Aéroports et compagnies souffrent déjà du bouleversement climatique

Un avion de ligne de Myanmar Airways s'approche pour atterrir à l'aéroport Changi de Singapour, le 20 juin 2022 (Photo, AFP).
Un avion de ligne de Myanmar Airways s'approche pour atterrir à l'aéroport Changi de Singapour, le 20 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 02 juin 2024

Aéroports et compagnies souffrent déjà du bouleversement climatique

  • Fin mai, des turbulences extrêmes à haute altitude ont touché en l'espace d'une semaine deux gros porteurs, faisant un mort et une centaine de blessés au total
  • L'association estime à 360 milliards d'euros les investissements nécessaires en Europe d'ici à 2040

DUBAÏ: Aéroports inondés ou endommagés par la chaleur, vols déroutés par des incendies de forêt et des phénomènes météorologiques violents: engagé à réduire ses émissions, le transport aérien doit aussi s'adapter en urgence au dérèglement climatique dont les effets se multiplient.

Singulier rappel pour les délégués de l'Iata, la grande association mondiale des compagnies aériennes, réunis à partir de dimanche à Dubaï: l'aéroport de l'émirat, emblématique de son développement exponentiel, a été envahi par les eaux à la mi-avril à la suite de pluies torrentielles. Plus de 2.000 vols ont été annulés.

Moins d'un mois plus tard, ce sont les pistes de l'aéroport de Porto Alegre qui ont subi les inondations sans précédent sur le sud du Brésil. Les aéroports parisiens de Roissy et Orly ont dû fermer quelques heures le 1er mai en raison de violents orages.

Pendant l'été 2022, une vague de chaleur inédite au Royaume-Uni avait perturbé les opérations de vol, le revêtement des pistes de certains aéroports s'étant déformé.

"Les impacts du changement climatique sont déjà ressentis par de nombreux aéroports", explique à l'AFP Alexandre de Joybert, directeur du développement durable d'ACI Europe qui fédère 500 aéroports du Vieux Continent et développe actuellement un cadre pour les aider à planifier leurs investissements en fonction des évolutions météorologiques à venir.

L'association estime à 360 milliards d'euros les investissements nécessaires en Europe d'ici à 2040 pour progresser dans la décarbonation des activités au sol (alimentation des avions quand ils sont à l'accostage, véhicules de piste...), l'objectif étant zéro émission nette en 2050, mais aussi pour adapter les aéroports et les voies d'accès.

Turbulences mortelles 

Parmi les chantiers possibles: des pistes surélevées en zone côtière, le déménagement d'équipements électriques situés en sous-sol, des systèmes d'évacuation des eaux pluviales recalibrés, des opérations d'élagage avant l'été, des revêtements pouvant mieux supporter des canicules... "Tout nouveau projet d'amélioration ou de modernisation intègre ces critères", selon M. de Joybert.

A Vinci Airports, dont l'aéroport de Kansai au Japon a subi d'importants dégâts en 2018 lors du typhon Jebi, la prise en compte de ces aléas est désormais systématique, explique cette entreprise gérant 70 installations dans le monde.

Le groupe a développé un outil informatique prenant en compte "treize périls climatiques" dont "les vagues de chaleur, les inondations, les précipitations extrêmes, les feux de forêt, l'érosion, les typhons, la hausse du niveau des mers", pour analyser la capacité de résistance des installations, ce qui lui permettra de définir des plans d'action.

"On est sur des concessions d'infrastructures de mobilité, donc sur du temps long. On a tout intérêt à s'intéresser à ce qui va se passer dans 10, 20, 30, 50 ans", remarque l'entreprise.

Dans l'immédiat, le réchauffement climatique, synonyme d'orages plus violents et de régimes de vents différents, ou encore d'incendies de forêt géants — comme au Canada en 2023 — peut avoir des effets sur la ponctualité des avions et leur capacité à effectuer des escales rapides, la clé de leur rentabilité.

"Les perturbations des opérations de vol liées à la météo sont en train d'augmenter" en Europe, a noté l'Iata fin mars. En 2023, 30% des retards de vols du Vieux Continent étaient dus au mauvais temps, contre 11% en 2012, selon l'organisation.

Fin mai, des turbulences extrêmes à haute altitude ont touché en l'espace d'une semaine deux gros porteurs, un de Singapore Airlines et un autre de Qatar Airways, faisant un mort et une centaine de blessés au total.

Ces phénomènes "vraisemblablement dus au réchauffement" se sont multipliés au cours des dernières décennies au-dessus de l'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l'Extrême-Orient, cette dernière région risquant le plus d'être affectée par leur augmentation à l'avenir,  selon une étude à paraître de chercheurs de l'institut Cerfacs de Toulouse, associé à Météo-France.

"Les turbulences constituent un sujet de sécurité, mais elles coûtent aussi des millions de dollars aux compagnies" en occasionnant des dégâts aux avions, selon des travaux antérieurs cités par ces scientifiques.

Ce constat est partagé par l'Iata qui s'est dotée depuis 2018 de "Turbulence Aware", une base de données mondiale d'informations en temps réel sur ces phénomènes, alimentées par des capteurs sur les avions en vol.

 


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.