Les Houthis du Yémen répondent à l’attaque américano-britannique en frappant le porte-avions américain Eisenhower en mer Rouge

Selon les responsables, des avions de combat américains et britanniques et des navires américains ont touché un large éventail d'installations souterraines, des lanceurs de missiles, des sites de commandement et de contrôle, un navire Houthi et d'autres installations. (CENTCOM)
Selon les responsables, des avions de combat américains et britanniques et des navires américains ont touché un large éventail d'installations souterraines, des lanceurs de missiles, des sites de commandement et de contrôle, un navire Houthi et d'autres installations. (CENTCOM)
Short Url
Publié le Vendredi 31 mai 2024

Les Houthis du Yémen répondent à l’attaque américano-britannique en frappant le porte-avions américain Eisenhower en mer Rouge

  • Ces frappes conjointes ont été menées contre 13 sites des Houthis afin de prévenir de futures attaques des rebelles yéménites, a affirmé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom)
  • Un autre site situé au sud de Hodeida, servait aussi à mener des attaques de drones contre le trafic maritime international

HODEIDA: Les rebelles houthis ont menacé vendredi d'intensifier leurs attaques contre les navires au large du Yémen, après des frappes américano-britanniques contre leurs positions ayant ont fait 16 morts, selon eux.

Ce bilan, qui n'a pas pu être vérifié de manière indépendante, est l'un des plus lourds subis par ces insurgés pro-iraniens depuis que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont commencé en janvier à viser leurs installations, pour protéger la navigation en mer Rouge et dans le golfe d'Aden.

"L'agression américano-britannique ne nous dissuadera pas de poursuivre nos opérations (...). Nous répondrons à l'escalade par l'escalade", a réagi Mohammed Al-Bukhaiti, un membre du bureau politique des Houthis, sur son compte X.

Les frappes conjointes ont été menées contre 13 sites des rebelles, afin de prévenir de futures attaques, avait indiqué plus tôt le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a affirmé pour sa part que ces opérations relevaient de "la légitime défense face à la menace permanente que représentent les Houthis", en affirmant que les Houthis avaient mené 197 attaques depuis le mois de novembre.

Des journalistes de l'AFP avaient entendu dans la nuit de fortes explosions dans la ville côtière de Hodeidah (ouest) ainsi que dans la capitale Sanaa.

Selon la chaîne al-Massira, contrôlée par les rebelles, des infrastructures de télécommunications à Taëz ont également été visées.

Réponse des Houthis

"Les frappes ont fait 16 morts et 41 blessés", a affirmé le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans un communiqué, en ajoutant que des civils figuraient parmi les victimes, sans en préciser le nombre.

Selon lui, les rebelles ont lancé, en réponse, une attaque de missiles contre le porte-avions américain Eisenhower en mer Rouge, une opération qui n'a pas été confirmée par Washington jusque-là.

Les Houthis "n'hésiteront pas à répondre directement et immédiatement à toute nouvelle agression sur les territoires yéménites", a déclaré M. Saree.

La chaîne al-Massira a diffusé des images d'hommes blessés, selon elle, lors d'une frappe sur un bâtiment de la station de radio de Hodeida, et d'autres recevant des soins à l'hôpital. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l'authenticité de ces vidéos.

Un employé dans l'un des hôpitaux de la ville a raconté à l'AFP, sous couvert d'anonymat, avoir reçu des victimes, dont "la plupart" étaient des militaires, sans être en mesure de fournir un bilan précis.

Selon le ministère britannique de la Défense, des renseignements ont "confirmé" que deux sites à Hodeida étaient impliqués dans des attaques contre le trafic maritime, avec des maisons qui servaient de poste de pilotage de drones et de lieux pour entreposer des appareils volants de longue portée.

Un autre site situé au sud de la ville, servait aussi à mener des attaques de drones contre le trafic maritime international, selon la même source.

Des navires frappés

Depuis novembre, les Houthis ont mené des dizaines d'attaques contre des navires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden en disant agir en solidarité avec les Palestiniens dans la bande de Gaza, où Israël est en guerre depuis près de huit mois contre le mouvement islamiste palestiniens Hamas.

Le Hamas, les rebelles yéménites houthis et le mouvement islamiste libanais Hezbollah font partie de "l'axe de la résistance", un regroupement de mouvements armés hostiles à Israël et aux Etats-Unis, soutenu par l'Iran.

Les Etats-Unis, proche allié d'Israël, ont mis en place en décembre une force multinationale pour protéger la navigation dans cette zone stratégique et lancé en janvier, avec l'aide du Royaume-Uni, des premières frappes au Yémen.

Mais ces frappes n'ont pas dissuadé les Houthis, qui contrôlent de larges pans du pays et disent viser désormais aussi les navires américains et britanniques.

Mercredi, ils avaient revendiqué l'attaque d'un vraquier et de plusieurs autres navires au large du Yémen, affirmant qu'il s'agissait d'une réponse aux frappes israéliennes sur Rafah, ville palestinienne devenue l'épicentre de la guerre dans la bande de Gaza. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient avait indiqué plus tôt qu'un navire grec avait été endommagé par des missiles tirés par les Houthis.

Les Houthis ont également dit avoir abattu six drones américains de types MQ-9 Reaper, qui coûtent environ 30 millions de dollars l'un.

 

 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Short Url
  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.