Avec MyFrenchFilmFestival, le cinéma francophone en ligne boosté par le confinement

Avec la pandémie, les cinémas sont contraints de fermer leurs portes.Ainsi, les évènements en ligne sont devenus la norme. (AFP)
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Publié le Mercredi 06 janvier 2021

Avec MyFrenchFilmFestival, le cinéma francophone en ligne boosté par le confinement

  • Du 15 janvier au 15 février, ce festival présentera sur une soixantaine de plateformes de streaming à travers le monde «le meilleur du jeune cinéma contemporain français, belge, canadien et suisse»
  • En Europe et en Amérique du Nord, les spectateurs devront payer 1,99 euro par film ou 7,99 euros pour visionner l'ensemble des long-métrages

PARIS : Dix longs-métrages, dix courts et treize films hors compétition sont au programme de la 11e édition de MyFrenchFilmFestival, un festival de cinéma francophone en ligne créé par l'organisme chargé de promouvoir le 7e art français à l'étranger, UniFrance.

Du 15 janvier au 15 février, ce festival présentera sur une soixantaine de plateformes de streaming à travers le monde «le meilleur du jeune cinéma contemporain français, belge, canadien et suisse», ont annoncé mardi les organisateurs.

Boosté en 2020 par le confinement planétaire, MyFrenchFilmFestival, disponible aussi sur Apple TV, Amazon Prime ou encore Google Play dans 200 territoires au total, a enregistré l'an dernier plus de 12 millions de visionnages, près de deux fois plus que d'habitude.

«Avec la crise que nous traversons, ce festival prend toute sa légitimité : partager avec un grand nombre de spectateurs dans le monde un même amour, celui du cinéma. 2020 a été une année difficile pour le 7e art et encore beaucoup de cinémas sont fermés dans de nombreux pays dans le monde», a souligné Serge Toubiana, président d'UniFrance.

Les 33 films de l'édition 2021 seront sous-titrés en onze langues et des récompenses seront décernées par des cinéastes, le public et la presse internationale. Le jury des longs-métrages réunit notamment la productrice française Rosalie Varda, le réalisateur colombien Franco Lolli et la cinéaste franco-algérienne Mounia Meddour.

En Europe et en Amérique du Nord, les spectateurs devront payer 1,99 euro par film ou 7,99 euros pour visionner l'ensemble des long-métrages. La gratuité s'appliquera cependant pour l'Afrique, l'Amérique latine, la Corée du Sud, l’Asie du Sud-Est, la Russie et la Roumanie.

Au programme : comédies, romances, drames, documentaires, animation et films jeune public, dans la diversité du cinéma francophone.

 


Le fils d'Oussama ben Laden se lance dans la peinture

Le fils d'Oussama Ben Laden, Omar, semble avoir trouvé dans la peinture un moyen de composer avec le confinement visant à freiner la propagation de la Covid-19
(Photo, AFP).
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  • Les œuvres d'Omar représentent des paysages des montagnes de Tora Bora en Afghanistan
  • Ses toiles sont des représentations vives des États-Unis, un pays qu'il n'a jamais visité auparavant

LONDRES: Le fils d'Oussama Ben Laden, Omar, semble avoir trouvé dans la peinture un moyen de composer avec le confinement visant à freiner la propagation de la Covid-19.

Omar, âgé de 39 ans, est le quatrième fils de l'ancien chef d'Al-Qaïda. Il vit en Normandie, dans le nord de la France, avec sa femme Zaina, une peintre originaire du Cheshire au Royaume-Uni.

Ses toiles sont des représentations vives des États-Unis, un pays qu'il n'a jamais visité auparavant et où son père avait organisé les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ; ce dernier a été assassiné en 2011 suite à ces attentats.

Les œuvres d'Omar représentent également des paysages de montagnes à Tora Bora en Afghanistan, où son père s'est réfugié pendant de nombreuses années pour échapper aux forces américaines.

Dans un entretien à la chaîne Vice News, il raconte qu'il a souffert, pendant de nombreuses années, de troubles liés au stress post-traumatique, après avoir été arraché à sa maison familiale près de Djeddah pour se réinstaller au Soudan et dans l'Afghanistan déchiré par la guerre, tandis que son père poursuivait ses activités.

Omar a, par la suite, renié son père pour quitter l'Afghanistan après avoir vécu le conflit qui y faisait rage.

« Je veux que le monde sache que j'ai grandi, que je me sens bien dans ma peau pour la première fois de ma vie. Je veux que le monde sache que le passé appartient au passé et que l'on doit apprendre à vivre avec les événements du passé », affirme-t-il. « Il faut savoir pardonner, sinon oublier, pour pouvoir vivre en paix avec ses émotions ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Trop cher, le Quartier latin à Paris fait fuir ses librairies

Un homme regarde des livres à la librairie Gibert Jeune du quartier Saint-Michel à Paris le 18 août 2015. (Hugo Mathy/ AFP)
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  • Axées sur le scolaire et l'universitaire, puis confrontées à la concurrence de la vente en ligne et de son mastodonte Amazon, les librairies du quartier ont vu leur nombre chuter de 43% en 20 ans
  • La mairie propose des loyers "légèrement en-dessous" des prix du marché, pour les ré-implanter en misant sur un modèle "qui fonctionne": des petites librairies de proximité qui peuvent "faire aussi salon de thé"

PARIS : Dans le Quartier latin, cœur du savoir dans la capitale française depuis le Moyen Âge, la fermeture prochaine de quatre librairies du groupe Gibert, l'un des plus anciens vendeurs de livres du pays, illustre les difficultés d'un secteur qui, étouffé par les prix de l'immobilier, se réinvente ailleurs.

Sur la rive gauche de la Seine, ce quartier où s'est établie l'université de la Sorbonne dès le XIIIe siècle abrite des dizaines de librairies: des plus petites, ultra-spécialisées sur le droit, l'occasion ou la littérature canadienne, aux gigantesques comme la boutique Gibert-Joseph et ses six étages sur le boulevard Saint-Michel.

Mais aujourd'hui avec sa flopée d'enseignes franchisées installées le long de ce boulevard reliant les bords de Seine à la Sorbonne, ce "pôle d'attractivité" est "devenu un centre-ville de province", lâche sans méchanceté apparente un libraire de Boulinier, vendeur historique du quartier.

Malmenée par la hausse des loyers, cette librairie, née au XIXe siècle sur ce même boulevard, a dû déménager son magasin principal vers un local plus petit au printemps dernier.

Axées sur le scolaire et l'universitaire, puis confrontées à la concurrence de la vente en ligne et de son mastodonte Amazon, les librairies du quartier ont vu leur nombre chuter de 43% en 20 ans, selon les chiffres communiqués à l'AFP par l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) sur les Ve et VIe arrondissements.

Le Quartier latin, épicentre de la révolte étudiante de mai 1968, reste un pôle universitaire majeur dans la capitale, mais moins de 10.000 étudiants y résident désormais, selon l'Insee.

Lentement, le centre de Paris, "embourgeoisé", moins peuplé, s'est tourné vers le tourisme, pendant que les facultés parisiennes se "décentraient" vers la périphérie et la banlieue, observe François Mohrt, urbaniste à l'APUR.

Croissance chez les "petits"

Les prochaines librairies à l'abandonner sont historiques: le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, qui y est installé depuis 135 ans, prévoit de fermer fin mars quatre de ses six boutiques Gibert-Jeune sur la très touristique place Saint-Michel, séparée par la Seine de la cathédrale Notre-Dame.

Entouré d'étagères déjà à moitié vides, un des 69 employés dont le poste sera supprimé confie: "C'est violent, mais on ne s'attendait pas à tenir 10 ans".

En 2020, la pandémie a vidé la place de ses touristes, puis Bruno Gibert, un ancien dirigeant du groupe, a vendu l'immeuble qui abritait la plus grande librairie de la place. Les loyers ne pouvaient rester les mêmes pour ces magasins en difficulté... accélérant leur chute.

Pour préserver "le commerce culturel" et "enrayer sa décrue", la mairie de Paris essaie de préempter les murs des librairies en grande difficulté, explique l'adjointe en charge du Commerce Olivia Polski.

La mairie propose des loyers "légèrement en-dessous" des prix du marché, pour les ré-implanter en misant sur un modèle "qui fonctionne": des petites librairies de proximité qui peuvent "faire aussi salon de thé", dit-elle.

Car à Paris, comme dans le reste du pays, ce sont les librairies généralistes de quartier qui redonnent espoir au secteur.

Selon le Syndicat de la librairie française (SLF), les librairies indépendantes ont renoué avec la croissance depuis 2017, malgré un léger recul en 2020 (-3,3%), pénalisées par "trois mois de fermeture" lors des confinements.

Ce sont les plus petites boutiques - celles au chiffres d'affaire inférieur à 300.000 euros par an - qui progressent le plus: leurs ventes ont bondi de 15% l'an passé.

Pour Guillaume Husson, délégué général du SLF: "Il y a un aspect social qui est incontournable aujourd'hui si l'on veut que sa librairie fonctionne".

Et la proximité, les relations humaines entre libraires et clients sont des qualités que les lecteurs recherchent plus "dans les petites structures", constate-t-il.

Le groupe Gibert tire la même leçon. Il gardera son magasin de six étages à côté de la Sorbonne mais écarte toute nouvelle ouverture dans le Quartier latin.

Et il réfléchit à ouvrir des librairies "de moins de 150m2" dans des arrondissements parisiens excentrés et "éventuellement en banlieue", mais "la question primordiale des loyers devra d'abord se poser", indique à l'AFP son directeur général Marc Bittoré.

 


Musée de l'immigration à Paris: «Ma nomination ouvre le champ des possibles», dit Pap Ndiaye

Le Palais de la Porte Dorée, institution publique qui comprend le Musée de l'histoire de l'immigration et l’Aquarium tropical (Photo, AFP).
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  • Cette nomination, beaucoup la voient comme un symbole. Celle d'un homme métis, né d'un père sénégalais et d'une mère française, à la tête d'une grande institution culturelle française
  • C'est «La condition noire, essai sur une minorité française» (Calmann-Lévy), son ouvrage de référence, publié en 2008, qui l'a fait connaître auprès du grand public

PARIS: « Ma nomination est d'abord due à mon travail d'historien », assure-t-il. Pourtant, Pap Ndiaye ne rejette pas la charge symbolique de son arrivée à la tête du Palais de la Porte Dorée, estimant qu'elle « ouvre le champ des possibles » aux jeunes « non-blancs ».

Cet universitaire de 55 ans, spécialiste de l'histoire sociale des États-Unis et des minorités, a pris, le 1er mars, la tête du Palais de la Porte Dorée, institution publique qui comprend le Musée de l'histoire de l'immigration et l’Aquarium tropical, hébergés au sein du palais, situé dans l'est de la capitale.

Une nomination que beaucoup voient comme un symbole. Celle d'un homme métis, né d'un père sénégalais et d'une mère française, à la tête d'une grande institution culturelle française, chargée, qui plus est, des questions d'immigration et de mémoire.

« Ma nomination est d'abord due à mon travail d'historien, j'ai une longue carrière d'universitaire, une carrière à l'international », égrène-t-il d'un ton posé lors d'un entretien

« Mais je ne suis pas aveugle à la question du symbole, à laquelle je ne tourne pas le dos. Je m'assume tel quel avec ma couleur de peau et je sais que ma nomination ouvre le champ des possibles à de nombreux enfants non-blancs », poursuit-il.

Vulgariser et transmettre

Normalien, agrégé d'histoire et titulaire d'un doctorat obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Pap Ndiaye, a été professeur de nombreuses années à Sciences Po Paris. Respecté par ses pairs, il fait figure de « pointure » sur les questions liées aux minorités.

Mais c'est « La condition noire, essai sur une minorité française » (Calmann-Lévy), son ouvrage de référence, publié en 2008, qui l'a fait connaître auprès du grand public.

« Mon objectif, c’était de fournir des arguments et des savoirs aussi robustes que possible à ces jeunes qui manquent de références solides. Il me semblait que cela relevait de mon rôle de pédagogue d'offrir ces fondements », détaille-t-il.

En 2019, toujours avec l'envie de vulgariser ses sujets d'étude, il devient conseiller scientifique de l'exposition « Le modèle noir » qui s'est tenue au musée d'Orsay, sur la représentation des Noirs dans les arts visuels. Plus récemment, il a co-présenté, un rapport sur la diversité à l'Opéra de Paris. 

« Je m'intéresse depuis très longtemps au monde de la culture (...) qui doit s'ouvrir et parler du monde tel qu'il est », souligne-t-il, voyant dans son arrivée au Palais de la Porte dorée « une nouvelle étape ». 

Tout d'abord « musée des Colonies », puis, « de la France d'outre-mer », et enfin des « Arts d'Afrique et d'Océanie », le musée de l'histoire de l'immigration, qui avait fermé ses portes en 2003 pour rouvrir en 2007, a une histoire mouvementée.

Pas contre l’universalisme

Pas de quoi effrayer Pap Ndiaye qui ambitionne de faire de ce musée « un établissement culturel central dans le paysage français mais aussi international ». 

Pour cela, c'est toute l'exposition permanente qui est en train d'être repensée. Celle-ci, qui aborde la question des migrations vers et depuis la France, va être enrichie pour y inclure le 18e siècle et la question de la traite négrière. 

L'historien veut aussi faire de ce lieu un endroit où l'on débat des questions de colonisation, thème qui enflamme régulièrement la société française. Pour y parvenir, il souhaite l'ouvrir aux étudiants et aux universitaires afin d'y organiser des colloques et des séminaires. 

« Ces questions intéressent les étudiants. Si elles ne sont pas débattues dans l'université, alors, elles le seront ailleurs avec des ressources qui sont discutables », estime-t-il. 

Alors qu'il a passé sa vie à s'intéresser aux minorités, que répond-il à ceux qui dénoncent un retour de la question « raciale », au détriment de l'universalisme républicain ? « La critique universaliste manque son objectif si elle considère que travailler sur des groupes particuliers c'est tourner le dos à l'universalisme », rétorque-t-il. 

« Au contraire, c'est prendre l’universalisme au sérieux en réclamant que les devises sur les frontons des bâtiments de la République soient inscrites dans la vie des personnes ».