Avant les JO, la région parisienne fourbit ses armes face au moustique-tigre

Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques. (AFP).
Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 30 mai 2024

Avant les JO, la région parisienne fourbit ses armes face au moustique-tigre

  • Aux abords du Stade de France, situé au nord de la capitale française et où se dérouleront différentes épreuves olympiques comme celles d'athlétisme, l'une des disciplines reines, Kevin Meignan vient faire le relevé d'un piège pondoir
  • Ce seau - potentiel site de ponte - contient de l'eau et un carré de polystyrène, qui sera le support de la ponte

PARIS: Dans la région parisienne, la campagne de surveillance renforcée du moustique-tigre bat son plein, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques, un événement qui, en favorisant le brassage de populations, pourrait contribuer à une recrudescence de maladies comme la dengue.

Aux abords du Stade de France, situé au nord de la capitale française et où se dérouleront différentes épreuves olympiques comme celles d'athlétisme, l'une des disciplines reines, Kevin Meignan vient faire le relevé d'un piège pondoir installé il y a quelques semaines dans une allée bordée d'herbe.

Ce seau - potentiel site de ponte - contient de l'eau et un carré de polystyrène, qui sera le support de la ponte. Il est recouvert d'une grille métallique pour éviter que le polystyrène ne s'échappe hors du piège.

"L'objectif est de surveiller la présence du moustique-tigre", explique à l'AFP le responsable de lutte anti-vectorielle pour l'Agence régionale de démoustication (ARD), opérateur de l'Agence régionale de santé (ARS) en région parisienne.

Depuis le 1er mai et jusqu'au 30 novembre, principale période d'activité de ce moustique vecteur de maladies, les autorités sanitaires vont en effet scruter la présence de l'Aedes albopictus - son nom scientifique -, multiplier les messages de sensibilisation et déclencher d'éventuelles opérations de démoustication.

"Dans ce laps de temps, on viendra tous les mois relever le polystyrène contenu dans le piège pour l'étudier en laboratoire afin de savoir s'il y a des œufs de moustique-tigre et, s'il y en a, combien", poursuit Kevin Meignan.

Eviter les larves 

En relevant le piège, il déverse un produit biologique dans l'eau "pour éviter tout développement potentiel de larves".

Arrivé dans l'Hexagone français en 2004, le moustique-tigre s'est progressivement implanté sur une grande partie du territoire métropolitain. Au 1er janvier, il était présent dans 78 départements sur 96.

Potentiellement vecteur de virus tels que la dengue, le chikungunya et le Zika, il est notamment installé dans l'ensemble de la région parisienne.

Mi-avril, les autorités sanitaires ont alerté sur une situation inédite: un record de cas importés de dengue - près de 1.700 - recensés en France métropolitaine depuis début 2024. Depuis, le record atteint sur toute l'année 2023 (2.019) a été battu.

Ces cas importés concernent des personnes ayant voyagé dans les régions du monde où circule ce virus de manière endémique: les Antilles françaises et plus largement cette année l'Amérique latine et les Caraïbes.

Comme "le nombre significatif de cas importés pourrait entraîner la mise en place dans l'Hexagone de chaînes de transmission autochtones", le directeur général de la Santé Grégory Emery a appelé à la plus grande vigilance.

Un "cas autochtone" signifie que la personne n'a pas voyagé dans des zones où le virus circule largement mais a été piquée par un moustique s'étant infecté au contact d'un voyageur contaminé.

Plus de 500 pièges 

Les messages de prévention seront "d'autant plus importants que dans les toutes prochaines semaines la France accueillera" les Jeux olympiques et paralympiques, lors desquels "beaucoup de voyageurs vont venir sur le territoire métropolitain", a rappelé le directeur général de la Santé.

En prévision, le dispositif de surveillance est, cette année, "renforcé", assure l'Agence régionale de santé de la région parisienne.

Des informations de sensibilisation et de prévention à destination des voyageurs au départ ou à l'arrivée de zones d'endémie seront notamment diffusées dans les aéroports.

Plus de 500 pièges pondoirs seront positionnés dans toute la région. "Cette année, on a privilégié des lieux de grands rassemblements", souligne Cécile Somarriba, directrice de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS.

Ces pièges seront déployés autour du Stade de France, du village olympique, ou encore de certaines "fan zones".

"Ces dernières années, la population de moustiques-tigres a complètement explosé, partout en Ile-de-France (la région parisienne, ndlr). Donc forcément, le risque sanitaire augmente", prévient Kevin Meignan.

L'ARS incite aussi les particuliers à supprimer les eaux stagnantes, gîtes potentiels de reproduction, à l'intérieur et autour de leurs habitations.

"Il y a des gestes simples qui permettent de réduire l'implantation du moustique-tigre", assure Cécile Somarriba, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'un "enjeu majeur" pour la région Ile-de-France.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Short Url
  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Short Url
  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
Short Url
  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.