Climat: «70 pays» s'engagent à revoir les façons de construire sur la planète

Cette photographie prise le 29 février 2024 montre une vue des bâtiments du village olympique de Paris 2024 le jour de son inauguration à Saint-Denis, au nord de Paris (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 29 février 2024 montre une vue des bâtiments du village olympique de Paris 2024 le jour de son inauguration à Saint-Denis, au nord de Paris (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 mars 2024

Climat: «70 pays» s'engagent à revoir les façons de construire sur la planète

  • L'objet est de décarboner l'industrie du bâtiment, fortement émettrice de gaz à effet de serre responsable de l'élévation des températures mondiales
  • Pour la première fois, tout ce que la planète compte de bâtisseurs, architectes, ingénieurs, bureaux d'étude, industriels des matériaux se sont réunis avec des diplomates et bailleurs de fonds internationaux autour de la question climatique

PARIS: Privilégier les rénovations aux constructions neuves, réemployer les matériaux: au moins 70 pays se sont engagés vendredi à Paris à revoir et adapter leurs façons de construire des bâtiments afin de freiner le réchauffement climatique, tout en protégeant le bâti des canicules et aléas météo.

Les ministres de l'environnement ou de la construction des pays signataires - dont les Etats-Unis, la Côte d'Ivoire mais pas la Chine - ont adopté une "déclaration de Chaillot", du nom du palais à Paris dans laquelle elle a été finalisée, lors du premier "Forum mondial bâtiments et climat" organisé par l'agence des Nations unies pour l'environnement et le gouvernement français.

"La déclaration reste ouverte à davantage de soutiens et a vertu à rassembler davantage de pays dans les semaines qui viennent", a souligné le ministère français de la Transition écologique, qui espère engranger de nouvelles signatures d'ici le prochain forum urbain mondial du Caire et de la COP29 à Bakou en Azerbaïdjan, en novembre.

Normes, financements immobiliers, matériaux, énergie... L'objet est de décarboner l'industrie du bâtiment, fortement émettrice de gaz à effet de serre responsable de l'élévation des températures mondiales. Mais aussi de rendre le bâti plus résilient face aux tempêtes, inondations et canicules qui se multiplient, notamment dans les pays du Sud les plus vulnérables.

Pour la première fois, tout ce que la planète compte de bâtisseurs, architectes, ingénieurs, bureaux d'étude, industriels des matériaux se sont réunis avec des diplomates et bailleurs de fonds internationaux autour de la question climatique.

Regina Gonthier, qui préside l'Union internationale des architectes (UIA) a publiquement affirmé l'engagement de la profession adopté l'été dernier de "prioriser la réhabilitation du bâti existant de manière vertueuse plutôt que de construire des bâtiments neufs". Un petit défi dans un secteur dominé parfois par les egos des créateurs.

«Rediriger les flux financiers»

Il y a urgence. La construction est un secteur "où les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d'augmenter" et qui "n'est pas sur la bonne voie pour parvenir à la décarbonation d'ici 2050", indique la déclaration.

Ligia Noronha, sous-secrétaire générale de l'ONU, a rappelé que "la participation du secteur privé devra atteindre plus de 24 milliards d'euros en 2030 pour arriver au net zéro": "Il faut rediriger les flux financiers", ainsi qu'un "cadre réglementaire propice", a-t-elle déclaré.

Mais "110 pays ne disposent de normes obligatoires concernant l'efficacité énergétique", s'est désolé le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

L'ONU prévoit notamment un doublement des surfaces construites d'ici à 2060 dans le monde ainsi qu'un quasi-doublement de la consommation de matières premières, dont la majorité seraient dévolues à la construction.

Actuellement, le secteur est responsable de 21% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 37% des émissions de CO2 liées à l'énergie. Il représente aussi 34% de la demande énergétique, pour chauffer ou climatiser, et capte la moitié de la consommation mondiale de matières premières, selon la déclaration.

Par ailleurs, 100 milliards de tonnes de déchets de la construction sont générés par les démolitions et rénovations chaque année, la plupart pas réutilisés, et 35% d'entre eux terminent dans des zones d'enfouissement.

D'ici 2060, le doublement des surfaces bâties devraient ajouter plus de 230 milliards de mètres carrés bâtis. En Afrique, elles pourraient tripler, et même quadrupler dans les pays à urbanisation rapide, indique le document.

En 2021, si 40% des pays (79 sur 196) disposaient d'un code de l'énergie, seulement 26% disposaient de normes de construction obligatoires, souligne le document.

Parmi les engagements pris par les participants, il faudra économiser l'eau et l'énergie, réduire autant que possible les installations de climatisation en privilégiant la circulation d'air à l'intérieur des bâtiments, mais aussi développer la formation de la main d'oeuvre pour réaliser cette tâche titanesque.

Le ministre des villes brésilien, Jader Barbalho Filho, a souligné que les solutions applicables au Sud sont différentes de celles pour le Nord, en relevant notamment que son pays avait besoin de 6 millions de logements abordables pour sa population.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com