«Catastrophe environnementale»: Le gouvernement yéménite demande de l'aide pour sécuriser le navire attaqué par les Houthis

Sur cette image satellite fournie par Planet Labs, le vraquier Rubymar, battant pavillon bélizien, est observé dans le sud de la mer Rouge, près du détroit de Bab el-Mandeb, fuyant du pétrole après une attaque des Houthis du Yémen, le 20 février 2024 (Photo, AP).
Sur cette image satellite fournie par Planet Labs, le vraquier Rubymar, battant pavillon bélizien, est observé dans le sud de la mer Rouge, près du détroit de Bab el-Mandeb, fuyant du pétrole après une attaque des Houthis du Yémen, le 20 février 2024 (Photo, AP).
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Publié le Dimanche 25 février 2024

«Catastrophe environnementale»: Le gouvernement yéménite demande de l'aide pour sécuriser le navire attaqué par les Houthis

  • Le Commandement central des États-Unis a déclaré qu'une fuite de carburant provenant du Rubymar avait créé une nappe de pétrole de 18 miles de long dans la mer Rouge
  • Le gouvernement yéménite a exhorté la communauté internationale à agir rapidement

AL-MUKALLA : Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a demandé l'aide de la communauté internationale pour contrôler une marée noire et une fuite potentielle de produits chimiques dans la mer Rouge, causées par une attaque des Houthis sur un cargo.

Dans un communiqué publié vendredi, le Commandement central des États-Unis a indiqué qu'une fuite de carburant du Rubymar, un navire frappé la semaine dernière par un missile des Houthis et abandonné par son équipage, avait créé une nappe de pétrole de 18 milles de long dans la mer Rouge.

Les 41 000 tonnes d'engrais qui se trouvent à bord du navire exploité par le Liban, appartenant au Royaume-Uni et battant pavillon bélizien risquent également de se déverser dans la mer et de provoquer une catastrophe écologique, ajoute le communiqué.

SABA, l'agence de presse nationale du Yémen, a déclaré que le Premier ministre, Ahmed Awad ben Moubarak, avait mis en place un comité d'urgence, exhortant les autres pays et les organisations environnementales à contribuer à la prévention des dommages écologiques dans la mer Rouge.

Le gouvernement yéménite a exhorté la communauté internationale à agir rapidement pour empêcher que l’« importante quantité » de carburant et d'ammoniac du navire ne se déverse dans la mer, ajoutant que le Rubymar avait été frappé et abandonné au sud des îles Hanish.

À Sanaa, les Houthis ont imputé l'incident du Rubymar aux États-Unis et au Royaume-Uni, accusant les navires visés de ne pas tenir compte des avertissements et de violer l'embargo de la milice sur Israël.

« L'objectif de nos actions militaires est de modifier l’itinéraire des navires israéliens, et non de les capturer, de les détourner ou de les couler. Néanmoins, l'insistance des États-Unis et de la Grande-Bretagne à violer l'embargo partiel sur Israël est à l'origine de cette escalade », a déclaré le chef des Houthis, Mohammed al-Bukhaiti, sur la chaîne de télévision X.

Depuis novembre, les Houthis se sont emparés d'un navire commercial et ont lancé des centaines de drones et de missiles contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge, à Bab el-Mandeb et dans le golfe d'Aden, tout en dissuadant les navires liés à Israël de traverser la mer Rouge. La milice affirme que sa campagne vise à forcer Israël à lever le siège de Gaza.

Les assauts des Houthis sur la mer Rouge ont incité les États-Unis à organiser une alliance de pays pour protéger la mer Rouge et à lancer des centaines de frappes aériennes sur les zones du Yémen contrôlées par les Houthis.

Samedi, le Commandement central des États-Unis a déclaré que ses forces avaient détruit sept missiles de croisière antinavires mobiles des Houthis qui étaient sur le point d'être lancés depuis le Yémen sur des navires de la marine américaine et des navires commerciaux étrangers.

Malgré les bombardements intensifs des États-Unis et du Royaume-Uni, les Houthis ont promis de continuer à attaquer les navires en mer Rouge si Israël n'autorise pas l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza.

Un groupe de spécialistes du Yémen a exhorté les États-Unis à fournir une aide militaire au gouvernement yéménite afin de saper la campagne des Houthis en mer Rouge.

Dans un article commun publié par l'American Enterprise Institute, un groupe de réflexion basé à Washington, Nadwa al-Dawsari, Casey Coombs, Ibrahim Jalal, Kenneth M. Pollack, Baraa Shiban et Katherine Zimmerman ont mis en doute l'utilité des frappes aériennes américaines et britanniques pour mettre fin à la campagne des Houthis en mer Rouge.

Bien que les frappes aient réduit la fréquence et l'intensité des attaques des Houthis, les États-Unis doivent armer et former les troupes gouvernementales yéménites pour l’emporter contre la milice, ont-ils déclaré.

« Les États-Unis devraient commencer à soutenir pleinement le gouvernement qu'ils reconnaissent au Yémen et lui fournir les moyens nécessaires pour gagner contre les Houthis », ont souligné les experts. « L'affaiblissement des Houthis dans le contexte de la guerre civile est le seul moyen de les empêcher de consolider leur position en tant qu'intermédiaires du pouvoir au Yémen et de projeter davantage de puissance à l'étranger, y compris dans le domaine maritime. »

« Ce n'est que lorsqu'ils seront directement menacés et en position de perdants que les Houthis – et peut-être les Iraniens – repenseront leur politique actuelle. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes dans le sud, bombardement près de Beyrouth

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  • C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté
  • Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin

TYR: Des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts jeudi dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa "zone de combat" contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a en outre annoncé avoir mené une "frappe ciblée" à Beyrouth, qui, selon une source militaire libanaise à l'AFP, a visé un appartement à Choueifat, une ville en bordure de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté.

Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin. Et en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord.

Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne dans l'est et le sud du Liban, avertissant mercredi soir qu'il considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Véhicule visé 

L'armée a bombardé jeudi dès l'aube plusieurs régions et villes dans le sud du Liban, faisant au moins 14 morts, selon les autorités.

A Saïda, ville côtière qui relie Beyrouth au sud, une frappe a visé vers 02H00 locales (mercredi 23H00 GMT) un immeuble résidentiel et fait cinq morts et 21 blessés, selon le ministère de la Santé.

Le raid a détruit les deux premiers étages du bâtiment, a constaté un correspondant de l'AFP. Les équipes de secours ont travaillé toute la nuit à évacuer les victimes.

Une autre attaque par drone a été menée à l'aube contre une voiture circulant sur une autoroute de la même région, tuant six personnes, dont deux enfants et leurs parents, a indiqué le ministère.

La Défense civile a par ailleurs fait état à l'AFP de plusieurs frappes plus au sud, en plein coeur de la ville côtière de Tyr et dans ses environs, à la suite d'ordres d'évacuation adressés aux habitants. L'une a touché une moto près d'une caserne de l'armée, tuant deux ressortissants syriens, dont un enfant, selon les autorités.

Un photographe de l'AFP a vu à l'aube un épais panache de feu et de fumée s'élever au-dessus de la ville, au milieu de détonations.

L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un militaire dans une frappe israélienne, "alors qu'il circulait" dans la région de Nabatiyé, plus à l'est.

"Nous restons ici" 

En frappant la ville millénaire de Tyr, "c'est son histoire et sa civilisation" qu'Israël veut viser, accuse Ghazouane Halawani, qui vit près d'un immeuble touché par une frappe.

Malgré les bombardements, il ne veut pas quitter sa ville. "Nous restons ici, c'est notre pays, notre terre, notre vie", dit-il à l'AFP.

Le Hezbollah continue de son côté de revendiquer des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes qui tentent d'avancer dans le sud.

Depuis le 17 avril, l'armée israélienne a continué ses frappes et ses opérations militaires au Liban.

Le Hezbollah, de son côté, a d'abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban avant de multiplier les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël après l'assassinat d'un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.

Une soldate israélienne a été tuée jeudi près de la frontière avec le Liban par l'explosion d'un drone tiré par le Hezbollah, a annoncé l'armée israélienne, ce qui porte à 24 le nombre de morts dans ses rangs depuis la reprise des hostilités début mars, quand le Hezbollah a tiré sur Israël en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.

Les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.269 personnes depuis, selon un dernier bilan officiel mercredi.

 


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.