La moitié des écosystèmes de mangrove risquent de s'effondrer

Une photo montre des mangroves sur les plages d'Al-Dhafra, au nord d'Abu Dhabi, le 10 octobre 2023. (Photo de Karim SAHIB / AFP)
Une photo montre des mangroves sur les plages d'Al-Dhafra, au nord d'Abu Dhabi, le 10 octobre 2023. (Photo de Karim SAHIB / AFP)
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Publié le Mercredi 22 mai 2024

La moitié des écosystèmes de mangrove risquent de s'effondrer

  • Les mangroves sont des habitats cruciaux pour des millions de personnes appartenant à des communautés vulnérables dans le monde entier
  • L'étude montre que «50 % des écosystèmes de mangrove évalués sont menacés d'effondrement»

GENEVE: La moitié des écosystèmes de mangrove dans le monde risquent de s'effondrer, menacés notamment par le changement climatique, la déforestation ou la pollution, selon une étude publiée mercredi.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), connue pour ses listes rouges d'espèces menacées, a pour la première fois fait un état des lieux des mangroves dans le monde, en évaluant 36 différentes zones.

"La première évaluation mondiale des écosystèmes de mangrove fournit des orientations essentielles qui soulignent le besoin urgent d'une conservation coordonnée des mangroves", a indiqué Grethel Aguilar, directrice générale de l'UICN, dans un communiqué.

Les mangroves, cet ensemble de végétation se développant à l'interface entre terre et mer, sont "des habitats cruciaux pour des millions de personnes appartenant à des communautés vulnérables dans le monde entier", a-t-elle ajouté.

Publiée à l'occasion de la Journée internationale de la biodiversité, l'étude montre que "50 % des écosystèmes de mangrove évalués sont menacés d'effondrement". Cela représente environ 50% de la superficie mondiale des mangroves.

Environ 20% d'entre eux sont classés "comme étant en danger ou en danger critique d'extinction", et sont donc gravement menacés d'effondrement.

Plusieurs menaces pèsent sur les mangroves: la déforestation, le développement, la pollution et la construction de barrages. Mais le risque pour ces écosystèmes augmente en raison de l'élévation du niveau de la mer et de la fréquence accrue des tempêtes violentes associées au changement climatique.

Environ 15% des côtes dans le monde sont couvertes de mangroves, soit environ 150.000 km2, et elles se situent principalement le long des côtes tropicales, subtropicales et sur certaines côtes tempérées chaudes du monde, selon l'UICN.

Disparition désastreuse

Le changement climatique menace un tiers (33%) des écosystèmes de mangroves évalués, en raison de la montée des eaux.

Selon les estimations, au rythme actuel, 25% de la superficie mondiale des mangroves devrait être submergée dans les 50 prochaines années, indique l'UICN.

Les régions côtières de l'Atlantique Nord-Ouest, du nord de l'océan Indien, de la mer Rouge, de la mer de Chine méridionale et du golfe d'Aden devraient être particulièrement touchées.

"Les écosystèmes de mangrove sont exceptionnels par leur capacité à fournir des services essentiels aux populations, notamment la réduction des risques de catastrophes côtières, le stockage et la séquestration du carbone et le soutien à la pêche", a souligné Angela Andrade, présidente de la Commission mondiale de gestion des écosystèmes à l'UICN.

"Leur disparition risque d'être désastreuse pour la nature et les populations du monde entier. C'est pourquoi cette évaluation est si importante", a-t-elle averti.

L'évaluation montre que le maintien des mangroves est essentiel pour atténuer les effets du changement climatique, des écosystèmes sains pouvant mieux faire face à l'élévation du niveau de la mer et offrant une protection à l'intérieur des terres contre les effets des ouragans, typhons et cyclones.

En l'absence d'amélioration significative d'ici 2050, le changement climatique et l'élévation du niveau de la mer entraîneront en revanche la perte de 1,8 milliard de tonnes de carbone stocké dans les mangroves.

Les mangroves stockent actuellement près de 11 milliards de tonnes de carbone, soit près de trois fois la quantité de carbone stockée par des forêts tropicales de même taille.

Maintenir une bonne circulation des sédiments et permettre aux mangroves de s'étendre à l'intérieur des terres les aideront à faire face à l'élévation du niveau de la mer, recommande l'organisation.

L'UICN appelle aussi à restaurer les mangroves qui ont déjà disparu.

"Une très bonne étude sur l'évolution des mangroves à l'échelle mondiale, publiée en 2022, indique qu'environ 5.000 km2 de mangroves ont été perdus au cours des deux dernières décennies", de 1996 à 2020, a indiqué à l'AFP Marco Valderrabano, de l'UICN.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.