Macron à la rencontre de l'Allemagne de l'Est

Au mémorial de l'Holocauste, au coeur de la capitale allemande.  L'occasion d'un moment de recueillement lourd de sens à l'heure où l'antisémitisme revient en force en Europe. (AFP).
Au mémorial de l'Holocauste, au coeur de la capitale allemande. L'occasion d'un moment de recueillement lourd de sens à l'heure où l'antisémitisme revient en force en Europe. (AFP).
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Publié le Lundi 27 mai 2024

Macron à la rencontre de l'Allemagne de l'Est

  • En visite d'Etat pour trois jours en Allemagne, le président français a planté le décor dès son arrivé dimanche : la démocratie est en "crise"
  • Lundi matin, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, accompagnés du couple présidentiel allemand, visiteront l'imposant mémorial de l'Holocauste, au coeur de la capitale allemande

BERLIN: Emmanuel Macron va saluer lundi à Berlin la mémoire des six millions de Juifs assassinés par les nazis et lancer depuis l'est de l'Allemagne un appel à la jeunesse pour plus d'Europe, à moins de deux semaines des élections européennes.

En visite d'Etat pour trois jours en Allemagne, le président français a planté le décor dès son arrivé dimanche : la démocratie est en "crise", bousculée par la "montée" des extrêmes, une "fascination pour l'autoritarisme", et il a appelé à se rendre aux urnes pour la "défendre".

Il poursuit ainsi depuis l'Allemagne sa campagne pour les européennes, alors que la liste de son camp est loin derrière celle du Rassemblement national (RN, extrême droite) dans les intentions de vote le 9 juin.

"Nous sentons que nous ne pouvons pas nous reposer sur nos acquis, mais que nous devons défendre ce qui nous est cher", a renchéri le président allemand Frank-Walter Steinmeier lors d'une conférence de presse commune.

Lundi matin, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, accompagnés du couple présidentiel allemand, visiteront l'imposant mémorial de l'Holocauste, au coeur de la capitale allemande.

L'occasion d'un moment de recueillement lourd de sens à l'heure où l'antisémitisme revient en force en Europe, alimenté par l'hostilité à l'offensive israélienne à Gaza en réaction à l'attaque du groupe islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre.

Ville martyre

Emmanuel Macron décorera aussi le français Serge Klarsfeld et son épouse allemande Beate, qui ont traqué les nazis restés impunis après-guerre et contribué à la mémoire de la Shoah.

Ils sont aujourd'hui controversés pour leurs prises de position en faveur du RN de Marine Le Pen, dont ils saluent l'engagement contre l'antisémitisme, après avoir longtemps combattu la formation de son père Jean-Marie Le Pen, le Front national, fondé par des partisans du régime collaborationniste de Vichy.

M. Macron rejoindra ensuite Dresde (est), la capitale de l'Etat régional de Saxe, où il prononcera un discours en fin d'après-midi devant l'église Notre-Dame (Frauenkirche), symbole des tourments du 20e siècle.

L'édifice, détruit en février 1945 par des bombardements américano-britanniques, est resté à l'état de ruines durant le régime communiste de la RDA et a été reconstruit après la réunification allemande en 1990.

La ville de Dresde est également emblématique de la renaissance économique de cette partie de l'Allemagne de l'Est aujourd'hui connue sous le nom flatteur de "Silicon Saxony".

Mais l'ex-RDA est aussi une terre de conquête du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne), qui surfe sur la peur du déclassement et des étrangers dans ces régions longtemps coupées de l'Ouest.

Emmanuel Macron, premier président français à se rendre en Allemagne de l'Est depuis François Mitterrand en 1989, prendra la parole devant des jeunes Allemands, mais aussi des pays voisins, Tchèques, Polonais.

« Ni vieux, ni jeune »

"L'Est de l'Allemagne est en même temps le centre de l'Europe, une Europe qui, 20 ans après l'élargissement de l'UE à l'Est, est de plus en plus marquée par les expériences de l'Est européen", a souligné le président Steinmeier.

C'est-à-dire "les espoirs et, au plus tard depuis l'attaque brutale de la Russie contre l'Ukraine, les craintes de cette région", a-t-il pointé en saluant le choix de son homologue de s'y rendre.

Les deux présidents auront aussi une séquence à Dresde sur les moyens de renforcer la compétitivité de l'Europe face à la Chine et aux Etats-Unis, notamment en matière d'intelligence artificielle.

Mardi, le chef de l'Etat recevra le prix international de la paix de Westphalie à Münster (ouest) pour son "engagement européen", avant de retrouver le chancelier Olaf Scholz à Meseberg, près de Berlin, pour un Conseil des ministres franco-allemand.

Les deux tenteront de nouveau de mettre à plat leurs différends concernant le soutien à l'Ukraine, l'avenir de l'Europe, et de booster le couple franco-allemand, qui demeure le moteur de l'UE.

"Ce couple en est un, il n’est vieux ni jeune, il est vivant, exigeant, ambitieux pour nos deux pays, ambitieux pour notre Europe", a assuré Emmanuel Macron.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.