France: la croissance va pâtir des plans d'économies du gouvernement, selon l'OFCE

Le Premier ministre français Gabriel Attal s'exprime lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris, le 10 avril 2024. (Photo Julien De Rosa AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal s'exprime lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris, le 10 avril 2024. (Photo Julien De Rosa AFP)
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Publié le Mercredi 10 avril 2024

France: la croissance va pâtir des plans d'économies du gouvernement, selon l'OFCE

  • «Sur les 10 milliards annoncés, à peu près 7 milliards ont des effets réels sur le PIB français», a détaillé mercredi l'économiste de l'OFCE Mathieu Plane
  • «A partir du moment où vous faites des économies, vous réduisez un certain nombre de transferts» aux ménages et aux entreprises, ce qui a un impact négatif sur les «comportements» de ces acteurs économiques », a-t-il expliqué

Paris : La croissance du PIB de la France va être amputée de 0,2 point en 2024 puis de 0,6 point en 2025 par les plans d'économies du gouvernement, a estimé mercredi l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Pour faire face à l'envolée du déficit public (5,5% du PIB en 2023 contre 4,9% attendus), l'exécutif a acté par décret 10 milliards d'euros d'économies dans les dépenses de l'Etat en 2024, et promis 20 milliards de coupes supplémentaires en 2025, élargies cette fois aux collectivités et aux dépenses sociales.

«Sur les 10 milliards annoncés, à peu près 7 milliards ont des effets réels sur le PIB français», a détaillé mercredi l'économiste de l'OFCE Mathieu Plane lors d'une conférence de presse de présentation des «Perspectives 2024-2025» de l'organisme de conjoncture.

«A partir du moment où vous faites des économies, vous réduisez un certain nombre de transferts» aux ménages et aux entreprises, ce qui a un impact négatif sur les «comportements» de ces acteurs économiques, comme la consommation ou l'investissement, a expliqué M. Plane.

Le détail des économies prévues en 2025 n'étant pas connu, c'est en revanche «plus compliqué» d'évaluer avec certitude leur impact sur la croissance, a-t-il averti. «Notre prévision va évoluer en fonction des annonces précises qui seront faites», a anticipé l'économiste.

Les dix milliards d'économies déjà actées contribuent en tout cas à l'abaissement de la prévision de croissance de l'OFCE pour 2024, à 0,5% contre 0,8% anticipé jusqu'alors, le gouvernement tablant pour sa part sur 1%.

«En 2025, la croissance française est attendue à 1,2%», soit un demi-point de moins que la prévision du gouvernement (1,7%), ajoute l'OFCE.

Si la baisse des taux d'intérêt, relevés en urgence par les banques centrales pour tenter de juguler l'inflation, aura un effet positif sur l'activité, celle-ci restera «contrainte par les nouveaux ajustements budgétaires prévus par le gouvernement (...) en plus de la suppression totale des boucliers tarifaires» sur les prix de l'électricité.

Les mesures d'économies auraient au moins le mérite de faire baisser le déficit à 5% du PIB en 2024 et à 4,4% l'année d'après, toujours bien au-dessus de l'objectif européen de 3%.

Le gouvernement, qui tablait jusqu'ici sur un recul du déficit à 4,4% dès 2024, doit justement actualiser ses prévisions mercredi.

Enfin, «après trois ans de baisse, la dette publique (...) repartirait à la hausse en 2024 et 2025. Elle atteindrait 112,8% du PIB en 2025, après 111,9% en 2024 et 110,6% en 2023», anticipe l'OFCE.

Dans l'immédiat, l'obsevatoire table sur une croissance de 0,1% au premier trimestre 2024 puis de 0,2% au deuxième.

«Au troisième trimestre 2024, un léger pic de croissance (0,3%) est attendu en raison de l’effet tourisme lié aux Jeux olympiques à l’été 2024, suivi d’un reflux au quatrième trimestre (0,1%)», détaille l'OFCE.

La croissance redémarrerait plus franchement en 2025, avec une progression du PIB de 0,4% à chaque trimestre.

Elle serait notamment soutenue par un rebond de la consommation, encouragée par l'assagissement de l'inflation à 2,4% en 2024 puis 2,2% en 2025, non loin de l'objectif de 2% de hausse des prix poursuivi par la Banque centrale européenne.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.