La rappeuse afghane Sonita Alizada, voix des jeunes filles pour la liberté

Sonita Alizada elle-même a failli être vendue à un homme vers l'âge de 10 ans, puis à 14 ans pour 9.000 dollars. (AFP).
Sonita Alizada elle-même a failli être vendue à un homme vers l'âge de 10 ans, puis à 14 ans pour 9.000 dollars. (AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 03 mai 2024

La rappeuse afghane Sonita Alizada, voix des jeunes filles pour la liberté

  • Non au travail des enfants, aux mariages forcés, au renoncement à ses rêves: à travers le rap, Sonita Alizada (ou Alizadeh) a trouvé un médium parfait pour crier ses combats et raconter son histoire démarrée sous le régime taliban
  • Postée sur internet, la vidéo est vue plus de 8.000 fois le premier jour, tant les mariages forcés sont répandus dans le monde avec 12 millions de mineures mariées chaque année, selon l'Unicef

ARROMANCHES-LES-BAINS: Non au travail des enfants, aux mariages forcés, au renoncement à ses rêves: à travers le rap, Sonita Alizada (ou Alizadeh) a trouvé un médium parfait pour crier ses combats et raconter son histoire démarrée sous le régime taliban.

"Comme toutes les filles, je suis en cage, je ne suis qu'un mouton qu'on élève pour le dévorer", chante-t-elle, en 2014 en Iran, dans "Brides for sale" (Mariées à vendre), en robe de mariée, code-barre et ecchymoses sur le visage. "Relis le Coran! Il ne dit pas que les femmes sont à vendre."

Postée sur internet, la vidéo est vue plus de 8.000 fois le premier jour, tant les mariages forcés sont répandus dans le monde avec 12 millions de mineures mariées chaque année, selon l'Unicef.

Sonita Alizada elle-même a failli être vendue à un homme vers l'âge de 10 ans, puis à 14 ans pour 9.000 dollars.

Repérée par la documentariste iranienne Rokhsareh Ghaem Maghami qui verse 2.000 dollars, elle a droit à six mois de sursis et saisit sa chance lorsqu'une ONG américaine lui propose d'étudier aux Etats-Unis.

Dans l'Utah, les débuts sont difficiles pour celle qui ne sait dire en anglais que "salut, je suis une rappeuse". Elle découvre aussi qu'aux Etats-Unis les mariages de mineures existent.

Elle décide de raconter son histoire dans les écoles, jusqu'au très prisé festival américain du film de Sundance où le documentaire qui lui est consacré, "Sonita", remporte en 2016 le prix du jury.

Ses jeunes années sont marquées par la peur des Talibans et la faim. Née à Herat en 1996, elle a environ cinq ans lorsqu'elle fuit avec ses parents et ses sept frères et sœurs, sans papiers, vers l'Iran.

"On pensait que la vie y serait plus facile, sans guerre mais c'était très difficile de se faire accepter à cause de l'image des Afghans", se rappelle Sonita Alizada, 27 ans, dans un entretien avec l'AFP.

Là aussi, interdiction d'aller à l'école: "Je cirais des chaussures avec mes frères puis je vendais des fleurs." Sa première bonne étoile est une femme qui apprend clandestinement aux filles à lire et à écrire dans une mosquée.

« Toujours en colère »

De retour en Afghanistan, son père, malade, meurt. Son mariage est planifié puis annulé lorsqu'elle retourne en Iran. Sonita y rencontre une association qui lui permet de prendre des cours de guitare en secret... et l'encourage à écrire après avoir remporté un prix de poésie.

Un jour l'artiste en devenir entend le rappeur star Eminem et, sans comprendre les paroles, pense que c'est "probablement la meilleure façon de partager une histoire".

La jeune fille écrit "Brides for sale" même si sa mère, mariée à 12 ans et illettrée, lui interdit de faire du rap. C'est le succès et le départ vers les Etats-Unis.

Devenue sa plus grande admiratrice, sa mère apparaît dans son clip "Run Boy", qui parle des Talibans essayant d'empêcher la scolarisation des filles.

Le 4 juin, elle sera à Caen, dans le nord-ouest de la France, pour le prix Liberté, qu'elle a remporté en 2021. La jeune artiste chantera "Stand up" avec des locaux et le clip de la chanson, filmé sur les plages du Débarquement, sera diffusé devant des vétérans de la Seconde Guerre mondiale.

"Toujours en colère", elle continue de défendre avec le rap et sur les réseaux sociaux la liberté sous toutes ses formes: à l'éducation, à s'exprimer, à choisir son partenaire. Elle a aussi mis en place deux projets en Afghanistan pour aider les enfants et les femmes.

Diplômée l'année dernière en droits humains et en musique à New York, Sonita Alizada veut maintenant étudier la politique à Oxford.

"L'art et la politique vont ensemble. Toute ma musique parle de politique, de faire la différence, de donner de l'espoir, de prendre conscience. Alors j'essaye d'éveiller les consciences à travers la musique", souligne celle qui espère, un jour, pouvoir prendre une part active dans l'avenir de son pays.


Le castor, allié discret de l'environnement, de retour dans les rivières françaises

Le castor, quasiment éteint en France il y a une centaine d'années, prospère désormais dans les fleuves et rivières du pays, apportant discrètement sa pierre à la lutte contre les effets du changement climatique. (AFP).
Le castor, quasiment éteint en France il y a une centaine d'années, prospère désormais dans les fleuves et rivières du pays, apportant discrètement sa pierre à la lutte contre les effets du changement climatique. (AFP).
Short Url
  • "Là on peut dire avec certitude qu'un castor est passé par là"
  • Penché sur une branche de saule pleureur, Stéphane Tessier, un naturaliste membre de l'association Perche Nature, est formel: cette coupe nette en biseau avec de petites dentelures façonnées par les dents du rongeur, "c'est un indice probant"

CLOYES-SUR-LE-LOIRE: Barrière contre l'érosion, créateur de zones humides ou régulateur des cours d'eau ... Le castor, quasiment éteint en France il y a une centaine d'années, prospère désormais dans les fleuves et rivières du pays, apportant discrètement sa pierre à la lutte contre les effets du changement climatique.

"Là on peut dire avec certitude qu'un castor est passé par là". Penché sur une branche de saule pleureur, Stéphane Tessier, un naturaliste membre de l'association Perche Nature, est formel: cette coupe nette en biseau avec de petites dentelures façonnées par les dents du rongeur, "c'est un indice probant".

Le castor "a arraché l'écorce puis le bois dur jusqu'à couper cette branche d'environ cinq à six centimètres pour aller la manger plus loin. Ça a dû lui demander 15-20 minutes de travail", précise David Caille, agent de l'Office français de la biodiversité (OFB).

Les deux hommes appartiennent au Réseau Castor, qui recense les traces de l'animal pour permettre aux autorités de prendre des arrêtés interdisant certains pièges. Car le castor, longtemps chassé pour sa fourrure, est une espèce protégée.

Au début du XXe siècle, seuls quelques dizaines d'individus subsistaient en France. Aujourd'hui, ils sont autour de 20.000 sur l'ensemble du territoire, fruit d'une réintroduction réussie.

Dans le Loir-et-Cher (centre), le plus gros rongeur d'Europe - il peut peser dans les 25 kg - a fait son retour dans les années 1970. Depuis, même s'il est difficile d'estimer leur nombre exact, ses traces se retrouvent couramment le long des cours d'eau.

Méconnaissance 

Souvent confondu avec le ragondin - une espèce invasive - et parfois décrié jusqu'en Ecosse pour les inondations que ses barrages peuvent entraîner sur les parcelles agricoles, le castor a des effets sur son environnement "bien davantage bénéfiques que négatifs", affirment MM. Caille et Tessier.

"C'est vrai qu'il y a de la méconnaissance, et parfois un manque de tolérance à la cohabitation avec le vivant", estime le naturaliste. Pourtant le castor est "une des rares espèces capable de modeler son milieu à ses besoins, et son travail est précieux pour les écosystèmes", explique David Caille.

Végétarien, ce mammifère aux dents acérées se nourrit principalement d'écorces et de branchages. "Il va avoir tendance à abattre une partie de ce qu'il va consommer, ce qui va rajeunir la végétation, créer des trouées amenant de la lumière, et donc favoriser tout un cortège d'autres espèces", selon l'agent de l'OFB.

Des études ont montré que la biomasse peut être multipliée jusqu'à 80 en présence de castors.

Sur la rivière française du Loir, il joue aussi un rôle "d'entretien des berges là où l'homme le fait de moins en moins", luttant ainsi contre l'érosion des rives, souligne M. Tessier.

Stockage de carbone 

Ses constructions de boue et de branchages, principalement sur des petits cours d'eau, ont aussi un rôle de lutte contre les inondations, pouvant réduire les débits de crues jusqu'à 60%, selon une étude britannique menée sur une rivière du comté du Devon (sud de l'Angleterre).

"Ça a tendance à retenir l'écoulement, ce qui permet aussi à l'eau de mieux s'infiltrer dans le sol", favorisant le remplissage des nappes phréatiques. Et dans beaucoup de rivières, ses digues retiennent les sédiments qui absorbent et filtrent les polluants, explique l'OFB.

Face à la sécheresse, les castors peuvent recréer des mini-zones humides en bloquant l'eau, servant de refuge aux insectes et batraciens. En cas d'incendies, elles peuvent également stopper la progression des flammes.

Ces marécages, en stockant de la matière organique ou des sédiments, servent également à retenir le carbone, principal responsable du réchauffement climatique.

En 2018, des chercheurs finlandais avaient calculé que chaque année, les zones humides créées par les castors pouvaient stocker jusqu'à 470.000 tonnes de carbone, mettant toutefois en garde contre un risque d'inversion dans certaines régions.

Mais globalement, malgré ces incertitudes, "je parierais que (les ouvrages de castors) stockent plus de carbone qu'ils n'en produisent", estimait dans une autre étude Jennifer Edmonds, écologiste à l'Université de l'Alabama.


Riyad: une Expo 2030 «par le monde, pour le monde»

Les efforts sont pleinement engagés pour l’enregistrement de l’Expo et l’élaboration du cadre juridique permettant la participation internationale à l’événement. (AFP).
Les efforts sont pleinement engagés pour l’enregistrement de l’Expo et l’élaboration du cadre juridique permettant la participation internationale à l’événement. (AFP).
Short Url
  • La ville de Riyad a été choisie pour accueillir l’événement lors de la dernière assemblée générale du bureau en novembre 2023
  • L’exposition se déroulera du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031

RIYAD: L’Arabie saoudite est en bonne voie pour organiser une Expo 2030 «par le monde, pour le monde», ont déclaré les organisateurs aux responsables de l’événement à Paris dans leur premier rapport d’activité depuis que Riyad a été choisie comme ville hôte.

Abdelaziz Alghannam, directeur général du bureau de l’Expo 2030 de Riyad à la Commission royale pour la ville de Riyad, dirige la délégation saoudienne à l’assemblée générale du Bureau international des expositions dans la capitale française.

Les efforts sont pleinement engagés pour l’enregistrement de l’Expo et l’élaboration du cadre juridique permettant la participation internationale à l’événement, a-t-il déclaré au bureau.

La ville de Riyad a été choisie pour accueillir l’événement lors de la dernière assemblée générale du bureau en novembre 2023. L’exposition se déroulera du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031, date à laquelle la capitale saoudienne accueillera cent quatre-vingt-dix-sept pays et vingt-neuf organisations internationales.

Le thème – «L’ère du changement: Ensemble pour un avenir clairvoyant» – résume l’engagement de l’Arabie saoudite à utiliser l’Expo pour accélérer les progrès afin de parvenir aux objectifs de développement durable prévus. L’événement se concentrera sur l’exploitation de la science et de l’innovation pour un avenir meilleur.

Les préparatifs sont en cours au plus haut niveau, notamment le développement des infrastructures, les mesures législatives et financières, le plan directeur du site de l’Expo et les plans transmis.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Fashion Trust Arabia rend hommage aux gagnants lors d’un dîner à Londres en présence de Salma Hayek

L’actrice américano-mexicaine Salma Hayek a assisté à l’événement avec les lauréats de 2023. (Images Getty)
L’actrice américano-mexicaine Salma Hayek a assisté à l’événement avec les lauréats de 2023. (Images Getty)
Short Url
  • La 6e édition de la cérémonie de remise des prix Fashion Trust Arabia se tiendra à Marrakech, au Maroc, dans le cadre de l’Année de la culture Qatar-Maroc 2024
  • L’événement aura lieu au mois d’octobre, ont annoncé les organisateurs sur Instagram au mois d’avril

DUBAÏ: Le Fashion Trust Arabia du Qatar a organisé une fête à l’hôtel Claridge’s de Londres, lundi, pour rendre hommage à ses lauréats pour l’année 2023. 

Le mannequin somalien d’origine suédoise Ikram Abdi a assisté à l’événement aux côtés de l’actrice américano-mexicaine Salma Hayek et des créateurs primés. 

photo
Ikram Abdi a assisté à l’événement à Londres. (Images Getty) 

L’organisation a annoncé les sept lauréats du prix Fashion Trust Arabia en décembre. 

La cérémonie de remise des prix, à laquelle assistent habituellement nombre de stars, a été annulée en raison de la «crise humanitaire profondément affligeante en Palestine», mais une session de délibération virtuelle de deux jours a été organisée pour désigner les lauréats l’année dernière. 

Le créateur de vêtements pour femmes Amir al-Kasm et la fondatrice de Renaissance Renaissance, Cynthia Merhej, ont remporté conjointement la catégorie tenue de soirée. 

Les finalistes ont été sélectionnés par un jury composé notamment de cheikha al-Mayassa bent Hamad ben Khalifa al-Thani et de la rédactrice de mode Tania Fares, fondatrice du fonds en 2018. 

Parmi les autres lauréats, on compte le créateur basé au Liban Ahmed Amer dans la catégorie prêt-à-porter, la créatrice anglo-libanaise Katarina Tarazi dans la catégorie bijoux et le duo de créateurs de la marque de lunettes «A Better Feeling» Omar Taha et Lily Max pour les accessoires. 

Le créateur de vêtements pour hommes Adam Elyasse a remporté le prix Franca Sozzani Debut Talent et le créateur nigérian Adeju Thompson, fondateur du Lagos Space Programme, a reçu le prix Guest Country. 

La 6e édition de la cérémonie de remise des prix Fashion Trust Arabia se tiendra à Marrakech, au Maroc, dans le cadre de l’Année de la culture Qatar-Maroc 2024. 

L’événement aura lieu au mois d’octobre, ont annoncé les organisateurs sur Instagram au mois d’avril. 

«Conformément à notre engagement continu en faveur de la diversité et de l’inclusion, nous avons choisi la ville animée de Marrakech comme lieu d’accueil», peut-on lire sur le communiqué. «Le prix FTA 2024 rassemblera des talents en provenance du monde entier, au moment où nous explorons et mettons en valeur le patrimoine culturel diversifié du Maroc.» 

«Au cœur de notre mission, nous avons toujours défendu les communautés créatives du monde arabe et cette année ne fait pas exception», ajoute le communiqué. 

Fashion Trust Arabia est une organisation à but non lucratif qui fournit un soutien financier, des conseils et un mentorat aux créateurs émergents de toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. 

L’événement est connu pour attirer les grands noms du secteur à travers le monde, la cérémonie de 2022 ayant accueilli des personnalités telles que Bella Hadid, Naomi Campbell, Karolina Kourkova, Pierpaolo Picciolini (le directeur artistique de Valentino), les mannequins britanniques Jourdan Dunn et Poppy Delevingne, l’ancienne Miss Univers Olivia Culpo, l’actrice britannique Jodie Turner-Smith, le mannequin américain Jasmine Tookes et le mannequin somali-américain Halima Aden. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com