Face à la menace russe, les 27 cherchent à mieux armer l'Ukraine et à se protéger

Des voitures passent devant les drapeaux de l'Ukraine et de l'Union européenne sur la place de l'Europe, dans le centre de Kiev, le 15 décembre 2023, alors que la Russie envahit l'Ukraine. (AFP)
Des voitures passent devant les drapeaux de l'Ukraine et de l'Union européenne sur la place de l'Europe, dans le centre de Kiev, le 15 décembre 2023, alors que la Russie envahit l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Jeudi 21 mars 2024

Face à la menace russe, les 27 cherchent à mieux armer l'Ukraine et à se protéger

  • L'aide occidentale s'essouffle et plusieurs dirigeants européens s'inquiètent d'une défaite de l'Ukraine face à une Russie qui ne s'arrêterait pas là.
  • "Nous faisons face à la plus importante menace contre notre sécurité depuis la Seconde guerre mondiale", a averti le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre invitant les dirigeants des Vingt-Sept à Bruxelle

BRUXELLES : Les dirigeants européens, réunis jeudi et vendredi en sommet à Bruxelles, vont s'efforcer de mieux armer l'Ukraine, et de mieux s'armer eux-mêmes, face à une menace russe jugée de plus en plus inquiétante.

L'aide occidentale s'essouffle et plusieurs dirigeants européens s'inquiètent d'une défaite de l'Ukraine face à une Russie qui ne s'arrêterait pas là.

"Si on laisse l'Ukraine seule, si on laisse l'Ukraine perdre cette guerre, alors à coup sûr la Russie menacera la Moldavie, la Roumanie, la Pologne", a averti le président français Emmanuel Macron la semaine dernière.

Les Européens cherchent donc la parade et multiplient les annonces pour tenter de renforcer l'arsenal ukrainien, ainsi que leur propre industrie de défense, au moment où une aide américaine de plus de 60 milliards de dollars est toujours bloquée au Congrès à Washington.

Plusieurs idées sont sur la table du sommet européen.

Les Vingt-Sept vont ainsi discuter d'un plan visant à utiliser les profits exceptionnels générés par les avoirs russes gelés en Europe peu après l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022.

Depuis deux ans, ces avoirs, évalués à plus de 200 milliards d'euros dans l'UE, ont généré des intérêts que le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a évalués à plus de trois milliards d'euros par an.

L'idée est d'utiliser l'essentiel de ces revenus pour financer des achats d'armes en faveur de Kiev. La Russie a menacé mercredi les Européens de poursuites judiciaires "sur des décennies" en cas d'utilisation des revenus de ses avoirs gelés.

- Financements "innovants" -

D'autres formes "innovantes" de financement sont à l'étude.

Quatorze pays européens, dont la France et l'Allemagne, veulent ainsi que la Banque européenne d'investissement (BEI) puisse aussi financer l'industrie de défense dans l'UE, ce qui n'est toujours pas le cas, plus de soixante ans après sa création.

Mais selon plusieurs Etats, le temps presse: depuis des semaines, les forces russes reprennent l'initiative sur le champ de bataille face aux Ukrainiens en manque de munitions et d'armements.

"Nous faisons face à la plus importante menace contre notre sécurité depuis la Seconde guerre mondiale", a averti le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre invitant les dirigeants des Vingt-Sept à Bruxelles.

L'UE avait promis l'an dernier de fournir un million d'obus à Kiev d'ici la fin mars, mais les responsables européens ont reconnu que cet objectif ne serait pas atteint.

La Russie a de son côté mis son économie sur le pied de guerre et reçu des centaines de milliers d'obus de la Corée du Nord.

- "Mesures radicales et concrètes" -

Les dirigeants européens devraient avoir une première discussion sur la nouvelle stratégie pour l'industrie européenne de défense proposée début mars par la Commission, et surtout sur les moyens de la financer.

La France et d'autres pays comme l'Estonie sont favorables au lancement d'un grand emprunt européen afin de répondre, comme cela avait été le cas lors de la pandémie de Covid, à la menace "existentielle" pesant sur l'Europe.

Ils ont adressé une lettre en ce sens à Josep Borrell, dont l'AFP a obtenu une copie. "Il y a plusieurs voies possibles à explorer", dont un emprunt européen, écrivent les ministres des Affaires étrangères français, estonien, lituanien, letton, portugais et roumain.

Mais plusieurs pays, dont l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède s'y opposent, et les Vingt-Sept se limiteront à un examen "de toutes les options" en matière de financements en vue d'un rapport attendu en juin, selon des diplomates à Bruxelles.

Les dirigeants européens vont également tenter d'adopter une déclaration commune sur la situation à Gaza.

Très divisés sur le sujet, ils avaient renoncé à un texte commun lors de leurs deux précédents sommets. Ils veulent cette fois y parvenir, en se prononçant pour une "pause humanitaire immédiate" en vue d'un cessez-le-feu durable, selon un projet de conclusions du sommet.

Enfin, ils devraient décider d'ouvrir avec la Bosnie des négociations d'adhésion à l'UE, après une recommandation en ce sens de la Commission européenne. Une majorité de pays y sont favorables, mais à condition que les réformes nécessaires soient adoptées avant le lancement effectif de ces discussions, selon des sources diplomatiques.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.