«La force de tout changer»: les Insoumis lancent leur campagne pour les européennes

Manon Aubry, candidate à la tête de La France Insoumine (LFI) pour les prochaines élections européennes et membre du Parlement européen, assiste à une session plénière au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 12 mars 2024. (AFP)
Manon Aubry, candidate à la tête de La France Insoumine (LFI) pour les prochaines élections européennes et membre du Parlement européen, assiste à une session plénière au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 12 mars 2024. (AFP)
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Publié le Samedi 16 mars 2024

«La force de tout changer»: les Insoumis lancent leur campagne pour les européennes

  • Pour ce meeting de lancement de campagne au Parc des expositions de Villepinte, plus de 3000 militants sont attendus, selon le coordinateur du mouvement Manuel Bompard
  • «Ce n'est pas une élection européenne, c'est le premier tour de l'élection présidentielle de 2027. C'est vous qui choisissez à qui vous donnez de l'avance», a lancé Jean-Luc Mélenchon jeudi soir devant une foule d'étudiants à la faculté de Nanterre

Quinze jours après Jordan Bardella et une semaine après la majorité et Valérie Hayer, c'est au tour samedi des Insoumis et de Manon Aubry de lancer officiellement leur campagne pour les européennes, avec comme objectif affiché de finir troisièmes derrière le RN et Renaissance.

Pour ce meeting de lancement de campagne au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), plus de 3.000 militants sont attendus, selon le coordinateur du mouvement Manuel Bompard.

"Il faut que quand vous rentrez en campagne, ça se voie. Je promets une bonne démonstration de force insoumise, avec une belle présentation de liste, et quelques surprises", a-t-il indiqué.

Manuel Bompard prendra la parole, tout comme la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot.

Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry concluront cette "convention de l'Union populaire". L'occasion sûrement d'officialiser la présence symbolique du créateur de LFI sur la liste, à l'avant-dernière place.

"Ce n'est pas une élection européenne, c'est le premier tour de l'élection présidentielle de 2027. C'est vous qui choisissez à qui vous donnez de l'avance", a lancé Jean-Luc Mélenchon jeudi soir devant une foule d'étudiants à la faculté de Nanterre.

"C'est l'abstention des jeunes et l'abstention des quartiers populaires qui permet aux autres de se pavaner et de faire les malins", a-t-il ajouté.

Les Insoumis savent que le score de leur tribun à la dernière présidentielle - 22% - est inatteignable.

Traditionnellement, les élections européennes ne sont pas leur scrutin de prédilection. La dernière fois, en 2019, la liste emmenée par Manon Aubry, une néophyte à l'époque, avait fini avec 6,31% des votes.

Avec cependant quelques milliers de voix d'avance sur Raphaël Glucksmann qui, cette fois, devance d'une courte tête les Ecologistes et les Insoumis dans les sondages.

Néanmoins, Manon Aubry dit ambitionner la première place à gauche et un score à 10%, alors que dans les différents sondages, sa liste est donnée autour de 7 ou 8%.

Alors que l'idée défendue par LFI d'une liste commune aux européennes a périclité - les Insoumis en avaient même proposé la tête à Marie Toussaint et aux Ecologistes - les quatre principales listes de gauche se disputent une part de marché d'environ 30%.

«Carnage humanitaire»

La France insoumise a dévoilé vendredi son slogan de campagne - "La force de tout changer"  - et son affiche de campagne.

Une affiche au style un peu hollywoodien, avec le visage en grand de Manon Aubry, entourée de ses principaux colistiers et figures insoumises, sur un fond multicolore.

"L'inspiration est celle des grands films de super-héros qui s'unissent pour lutter contre le mal (Avengers, Star Wars, Dune...)", explique-t-on du côté de La France insoumise.

Outre Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot ou Manuel Bompard, on retrouve les huit premiers candidats de la liste.

Parmi eux, l'ex-coordinateur de Génération.s Arash Saeidi, l'eurodéputé Damien Carême (ex-EELV) et la militante franco-palestinienne Rima Hassan, juriste de 31 ans, qui a tenu des propos controversés sur Israël.

Pour mobiliser ses troupes pendant la campagne, LFI compte notamment insister sur la situation à Gaza - Manon Aubry a tenu à évoquer "le carnage humanitaire en cours" en conclusion du premier débat des européennes jeudi soir sur Public Sénat.

La convention de samedi sera aussi l'occasion d'enfin officialiser, après un vote symbolique des militants clos vendredi, la nomination de Manon Aubry comme tête de liste.

"Cette année on part plus tard que la dernière fois", à moins de trois mois de l'échéance du 9 juin, explique la numéro 3 du mouvement de gauche radicale.

"Cela nous permet de concentrer notre énergie et nos moyens sur la fin de campagne", dit-elle à l'AFP. D'autant que les électeurs font traditionnellement leur choix très tard pour ce scrutin européen, même jusqu'au dernier week-end, assure-t-elle.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.