Soudan: normalisation avec Israël signée, aide financière des Etats-Unis

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ; et le Premier ministre soudanais Abdullah Hamduk. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ; et le Premier ministre soudanais Abdullah Hamduk. (AFP)
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Publié le Mercredi 06 janvier 2021

Soudan: normalisation avec Israël signée, aide financière des Etats-Unis

  • La ministre soudanaise des Finances par intérim, Hiba Ahmed, et M. Mnuchin «ont signé un protocole d'accord à Khartoum pour fournir une facilité de financement
  • «Cette initiative va permettre au Soudan d'avoir de nouveau accès à plus d'un milliard de dollars de financements annuels de la part de la Banque mondiale pour la première fois en 27 ans»

KHARTOUM : Le Soudan a signé mercredi un accord de normalisation avec Israël et obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis à la suite du récent retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats finançant le terrorisme.

Lors d'une brève visite à Khartoum mercredi, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a signé un accord donnant accès au Soudan à plus d'un milliard de dollars annuellement pour l'aider à rembourser sa dette envers la Banque mondiale.

La ministre soudanaise des Finances par intérim, Hiba Ahmed, et M. Mnuchin «ont signé un protocole d'accord à Khartoum pour fournir une facilité de financement (...), afin de couvrir les arriérés du Soudan envers la Banque mondiale».

«Cette initiative va permettre au Soudan d'avoir de nouveau accès à plus d'un milliard de dollars de financements annuels de la part de la Banque mondiale pour la première fois en 27 ans», a précisé un communiqué du ministère.

Parallèlement, le Soudan a signé mercredi avec les Etats-Unis les accords dits d'Abraham sur la normalisation des relations de ce pays à majorité musulmane avec Israël, selon l'ambassade américaine à Khartoum.

«Nous félicitons le gouvernement de transition (soudanais) pour la signature de la Déclaration des accords d'Abraham, qui aidera le Soudan à poursuivre sa transformation vers la stabilité, la sécurité et les opportunités économiques», a déclaré l'ambassade sur Twitter.

«L'accord permet au Soudan, à Israël et aux autres signataires des Accords d'Abraham d'établir une confiance mutuelle et d'accroître la coopération dans la région», a-t-elle ajouté.

- «Etape importante» -

Au cours de la cérémonie de signature, le ministre de la Justice soudanais, Nasr Abdelbari, a estimé que l'accord était une «étape importante».

«Cela confirme notre croyance que la paix renforce les relations et les intérêts entre les peuples», a-t-il dit dans une vidéo diffusée par l'agence de presse d'Etat Suna.

Ces annonces interviennent après le retrait du Soudan de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme, synonyme de sanctions et d'obstacles aux investissements internationaux pendant des décennies.

L'aide financière obtenue par Khartoum ouvre la voie aux investisseurs dans le pays, qui connaît actuellement une transition politique et lutte contre une crise économique sans précédent avec une inflation galopante, le tout accentué par la pandémie de Covid-19.

La dette extérieure du Soudan est d'environ 60 milliards de dollars.

Le retrait du Soudan de la liste noire faisait partie d'un accord comprenant la normalisation des relations entre le pays principalement arabe et Israël.

Le 23 octobre, le président américain, Donald Trump, avait coup sur coup annoncé sa décision de retirer le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme et l'accord de Khartoum pour normaliser ses relations avec Israël.

Lors de sa visite inédite à Khartoum, M. Mnuchin devait rencontrer le président du Conseil souverain, Abdel Fattah al-Burhan, et le Premier ministre, Abdallah Hamdok.

Après avoir régné sans partage sur le pays pendant 30 ans, Omar el-Béchir a été chassé du pouvoir en avril 2019 à la suite de manifestations de masse contre son régime.

Un gouvernement de transition, issu d'un accord entre militaires et dirigeants du mouvement de contestation, est en place depuis août 2019.

M. Mnuchin a également rencontré mercredi le ministre soudanais de l'Irrigation pour discuter du barrage construit sur le Nil par l'Ethiopie et contesté par l'Egypte et le Soudan. 

 


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".