Européennes: le camp d'Emmanuel Macron fait feu contre le RN

Valérie Hayer (au centre), députée française au Parlement européen et tête de liste du groupe Renew (Renaissance), aux côtés du Premier ministre français Gabriel Attal et de la présidente de l'Assemblée nationale Yael Braun-Pivet à la fin du lancement de la campagne politique du parti pour les prochaines élections au Parlement européen, à Lille, dans le nord de la France, le 9 mars 2024 (Photo, AFP).
Valérie Hayer (au centre), députée française au Parlement européen et tête de liste du groupe Renew (Renaissance), aux côtés du Premier ministre français Gabriel Attal et de la présidente de l'Assemblée nationale Yael Braun-Pivet à la fin du lancement de la campagne politique du parti pour les prochaines élections au Parlement européen, à Lille, dans le nord de la France, le 9 mars 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

Européennes: le camp d'Emmanuel Macron fait feu contre le RN

  • A droite, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy est «resté stupéfait devant le discours» de Valérie Hayer
  • Emmanuel Macron, qui compte s'investir ultérieurement dans la campagne, a appelé ses ministres à se «battre pied à pied» et à se mobiliser contre le RN

LILLE: "Amis de Poutine" et "fantômes" de Bruxelles: réuni à Lille pour lancer sa campagne des élections européennes, le camp d'Emmanuel Macron a fait feu de tout bois contre son principal adversaire, le Rassemblement national, donné favori du scrutin.

La candidate Valérie Hayer, dont c'était la première grande exposition publique a appelé au "sursaut" pour "déjouer le scénario du pire", "face à ceux qui veulent abattre" l'Europe, alors que la majorité est distancée de 10 points dans les sondages par le RN Jordan Bardella.

"Dans cette campagne nous serons les seuls à défendre l'Europe", a-t-elle estimé devant une flopée de drapeaux européens et français, au Grand Palais de Lille où se trouvaient quelque 3 000 militants et le gouvernement quasi au complet.

"Nous devons lutter contre l'entrée et l'entrisme des amis de Poutine au Parlement européen", a lancé la tête de liste. "Nous sommes à Munich en 1938 (...) Il est minuit moins une".

Gabriel Attal, qui s'exprimait juste avant elle, a lui fustigé la "vaste tromperie" du "clan Le Pen" dont les votes au Parlement européen sont "une litanie de trahisons contre les intérêts des Français".

"Ils ont toujours dit non à l'Europe. La seule différence maintenant, c'est qu'ils le cachent un peu et que le non s'est transformé en niet", a lancé le Premier ministre, après avoir accusé le RN de proximité avec Vladimir Poutine.

«Obsession maladive»

Jordan Bardella a aussitôt dénoncé sur le réseau X une "obsession maladive (de la majorité) pour le RN". "Rien sur l’Europe, rien sur la France, rien pour les Français", a ajouté l'eurodéputé qui avait lancé sa campagne dimanche à Marseille, en axant son discours sur l'immigration et en s'en prenant à Emmanuel Macron, accusé d'être le "grand effaceur" de la France en Europe.

A droite, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy est "resté stupéfait devant le discours" de Valérie Hayer. "Cette élection n'est pas le 2e tour de l'élection présidentielle. C'est passé. Nous sommes dans une élection européenne, le sujet c'est l'Europe", a-t-il réclamé sur BFMTV.

A gauche, le socialiste Olivier Faure s'est étonné que Gabriel Attal "rejoue le barrage" contre l'extrême droite, alors que le gouvernement a offert une "victoire idéologique sans précédent au RN", en décembre lors du vote du projet de loi immigration.

Valérie Hayer, qui a peiné à délaisser un ton monocorde, avait commencé son discours sur une note plus personnelle, rappelant son ancrage dans un territoire rural, elle "qui a grandi dans la ferme de ses parents et qui sait, pour l'avoir vu de près, ce que l'Europe apporte à nos agriculteurs".

Reconnaissant le manque de notoriété de la candidate macroniste de 37 ans, le patron du MoDem François Bayrou a estimé que c'était plutôt "un atout", au regard de l'attrait des Français pour les "visages nouveaux". Avant de souligner combien à ses yeux la situation internationale était "grave" avec la guerre en Ukraine.

Quand certains disent "nous soutenons l'Ukraine mais", "ce que Poutine entend, c'est le +mais+", a-t-il mis en garde.

"Nous sommes pro-européens et il n'y a pas de +mais+", a enchaîné le patron d'Horizons Edouard Philippe. "En matière d'Europe, il vaut mieux être béat que Déat", a-t-il ajouté dans une allusion à l'ancien collaborationniste Marcel Déat.

«Socle qui s'érode»

Emmanuel Macron, qui compte s'investir ultérieurement dans la campagne, a appelé ses ministres à se "battre pied à pied" et à se mobiliser contre le RN, affirmant qu'il ne fallait poser "aucune limite" dans le soutien de la France à l'Ukraine, après avoir évoqué l'hypothèse d'un envoi de soldats dans ce pays.

Des propos jugés "irresponsables" par les oppositions qui devraient donner de la voix lors des débats, suivis d'un vote, sur ce conflit organisés mardi à l'Assemblée nationale et mercredi au Sénat, manière pour l'exécutif de faire tomber les masques de ses adversaires à l'approche du scrutin.

La stratégie interroge certains alliés: cibler le RN peut "les mettre en valeur", note un député MoDem, qui n'est pas non plus enclin à faire de l'Ukraine "un enjeu de campagne".

Mais Valérie Hayer s'est montrée peu diserte sur ses autres adversaires, et n'a pas eu de propos à l'adresse des électeurs du centre gauche, ceux de la macronie originelle, qui pourraient être attirés par la liste du Parti socialiste menée par Raphaël Glucksmann après le virage à droite du gouvernement sur l'immigration.

L'enjeu est pourtant aussi pour la majorité de "ne pas perdre notre socle qui s'érode sur sa gauche", selon l'eurodéputé Renaissance issu des Verts Pascal Canfin, qui veut être "à l'offensive" sur le Pacte vert européen.

Après la mobilisation sur l'Ukraine et l'Europe, le prochain thème de campagne sera l'agriculture, autre ligne de fracture avec le RN et dossier sur lequel Mme Hayer pourra faire jouer sa fibre rurale.


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.