Protectionnisme et taxes: voyager en avion à travers l'Afrique, un onéreux chemin de croix

Une vue de l'aéroport international d'Aden Adde à Mogadiscio, en Somalie, le 12 février 2022. (Photo de YASUYOSHI CHIBA / AFP)
Une vue de l'aéroport international d'Aden Adde à Mogadiscio, en Somalie, le 12 février 2022. (Photo de YASUYOSHI CHIBA / AFP)
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

Protectionnisme et taxes: voyager en avion à travers l'Afrique, un onéreux chemin de croix

  • A la différence de l'Europe qui a ouvert son marché dans les années 1990, "il n'y a pas encore un marché aérien africain unifié", explique un expert
  • L'expert dénonce la parcimonie avec laquelle certains Etats accordent des "droits de trafic" permettant d'opérer sur leur territoire

ADDIS ABEBA: Pour parcourir les 1 000 km entre Libreville et Bangui, il faut compter au mieux neuf heures et 1 000 dollars, un exemple parmi d'autres de l'onéreux chemin de croix que sont les voyages aériens en Afrique, en raison de politiques protectionnistes et de taxes élevées.

En Europe, un vol Paris-Madrid - une distance équivalente - dure deux heures et vaut cinq fois moins cher.

Mais contrairement à l'Europe, "les déplacements en Afrique sont très difficiles", déplore Moses Munga, consultant dans le BTP rencontré à l'aéroport de Nairobi, en attendant son vol pour le Ghana.

Comme lui, Ahmed Mekewi voyage dans le cadre de son travail. "J'aurais du mal à voyager par mes propres moyens", confie cet ingénieur kényan de 29 ans: "Le coût d'un voyage en Afrique est très élevé".

A la différence de l'Europe qui a ouvert son marché dans les années 1990, "il n'y a pas encore un marché aérien africain unifié", explique un expert du secteur aérien africain, qui a requis l'anonymat en raison de ses fonctions.

"En Europe, Air France, par exemple, peut faire le nombre de vols qu'elle veut vers l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne ou le Portugal. Cette liberté (…) n'existe pas à l'intérieur de l'Afrique" pour les compagnies africaines, détaille cet expert, dénonçant la parcimonie avec laquelle certains Etats accordent des "droits de trafic" permettant d'opérer sur leur territoire.

Ces "droits de trafic" restreints limitent le nombre d'itinéraires directs et la fréquence des vols, et rallongent les trajets.

Selon une étude réalisée en 2021 par l'Association du transport aérien international (IATA) à l'intention de l'Union africaine (UA), sur les 1.431 liaisons possibles entre chacun des 54 pays de l'UA, seules 19% bénéficiaient d'un vol direct au moins hebdomadaire.

«Mécanismes protectionnistes»

Ces "mécanismes protectionnistes" mis en place par certains pays "pour favoriser leurs compagnies locales (...) entravent la concurrence et font grimper les prix" des billets, souligne Linden Birns, consultant dans le secteur aérien basé en Afrique du Sud.

Conséquence, "le trafic aérien est tellement cher en Afrique qu'il ne se développe pas et que les lignes restent mal desservies", déplore Guy Leitch, analyste aéronautique et éditeur du magazine sud-africain SA Flyer.

"L'Afrique est la région (du monde) où les prix des billets d'avion sont de loin les plus chers pour voyager à l'intérieur du continent", note l'IATA dans son étude.

Outre les "restrictions" mises en place par les Etats, "les taxes très élevées" en Afrique pour l'utilisation des services de navigation aérienne ou les installations aéroportuaires, mais aussi le coût élevé du kérosène sur le continent, expliquent le prix des voyages aériens intra-africains, analyse Robert Lisinge, chef de la Division Energie, Infrastructures et Services à la Commission économique pour l'Afrique de l'ONU (ECA).

Majoritairement importé, en raison des faibles capacités africaines de raffinage, le kérosène en Afrique est "souvent 30% plus cher qu'ailleurs, y compris dans les aéroports de pays producteurs de pétrole", confirme l'expert africain ayant requis l'anonymat.

Gains économiques 

Décision de Yamoussoukro en 1999 sur la libéralisation du marché aérien en Afrique, puis Marché unique du transport aérien africain (SAATM en anglais) en 2018... Les projets de libéralisation peinent à s'appliquer.

"L'idée du SAATM est de lever (les) restrictions", explique Robert Lisinge: "Si vous libéralisez le marché, cela accroîtra le nombre de liaisons (aériennes) et fera baisser les coûts".

Mais "il reste de nombreux accords bilatéraux relatifs aux services aériens et beaucoup de restrictions" qui empêchent les compagnies d'opérer "autant de vols qu'elles souhaitent, avec des avions de la capacité de leur choix".

Une autre étude de l'IATA de 2014 portant sur 12 pays (trois dans chacune des sous-régions du continent) concluait qu'une libéralisation du marché aérien entre ces pays ferait bondir le trafic de 81%.

La suppression des barrières entre ces 12 pays génèrerait 1,3 milliard de dollars d'activité économique supplémentaire et favoriserait la création de 155 000 emplois, concluait-elle.

Les contraintes actuelles "rendent les affaires difficiles", confirme Moses Munga, le consultant dans le BTP.

"Quand on a trouvé un client et qu'on établit son devis, on doit inclure le coût élevé du voyage. (...) Tout le monde n'est pas en mesure de l'assumer et on doit (parfois) abandonner certains contrats", explique-t-il.

"L'Afrique est vaste, les liaisons routières sont relativement mauvaises" et les lignes ferroviaires peu nombreuses, rappelle M. Lisinge, en évoquant le projet de Zone de libre échange continentale africaine (ZLCAf): "Le transport aérien est nécessaire pour transporter les biens périssables et les commerçants, mais aussi les experts dont aura besoin le commerce intra-africain".


Choose France: 93 milliards d'euros d'investissements, un enjeu de "crédibilité" pour Macron

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors du sommet économique « Choose France », visant à attirer les investisseurs étrangers dans le pays, au château de Versailles à Versailles, le 1er juin 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors du sommet économique « Choose France », visant à attirer les investisseurs étrangers dans le pays, au château de Versailles à Versailles, le 1er juin 2026. (AFP)
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  • Le sommet Choose France à Versailles a enregistré un record de 93 milliards d’euros d’investissements annoncés, principalement portés par l’IA et les centres de données, avec environ 15.600 emplois attendus
  • Emmanuel Macron met en avant la crédibilité des engagements et l’attractivité de la France, notamment dans l’IA, tout en appelant à poursuivre les réformes et la simplification pour renforcer la compétitivité

VERSAILLES: Le sommet Choose France, grand-messe des investissements étrangers, a engrangé une moisson record de projets grâce à l'IA et aux centres de données, Emmanuel Macron engageant sa "crédibilité" sur leur mise en oeuvre lors de cette dernière édition sous sa présidence.

Organisée sous les ors du château de Versailles, cette neuvième édition a enregistré 93 milliards d'euros d'investissements annoncés, représentant la création de 15.600 emplois.

"Tout ce que vous avez signé ici, tout ce qui a été annoncé aujourd’hui  (...)  sera mis en œuvre et livré dans les délais", a déclaré le président de la République devant un parterre de dirigeants d'entreprises étrangers rassemblés dans les jardins, après des bilatérales et tables rondes.

"Je mets ma crédibilité sur la table", a-t-il ajouté alors que l'incertitude demeure sur la suite de cet événement après son départ en 2027.

Cette édition dépasse les promesses d'investissements cumulées des huit précédents Choose France ("Choisissez la France"), qui atteignaient 87 milliards d'euros.

"c'est le fruit des réformes, de la constance, d'un écosystème qu'on a su bâtir", a avancé Emmanuel Macron, vantant les réformes fiscales et du droit du travail engagées depuis son premier mandat en 2017, ainsi qu'une énergie nucléaire décarbonée "très compétitive" en pleine crise énergétique mondiale.

A lui seul, SoftBank représente près de la moitié des investissements annoncés. Le géant japonais prévoit, en partenariat avec le groupe français Schneider Electric, des centres de données dans les Hauts-de-France représentant 45 milliards d'euros d'ici à 2031, et 75 milliards d'euros à terme.

- L'IA "source de prospérité" -

Toujours dans le domaine numérique, le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield investira 10 milliards d'euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l'IA en France pour atteindre jusqu'à 30 milliards au total.

"La France est une bonne destination pour les infrastructures d'intelligence artificielle", a expliqué à des journalistes Sikander Rashid, responsable pour l'Europe de Brookfield. Le pays "bénéficie d'une administration très favorable" et d'une "importante production d'énergie nucléaire".

"L'intelligence artificielle, ça doit être une source de prospérité pour la France", a souligné le ministre de l'Economie Roland Lescure, disant vouloir "créer des chaînes de valeur complètes".

D'autres investissements importants dans le domaine ont aussi été annoncés par le fonds émirati MGX et Bpifrance, en en partenariat avec Mistral et Nvidia, ainsi que par la société d'investissement Ardian et la plateforme nordique de centres de données Verne et par le groupe informatique américain Salesforce.

Ces projets vont permettre "de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données (...) et des capacités de calcul en Europe, et de faire de la France aussi le point avancé de la production de robots IA, d'industrialisation par l'IA", s'était félicité Emmanuel Macron en matinée à l'Elysée, où il a reçu le dirigeant de Softbank.

"Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe" par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, avait-il affirmé.

- "Faire mieux" -

Des investissements ont également été annoncés dans les semi-conducteurs, les minerais critiques, la santé ou l'acier.

Comme atout, Emmanuel Macron a vanté la grande prévisibilité de la France et de l'Europe. "Aucun d’entre nous ne peut changer les règles du jour au lendemain", a-t-il dit dans une allusion au président américain Donald Trump.

Mais le chef de l'Etat a appelé à poursuivre sur la voie de la simplification réglementaire et de l'accélération des prises de décision en France comme en Europe.

"Nous sommes les premiers de la classe en Europe", a-t-il souligné, en référence à un baromètre EY faisant de la France la championne de l'attractivité sur le continent, "mais quand je compare avec le reste du monde, nous pouvons faire mieux encore", a-t-il lancé.

Créé en janvier 2018 par Emmanuel Macron, Choose France a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de sa politique pro-entreprise.

Depuis le premier sommet, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant selon Emmanuel Macron 50.000 emplois industriels nouveaux.

L'édition 2025 du sommet avait déjà battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés, et 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'IA entérinés.

L'économiste Sylvain Bersinger a toutefois estimé que les annonces de Versailles "ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé".


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.