En Libye, une famille transforme sa maison en musée d'art moderne

Des femmes regardent des peintures à Bayt Ali Gana (« la maison d'Ali Gana » en arabe), à ​​Tripoli, la capitale libyenne, le 24 avril 2024. (AFP)
Des femmes regardent des peintures à Bayt Ali Gana (« la maison d'Ali Gana » en arabe), à ​​Tripoli, la capitale libyenne, le 24 avril 2024. (AFP)
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Publié le Dimanche 02 juin 2024

En Libye, une famille transforme sa maison en musée d'art moderne

  • Il a fallu dix ans pour que Hadia Gana, cadette des quatre enfants d'Ali Gana, disparu en 2006 à l'âge de 70 ans, inaugure le musée dans la maison familiale
  • Aujourd'hui, «Bayt Ali Gana» est un lieu chargé de souvenirs autant que d'espoir dans une Libye constamment sur le fil du rasoir entre guerre et paix, où l'art et la culture sont délaissés

TRIPOLI: Une fois poussé le grand portail, un jardin foisonnant accueille le visiteur du premier musée d'art de Libye, créé par les descendants du grand artiste Ali Gana, et conçu comme un lieu de créativité et d'éducation.

Il a fallu dix ans pour que Hadia Gana, cadette des quatre enfants d'Ali Gana, disparu en 2006 à l'âge de 70 ans, inaugure le musée dans la maison familiale, construite par l'artiste, en périphérie ouest de Tripoli.

Aidée de bénévoles et forte d'une détermination sans faille, Hadia a transformé cette villa de style classique en musée tout en préservant l'intimité de sa famille, installée dans une autre aile.

Aujourd'hui, "Bayt Ali Gana" (Maison d'Ali Gana) est un lieu chargé de souvenirs autant que d'espoir dans une Libye constamment sur le fil du rasoir entre guerre et paix, où l'art et la culture sont délaissés.

Le "Bayt" c'est "le premier et unique musée d'art (moderne) en Libye", explique à l'AFP Mme Gana. S'il existe des galeries, elles se concentrent sur la vente d'oeuvres sans s'inscrire dans une démarche exclusivement artistique.

Dans ce pays miné par les divisions et les violences entre camps adverses depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, "l'art vient en dernière place, il est perçu comme quelque chose de superflu", souligne-t-elle.

Une "exposition permanente" des tableaux, sculptures et esquisses du maître, formé en Italie, garnit les salles principales. D'autres espaces abriteront expositions temporaires, séminaires et ateliers à thèmes.

Perché sur un mur d'enceinte, un vieux container a été aménagé pour héberger une "résidence d'artistes" et aussi accueillir des "curateurs et muséologues", des compétences rares en Libye.

Dans un coin du jardin, les visiteurs peuvent déguster une boisson fraîche ou un espresso dans une réplique à l'identique du "Café Saïd", que tenait le grand-père Gana dans la médina de Tripoli.

«Pas un mausolée»

Sous la dictature de Kadhafi, les artistes pratiquaient l'autocensure pour éviter d'être pris pour cible. "On ne s'exprimait pas sur la politique", se souvient Hadia Gana, elle-même artiste céramiste.

Même si le lieu paraît hors du temps, il y a des rappels ici ou là de la décennie de troubles qui ont suivi le renversement de Kadhafi: accroché au portail qui sépare le musée de la partie privée, un panneau routier criblé de balles, ou aux pieds d'une plante, des obus de mortiers retournés pour ressembler à des fleurs métalliques.

Restée seule pendant la révolution en 2011, Hadia Gana a eu peur de "tout perdre si une roquette touchait la maison" et détruisait souvenirs et archives, d'où l'idée de bâtir un musée.

Pour Mme Gana et sa famille, ce furent dix ans de galères: combats sporadiques, coupures d'eau ou électricité, isolement forcé de la pandémie de Covid. Elle a dû s'improviser menuisier, carreleur, maçon et même plombier avec des fonds limités, la famille préférant se passer de l'aide de l'Etat ou d'investisseurs pour conserver son indépendance.

Et progressivement le projet de musée s'est transformé en centre culturel.

La vocation d'Ali Gana était "d'enseigner et éduquer à travers l'art" donc le musée "n'est pas un mausolée", explique Mme Gana, soulignant que son père a aussi consacré sa vie à documenter les artisanats et métiers libyens, dont certains ont disparu.

Après son coup d'Etat en 1969, Kadhafi a en effet interdit le secteur privé: entreprises, commerces et habitations et "pendant 40 ans, l'artisanat est devenu une activité hors-la-loi", raconte à l'AFP Mehdi Gana, fils aîné du maître, qui vit aux Pays-Bas. L'artiste s'est alors lancé dans une course contre la montre pour "constituer des archives afin de rattacher le passé de la Libye à un avenir possible", note M. Gana.

Partager les connaissances, "c'est dans la nature de la maison", souligne sa mère Janine Rabiau-Gana, 84 ans, une Normande qui a enseigné à l'école française de Tripoli et a fait don au musée de la bibliothèque familiale.

Si ailleurs dans le monde, un musée est par définition un lieu d'éducation, "ici en Libye, nous n'avons pas encore cette notion", renchérit Hadia Gana, heureuse d'avoir "évité d'en faire un musée où tout serait figé".

"Je voulais quelque chose de vivant, presque ludique et surtout un endroit qui éveille la curiosité dans toute sa beauté".


Tom Holland livre sa meilleure performance à ce jour dans « Spider-Man: Brand New Day »

Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
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  • Tom Holland livre sa performance la plus aboutie dans un Spider-Man plus sombre, vulnérable et profondément humain
  • Grâce à la réalisation de Destin Daniel Cretton, le film renouvelle la franchise avec une approche émotionnelle, portée par une excellente alchimie entre Holland et Zendaya

DUBAÏ : « Spider-Man: Brand New Day » est l'épisode le plus sombre et le plus introspectif à ce jour consacré au sympathique héros de quartier de Marvel. Destin Daniel Cretton (« Short Term 12 », « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux », « Wonder Man ») s'impose comme un choix étonnamment parfait pour ce virage tonal. Depuis longtemps salué pour son travail avec les acteurs dans des drames intimistes, Cretton apporte cette même sensibilité à une superproduction, permettant à Tom Holland de livrer une interprétation brute et profondément incarnée qui entraîne le personnage dans des territoires véritablement troublants.

Dans la continuité des séquelles émotionnelles de « No Way Home », le film retrouve Peter Parker dans un état de profond déracinement. Avec l'aide de Doctor Strange, il a effacé des mémoires du monde entier le secret de son identité. Son meilleur ami, Ned Leeds (Jacob Batalon), et l'amour de sa vie, MJ (Zendaya), poursuivent désormais leur existence comme s'il n'avait jamais existé. Le cœur brisé et totalement seul, Parker consacre ses jours et ses nuits à combattre le crime, comme si l'épuisement pouvait combler le vide laissé par sa vie d'autrefois.

Le récit s'appuie pleinement sur cette solitude, qui devient le moteur thématique central du film. Le scénario interroge Peter Parker sur ce qu'il se refuse à vivre lorsqu'il choisit d'ignorer ce qui le rend profondément humain : ses relations avec les autres. Et à mesure qu'il se replie sur lui-même, son corps comme son esprit commencent à se transformer d'une manière qu'il ne maîtrise plus totalement. C'est une métaphore audacieuse du choix du confort de la solitude face à l'inconfort de l'intimité et du changement, flirtant avec le body horror et le thriller psychologique. Mais la mise en scène maîtrisée de Cretton et la vulnérabilité de Holland empêchent l'ensemble de basculer dans le ridicule.

Pendant ce temps, Spider-Man affronte un tout nouvel adversaire, capable de prendre possession du corps de simples civils et déterminé à mettre la main sur un élément conservé au sein de l'agence gouvernementale Damage Control, dirigée par William « Bill » Metzger, brillamment incarné par Tramell Tillman, révélé dans « Severance ». Peter reçoit également l'aide de quelques visages familiers — dont nous ne révélerons pas l'identité — tandis qu'un nouveau personnage fait son apparition, interprété par Sadie Sink (« Stranger Things »). L'actrice s'empare pleinement de son rôle, qui bouleverse la franchise de façon spectaculaire.

Si Tom Holland signe une prestation remarquable, tout en justesse et en intensité, Zendaya brille tout autant dans la peau d'une MJ désormais adulte. La complicité entre les deux acteurs est toujours aussi évidente, et chacune de leurs scènes dégage une énergie irrésistible.

Au final, Destin Daniel Cretton signe l'un de ces rares films de super-héros qui paraissent profondément humains, tandis que Tom Holland livre sans doute sa meilleure interprétation de Peter Parker à ce jour. Si vous hésitez encore à acheter votre billet en vous demandant si vous avez vraiment besoin d'un nouveau film de super-héros, n'hésitez plus. Faites le grand saut. Faites confiance à Spider-Man pour amortir votre chute. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le DJ français Kavinsky retrouvé mort à son domicile à Paris

Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
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  • Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet
  • Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024

PARIS: Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien.

Le parquet a précisé qu'"une enquête en recherche des causes de la mort" avait été ouverte, "afin de déterminer l'origine du décès, aucun élément suspect n'ayant été découvert sur place par les services primo-intervenants", mardi soir.

Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet.

Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024.

"Avec la disparition soudaine de Kavinsky, la France perd l'une de ses voix les plus singulières. Du film +Drive+ aux JO de Paris, le monde entier avait vibré sur +Nightcall+. À la fois dansante et nostalgique, sa musique continuera de traverser les générations et les frontières", a réagi sur X la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Pianiste autodidacte né en Seine-Saint-Denis, Kavinsky s'est lancé au début des années 2000, assurant notamment des premières parties de Daft Punk et se produisant aux côtés d'autres nouveaux noms de la scène électro, comme SebastiAn. Mais le grand tournant de sa carrière reste "Nightcall", ce tube synthwave à l'ambiance assombrie et au tempo ralenti, qui a fait partie de la bande originale de "Drive", thriller à succès avec Ryan Gosling.


Guggenheim Abu Dhabi fixe sa date d’ouverture en décembre

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  • Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira le 11 décembre, marquant une nouvelle étape dans le développement d’Abu Dhabi comme destination culturelle mondiale
  • Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le musée mettra à l’honneur l’art moderne et contemporain à travers une collection mêlant perspectives régionales et internationales

DUBAÏ : Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira officiellement ses portes le 11 décembre de cette année, a annoncé mardi le Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi.

Cette ouverture marque une étape majeure dans les efforts de l’émirat pour s’imposer comme une destination mondiale de l’art et de la culture.

Le musée d’art moderne et contemporain servira de plateforme d’échange artistique, avec pour ambition de présenter des perspectives mondiales variées tout en mettant en valeur les récits des Émirats arabes unis et de la région. Conçu pour susciter la curiosité autour de l’art moderne et contemporain, il entend mobiliser les nouvelles générations à travers des expositions, des programmes éducatifs et un dialogue culturel.

Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le Guggenheim Abu Dhabi rejoindra le Louvre Abu Dhabi, le Musée national Zayed, le Musée d’Histoire naturelle d’Abu Dhabi et teamLab Phenomena Abu Dhabi, renforçant ainsi le statut du quartier comme l’un des principaux pôles culturels au monde.

Membre du réseau de musées Guggenheim, qui comprend notamment ceux de New York, Venise et Bilbao, l’établissement d’Abu Dhabi a été développé avec une identité propre, ancrée dans l’histoire de l’émirat en tant que carrefour du commerce et des cultures.

Mohamed Khalifa Al-Mubarak, président du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, a déclaré : « Le Guggenheim Abu Dhabi représente un moment décisif dans notre parcours culturel. Le musée est le fruit de la conviction profonde de l’émirat que la culture constitue le lien le plus durable entre les peuples et un pilier essentiel des sociétés tournées vers l’avenir. Il apporte de nouvelles perspectives sur l’art moderne et contemporain, en mettant en lumière des œuvres venues des quatre coins du monde.

En tant qu’élément clé du quartier culturel de Saadiyat, le musée créera de nouvelles opportunités de transformation en matière d’apprentissage, de créativité et d’échanges culturels, inspirant les générations futures à explorer leur propre potentiel. Ici, chacun trouvera sa place et pourra se reconnaître dans les récits racontés par le musée, en découvrant des idées et des voix artistiques venues du monde entier. »

La Dre Mariet Westermann, directrice générale de la Fondation Solomon R. Guggenheim, a déclaré : « La Fondation Guggenheim est fière et heureuse d’être un partenaire de longue date du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi dans la création d’un musée d’art contemporain d’une ambition et d’une envergure exceptionnelles. La collection du musée est à la fois profondément ancrée dans son territoire et résolument internationale, centrée sur la région tout en réunissant des œuvres provenant de tous les continents. À travers les nombreuses histoires qu’il racontera et fera découvrir, le Guggenheim Abu Dhabi sera une source d’émerveillement, un lieu de rencontre et un espace de curiosité et de joie pour les habitants des Émirats arabes unis comme pour les visiteurs du monde entier. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com