans et plus en 2021, la Grèce figure en quatrième position sur la liste des 27 pays de l'UE ayant le plus grand nombre de personnes âgées après l'Italie (23,8%), le Portugal (23,7%) et le Finlande (23,1%), selon Eurostat.

Et avec un taux de fécondité à 1,43 enfant par femme en 2021, la Grèce reste en dessous de la moyenne de l'UE (1,53 en 2021), selon Eurostat.

Pour le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, la Grèce subit un "écroulement démographique" et le vieillissement de la population constitue "un danger national".

Mesures « inclusives »

Pour y parer, le gouvernement a annoncé une hausse de la prime à la naissance, à 2.400 euros pour le premier enfant, 2.700 euros au deuxième et à 3.000 euros au troisième.

Mais des experts préviennent que les mesures ne doivent pas seulement viser à accroître les naissances.

"Il faut répondre aux besoins des familles" avec des infrastructures pour la garde des enfants et des aides aux parents et "à ceux des personnes âgées", estime Valia Aranitou, professeure de Sociologie à l'Université d'Athènes.

Le déclin démographique se manifeste surtout en province. Athènes et Thessalonique rassemblent à elles deux presque la moitié des 10,4 millions d'habitants du pays.

Petrokerassa, un village près de Thessalonique, qui a perdu plus de la moitié de sa population ces dernières décennies, ne compte plus que 137 habitants dont 80% de seniors.

"Nous sommes ici tous seuls avec nos problèmes. L'hiver si on appelle à l'aide, personne ne nous entend. On n'a même pas un magasin pour les produits nécessaires", déplore Thodoris Yannoudis, 62 ans, bûcheron.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.