Le nouveau recensement américain comportera une catégorie pour certains citoyens originaires de la zone «Mena»

Une affiche en arabe annonce le recensement de 2020, à Los Angeles, le 27 février 2020. Les activistes arabes-américains luttent depuis plus de cinquante ans pour l’inclusion d’une catégorie «Arabe» dans les formulaires de recensement. (Photo AFP)
Une affiche en arabe annonce le recensement de 2020, à Los Angeles, le 27 février 2020. Les activistes arabes-américains luttent depuis plus de cinquante ans pour l’inclusion d’une catégorie «Arabe» dans les formulaires de recensement. (Photo AFP)
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Publié le Vendredi 29 mars 2024

Le nouveau recensement américain comportera une catégorie pour certains citoyens originaires de la zone «Mena»

  • La plupart des Américains d’origine arabe devront toujours préciser leur nationalité
  • L’inclusion de la catégorie «Mena» est un «pas en avant», mais les activistes veulent une catégorie «Arabe»

CHICAGO: Le Bureau du recensement des États-Unis a annoncé jeudi que les prochains formulaires incluront la catégorie «Mena», ce qui signifie «du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord», mais la plupart des Américains d’origine arabe devront toujours préciser leur nationalité. 

Les activistes arabes-américains luttent depuis plus de cinquante ans pour l’inclusion d’une catégorie «Arabe» dans les formulaires de recensement et ils ont accepté un compromis pour être inclus dans la catégorie plus large de «Mena». 

Cette dernière comprend seulement quatre nationalités arabes: libanaise, syrienne, irakienne et égyptienne. 

Cette annonce fait suite aux protestations des électeurs arabes-américains qui pensent que le président des États-Unis, Joe Biden, les a trahis en ignorant leurs préoccupations relatives à la guerre menée par Israël à Gaza. 

Outre les quatre nationalités arabes pour lesquelles des cases à cocher spécifiques sont prévues, la catégorie Mena comprendra des cases pour les nationalités israélienne et iranienne. 

Tous les autres Américains d’origine arabe, dont les citoyens de Palestine et de Jordanie, qui comptent parmi les communautés arabes-américaines les plus importantes, devront toujours indiquer leur nationalité sur une ligne vierge en dessous. 

De nombreux Arabes-Américains estiment que l’exclusion du mot «Arabe» constitue un affront et vise à satisfaire la communauté pro-israélienne. 

«Je suis très déçue qu’on n’ait pas inclus tous les pays arabes. De nombreuses communautés arabes connaissent une croissance importante, notamment la communauté yéménite, qui figure parmi celles dont la croissance est la plus rapide», souligne Anna Moustafa, qui a commencé à faire officiellement pression en 1980 pour l’inclusion de la catégorie «Arabe» dans le formulaire de recensement. Mme Moustafa a travaillé officiellement avec le Bureau du recensement en tant que spécialiste des partenariats dans les années 1990 et 2000. 

«Nous avons travaillé sur les limites politiques dans les années 1990 et 2000, mais le processus a été bloqué et un certain groupe a tout arrêté. Si Israël en fait partie, les communautés palestinienne et jordanienne devraient également être incluses dans ce formulaire de recensement», déclare-t-elle à Arab News. 

Mme Moustafa a reconnu qu’il s’agissait d’un «pas en avant». «Ce n’est pas ce que nous voulions, mais c’est mieux que ce que nous avons», ajoute-t-elle. 

Elle a insisté sur le fait que la communauté ne devait pas cesser de plaider en faveur de «l’inclusion totale» des 22 nationalités arabes. 

La directrice exécutive de l’Arab American Institute, Maya Berry, qui a plaidé en faveur de l’inclusion de la catégorie «Mena», a salué ce changement, le qualifiant de «réalisation majeure» et attribuant le mérite à l’administration Biden. 

«Pour la première fois, les Américains d’origine arabe seront visibles non seulement dans le recensement décennal, mais aussi à travers toutes les données fédérales relatives à la race et à l’ethnicité, ce qui est historique», indique Mme Berry, avant de poursuivre en ces termes: «Cependant, il est regrettable qu’au lieu de célébrer ce qui aurait dû être une victoire capitale pour l’amélioration de la collecte des données et pour notre communauté, nous soyons préoccupés par l’effacement d’un segment clé de notre communauté et par la possibilité très réelle d’un sous-dénombrement récurrent.» 

«C’est un jour attendu depuis longtemps. Nous avons beaucoup de travail devant nous, en particulier lorsque le gouvernement fédéral commencera à appliquer ce changement. Cela va des programmes conçus pour améliorer nos entreprises à la lutte contre les disparités en matière de santé, et bien plus encore. Il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction, mais nous sommes conscients qu’il reste encore beaucoup à faire pour garantir une représentation complète et exacte de la communauté arabe-américaine», souligne pour sa part Abed Ayoub, directeur exécutif national de l’American-Arab Anti-Discrimination Committee. 

L’inclusion dans le recensement a un impact majeur sur les communautés ethniques et nationales et elle les aide à obtenir des fonds fédéraux pour répondre à leurs besoins. En outre, elle leur confère un statut spécial qui empêche les politiciens de diviser leur vote, notamment dans les districts congressionnels. 

En 2021, l’administration Biden a collaboré avec les démocrates pour redécouper plusieurs districts congressionnels. L’ancien 3e district congressionnel de l’Illinois, qui avait été identifié comme ayant la plus grande concentration d’électeurs palestino-américains de tous les districts congressionnels, était concerné. Il a été divisé en cinq districts congressionnels différents, diluant ainsi la capacité des électeurs palestino-américains à élire l’un des leurs au Congrès. 

Dans les années 1980, les Hispaniques ont été inclus dans le recensement et l’État a été contraint de créer un district congressionnel qui augmenterait les chances de voir l’un de ses membres élu. Dans les années 1990, ce district a élu Luis Gutiérrez et, depuis, il compte un membre hispanique au Congrès. Le district est aujourd’hui représenté par Jesus «Chuy» Garcia, membre de la Chambre des représentants des États-Unis. 

Le recensement est effectué tous les dix ans. Auparavant, les Arabes-Américains faisaient partie de la catégorie «Blanc» et ne pouvaient inscrire que leur nationalité. En conséquence, la communauté arabe n’avait pas droit aux subventions fédérales ni à la continuité du vote politique lors du redécoupage des districts du Congrès, a fait remarquer Mme Moustafa. 

Les responsables du Bureau du recensement reconnaissent que la catégorie «Mena» est «une catégorie de déclaration minimale, séparée et distincte de la catégorie “Blanc”». 

Le recensement est géré par le Bureau de la gestion et du budget, qui fait partie du gouvernement américain. Le rapport complet sur la révision est disponible ici. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.