Ukraine: le G7 promet que le «coût de la guerre» va croître pour Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la première ministre italienne Giorgia Meloni et le premier ministre canadien Justin Trudeau assistent à une vidéoconférence avec les dirigeants du G7, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, à Kiev, en Ukraine, le 24 février. 2024. (Photo, Reuters)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la première ministre italienne Giorgia Meloni et le premier ministre canadien Justin Trudeau assistent à une vidéoconférence avec les dirigeants du G7, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, à Kiev, en Ukraine, le 24 février. 2024. (Photo, Reuters)
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Publié le Dimanche 25 février 2024

Ukraine: le G7 promet que le «coût de la guerre» va croître pour Moscou

  • Le G7 a promis samedi de "faire monter le coût de la guerre" en Ukraine à Moscou, à l'issue d'un sommet virtuel où Volodymyr Zelensky a exhorté ses alliés à livrer leur aide militaire à «temps»
  • Selon l'agence italienne AGI, Mme Meloni et M. Zelensky ouvriront la réunion à 16H00 GMT à la cathédrale Sainte-Sophie dans le centre de Kiev

KIEV: Le G7 a promis samedi de "faire monter le coût de la guerre" en Ukraine à Moscou, à l'issue d'un sommet virtuel où Volodymyr Zelensky a exhorté ses alliés à livrer leur aide militaire à "temps" à son pays affaibli à l'aube d'une troisième année de guerre.

"Nous continuerons à faire monter le coût de la guerre russe, à baisser ses sources de revenus et empêcher ses efforts pour construire sa machine de guerre, comme le montrent les paquets de sanctions que nous avons récemment adoptés", ont affirmé les dirigeants du G7 dans un communiqué.

Les alliés de Kiev ont aussi dénoncé l'aide apporté par Téhéran, Pékin et Pyongyang à Moscou, et promis d'"agir contre les acteurs tiers qui soutiennent matériellement la guerre de la Russie".

Plus tôt, le président ukrainien leur avait demandé de l'aide militaire, et vite.

"Vous savez très bien ce dont nous avons besoin pour protéger notre ciel, pour renforcer notre armée terrestre, ce dont nous avons besoin pour soutenir et continuer nos réussites en mer, et vous savez parfaitement bien que nous avons besoin de cela à temps, et nous comptons sur vous", a-t-il déclaré.

Après deux ans jour pour jour d'une guerre éprouvante, l'armée ukrainienne est en manque d'effectif et réclame des munitions et davantage de système de défense aérienne pour contenir une armée russe à l'offensive.

Kiev est actuellement privée d'une aide de son principal allié américain de 60 milliards de dollars, bloquée par les rivaux républicains du président démocrate Joe Biden, et celle des Européens a pris du retard.

L'Ukraine "vaincra" la Russie, a malgré tout proclamé M. Zelensky dans un discours à l'aéroport militaire de Gostomel, près de Kiev, théâtre d'une bataille clé avec les Russes dans les premiers jours de l'invasion.

«Poutine doit perdre»

"Nous nous battons pour cela. Depuis 730 jours dans notre vie. Et nous vaincrons, au meilleur jour de notre vie", a-t-il lancé.

Le président russe Vladimir "Poutine doit perdre absolument tout, comme ici à Gostomel", a encore dit M. Zelensky, depuis l'aérodrome, entouré de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et des Premiers ministres italienne Giorgia Meloni, canadien Justin Trudeau et belge Alexander de Croo, venus pour le deuxième anniversaire de l’invasion.

Lorsque Vladimir Poutine a annoncé que les troupes russes pénétraient sur le territoire ukrainien à l'aube du 24 février 2022, il croyait prendre Kiev en quelques jours, avant d'être contraint à d'humiliantes retraites par la résistance ukrainienne.

En 2023, c'est l'Ukraine qui a connu une déconvenue d'ampleur avec l'échec de sa grande contre-offensive, si bien que l'armée russe, forte d'une économie tournée vers l'effort de guerre, se retrouve en position de force.

M. Zelensky a continué à consolider ses alliances en signant samedi des accords bilatéraux de sécurité avec le Canada et l'Italie, comme il l'a déjà fait avec plusieurs pays européens, comme l'Allemagne ou la France.

Le Canada fournira à Kiev environ 2,2 milliards de dollars d'aide financière et militaire en 2024.

Ursula von der Leyen a annoncé que l'UE verserait en mars 4,5 milliards d'euros à Kiev, première tranche d'une enveloppe de 50 milliards d'euros approuvée en février par les 27.

Présente aussi en Ukraine, à Odessa (sud) où elle s'est rendue avec son homologue ukrainien, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a reconnu que Kiev manquait notamment d'armes de longue portée pour se défendre.

Fusils d'assaut contre artillerie

Dans de nombreuses villes en Europe samedi, des milliers de personnes ont manifesté leur soutien à l'Ukraine, même si une l'opinion croit peu à une victoire de Kiev.

La Russie se targue, quant à elle, de multiplier les assauts sur le front et revendique les succès, en particulier la prise de la ville forteresse d'Avdiïvka le 17 février.

"L'avantage est de notre côté", a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une visite à ses troupes en Ukraine, selon un communiqué samedi.

Près d'Avdiïvka, des militaires ukrainiens rencontrés par l'AFP à Pokrovsk avaient un message clair pour les dirigeants occidentaux.

"Donnez-nous de l'artillerie, des drones, des contre-batteries, des obus !", réclame Woodie, le pseudo d'un soldat de 31 ans. "Nous avons tenu le coup et infligé des dégâts, mais c'est vraiment dur quand des gens armés de fusils d'assaut se battent contre l'artillerie et l'aviation", explique Sportsman, 39 ans, sur le front depuis deux ans.

En Russie, M. Poutine a encore une fois salué vendredi ses "héros" qui combattent l'Ukraine. Quelque 500.000 hommes se sont engagés en 2023 et environ 50.000 de plus au seul mois de janvier de cette année.

L'opposition russe a, elle, été décimée par une campagne de répression sans merci, culminant le 16 février avec la mort dans une prison de l'Arctique de la figure de proue des détracteurs du Kremlin, Alexeï Navalny.

A trois semaines de la présidentielle russe de la mi-mars, l'emprise de M. Poutine sur le pouvoir semble plus totale que jamais.

Arrestations à Moscou

Samedi à Moscou, la police russe a procédé à plusieurs arrestations, notamment de journalistes, lors d'un rassemblement de femmes de soldats russes mobilisés réclamant leur retour d'Ukraine.

Quant aux sanctions qui ont coupé la Russie du monde occidental et ont dans un premier temps secoué l'économie russe, le Kremlin n'a cessé de s'en moquer, tout en les contournant.

Elles n'ont pas empêché l'industrie de défense de démultiplier sa production.

La nouvelle salve de sanctions occidentales est censée y remédier mais les responsables russes les ont balayées. Le numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a juré vengeance et de faire "souffrir" les "ennemis" occidentaux.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."