« La Vision 2030 s'accompagne d'une triple révolution politique, sociale et économique », déclare Jean Yves Le Drian à Vision Golfe

 Au cours de l'événement, l'Autorité portuaire saoudienne (MAWANI) et l'Autorité portuaire de Marseille (Port de Marseille Fos) ont signé un protocole d'accord. (Photo: Arab News en français)
Au cours de l'événement, l'Autorité portuaire saoudienne (MAWANI) et l'Autorité portuaire de Marseille (Port de Marseille Fos) ont signé un protocole d'accord. (Photo: Arab News en français)
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Publié le Jeudi 15 mai 2025

« La Vision 2030 s'accompagne d'une triple révolution politique, sociale et économique », déclare Jean Yves Le Drian à Vision Golfe

  • Le ministre français de l'économie, Bruno Le Maire, a ouvert la manifestation à Paris en soulignant les relations étroites entre la France et les États du Golfe
  • Le président d'AfAlula a déclaré que « le Royaume d'Arabie saoudite a connu une transformation profonde, sans précédent et certainement inégalée dans sa rapidité »

PARIS : Lors de son discours d'ouverture de la deuxième édition de Vision Golfe qui s'est tenue à Paris, Bruno Le Maire, ministre français de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, a souligné « la proximité de nos ambitions et l'immense potentiel de notre collaboration entre la France et les pays du Golfe ».

M. Le Maire a mis l'accent sur trois domaines stratégiques pour renforcer cette collaboration : la diversification économique, l'investissement et la lutte contre le réchauffement climatique. 

« Les pays du Golfe ont pris un tournant majeur pour se diversifier au-delà de la rente pétrolière et gazière, et émerger dans les secteurs d'avenir à forte valeur ajoutée. La France est prête à partager son expertise en matière d'infrastructures, d'industrie, de tourisme, de santé et de technologies de pointe. (...) Ensemble, nous pouvons stimuler la croissance, créer des emplois et améliorer la qualité de vie de nos concitoyens", a-t-il ajouté.

L'événement de deux jours, qui s'est tenu au ministère de l'économie à Paris, reflète les efforts conjoints continus des parties prenantes françaises et du CCG pour favoriser les partenariats économiques et commerciaux, avec plus d'un millier de participants.

Vision Golfe 2024 offre une plateforme pour promouvoir la coopération dans une série de secteurs, notamment le commerce, l'énergie et l'environnement, le sport et la culture, tout en rassemblant des experts économiques clés, des ministres, des représentants de startups et des cadres supérieurs.

L'événement s'appuie sur les relations de longue date entre la France et les États du CCG, en particulier entre la France et l'Arabie saoudite, qui ont été marquées par d'importants développements politiques, économiques et culturels au cours des dernières années.

« Ces dernières années, le Royaume d'Arabie saoudite a connu une transformation profonde, sans précédent et certainement sans équivalent dans sa rapidité. Sous la direction du prince héritier, la mise en œuvre de la Vision 2030 s'est accompagnée d'une triple révolution politique, sociale et économique", a déclaré Jean Yves Le Drian, président d'AfAlula, dans son discours prononcé lors de l'événement.

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Jean Yves Le Drian, président de AfALula (Photo: Arab News en français)

« Nous avons assisté à une évolution du Royaume sur le plan social, du fait de la réalisation de multiples réformes internes, notamment au profit des femmes. Dans le même temps, le prince héritier a mis en œuvre un nouveau récit national, celui d'une Arabie saoudite réconciliée avec son passé, d'une Arabie saoudite moderne et ouverte sur le monde, (...) une démarche ambitieuse avec une jeunesse saoudienne, soit 70% du pays, qui adhère à cette nouvelle identité", a-t-il ajouté.

Au cours d'une table ronde intitulée « Sharing views on 2030 », Sulaiman Al-Mazroua, PDG du NIDLP (National Industrial Development and Logistics Program) a souligné la convergence des stratégies nationales et la valeur potentielle des partenariats franco-saoudiens, et plus généralement avec les pays du Golfe.

Bruno Bonnell, directeur général de France 2030, a quant à lui souligné la croissance des échanges entre la France et les pays du CCG, ainsi que les étapes en cours pour la Vision 2030 de la France et la Vision 2030 du Royaume, respectivement.

Pour la cinquième année consécutive, la France reste la championne de l'attractivité économique européenne, selon l'enquête EY 2024 France Attractiveness Survey publiée au début du mois de mai.

La France a réussi à maintenir la confiance des investisseurs avec 1194 projets identifiés, suivie par le Royaume-Uni (985 projets) et l'Allemagne (733 projets).

La France a accueilli 21% des investissements étrangers destinés à l'Europe en 2023, contre 18,7% en 2019. 

La France a maintenu sa position de pays le plus attractif pour les investissements industriels en Europe (530 projets recensés), position qu'elle occupe depuis plus de 20 ans, ainsi que de leader de l'innovation en Europe, avec 123 projets recensés en 2023 en matière de R&D, en ligne avec « France 2030 » et renforçant l'avantage comparatif réel du pays face à une concurrence mondiale exacerbée.

Malgré une année de bouleversements importants, la poursuite de la guerre en Ukraine, la guerre à Gaza, la compétition économique et technologique entre les États-Unis et la Chine affectant le commerce mondial, la part de marché de la France a progressé en 2023, atteignant 2,7 % des échanges mondiaux de marchandises au troisième trimestre.

« En ces temps d'incertitude, il est plus important que jamais de construire des ponts et des partenariats. (...) Nous sommes ici parce que nous sommes tous désireux de renforcer nos synergies dans tous les secteurs d'activité", a déclaré Laurent Saint Martin, PDG de Business France, à l'auditoire.

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Laurent Saint Martin, PDG de Business France. (Photo: Arab News en français)

« A nos amis et partenaires du CG, je veux dire ceci : les entreprises françaises réunies ici représentent ce que nous avons de mieux à offrir dans tous les secteurs. (...) Aux chefs d'entreprise français présents aujourd'hui, si vous voulez faire des affaires avec des partenaires du CCG, il n'y a pas de temps à perdre.  Les pays du Golfe avancent et progressent à un rythme effréné", a-t-il ajouté.

Les capacités potentielles d'investissements publics et privés, en accord avec les visions nationales de développement, offrent des perspectives de partenariats.

EN CHIFFRES

1 % Prévisions de croissance du PIB de la France pour 2024, puis 1,3 % en 2025. (Commission européenne)

2,8 % Croissance attendue du CCG en 2024, puis 4,7 % en 2025. (Banque mondiale)

En raison de sa situation géographique stratégique et de son importance pour l'UE, ainsi que de ses infrastructures de pointe, de ses services publics de qualité, de sa main-d'œuvre qualifiée et de son économie diversifiée, avec des acteurs actifs allant de grandes multinationales à des start-ups de haute technologie, la France continue d'être une destination d'investissement privilégiée pour les pays du CCG. 

En 2023, les investissements des pays du CCG en France ont atteint 14 milliards d'euros (15,178 milliards de dollars) dans toute une série de secteurs, y compris les produits de luxe, les transports et les infrastructures. Les exportations françaises vers le CCG ont été évaluées à 16,5 milliards de dollars, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis constituant les plus grands marchés d'une région qui connaît une croissance considérable de ses échanges commerciaux.

Le PDG de Business France a déclaré vouloir mettre en œuvre une stratégie qui facilite l'expansion de l'économie française à l'étranger et le développement international des exportateurs, tout en augmentant l'attractivité du pays en matière d'investissements directs étrangers.

Un thème essentiel des politiques de développement des pays du Golfe est la construction des villes du futur. Les infrastructures et les corridors de transport sont en première ligne de la discussion.

Au cours de l'événement, l'Autorité portuaire saoudienne (MAWANI) et l'Autorité portuaire de Marseille (Port de Marseille Fos) ont signé un protocole d'accord. Cet accord s'inscrit dans le cadre de l'engagement de la France et de l'Arabie saoudite en faveur de l'excellence dans le domaine du commerce et du transport maritime.

Omar Hariri, président de MAWANI, et Hervé Martel, président du conseil de surveillance du Port de Marseille Fos, ont signé le protocole d'accord, en présence de l'ambassadeur d'Arabie saoudite en France Fahad Al-Ruwaily, de Christophe Castaner, ancien ministre et président du Port de Marseille Fos, et de Laurent Saint Martin, directeur général de Business France. 

Mawani a pour mission de renforcer le leadership de l'Arabie saoudite en tant que centre logistique mondial reliant les trois continents et supervise les dix ports saoudiens du golfe Persique, de la mer d'Arabie et de la mer Rouge.

En ce qui concerne l'expansion des corridors, Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président français à l'IMEC, a déclaré à Arab News que « la construction de corridors n'est pas un projet à court terme, mais plutôt à long terme, avec un impact positif sur les pays voisins, en créant des opportunités d'emploi et en stimulant l'activité économique ».

S'exprimant au nom de l'IMEC à cette occasion, M. Mestrallet a qualifié le projet de « canal de Suez du XXIe siècle ».

La Conférence des Nations unies sur le changement climatique, COP28, qui se tiendra aux Émirats arabes unis en décembre 2023, a affiché l'engagement renouvelé des pays à mobiliser les ressources nécessaires pour relever les défis du changement climatique, qui ont un impact sur la santé, le bien-être et la stabilité économique, en établissant des partenariats stratégiques et globaux à cette fin.

La transition énergétique et les investissements permettant sa mise en œuvre sont communs aux stratégies nationales 2030, notamment la transition de l'Arabie saoudite vers l'énergie propre, dans le cadre de sa Vision 2030, grâce à son investissement dans l'hydrogène vert.

Les pays européens et du Golfe ont un rôle essentiel à jouer pour atténuer les menaces posées par le changement climatique, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant la gestion de l'eau et des déchets, 

Malgré des défis systémiques croissants à l'échelle mondiale, la France et les pays du CCG font progresser leur programme en matière de durabilité, d'énergie, de commerce et d'investissement, et relèvent les défis économiques, politiques et géopolitiques. 

En tant que telle, la coopération dans les activités intersectorielles, de la conception à la mise en œuvre, nécessite d'accélérer la coopération et les partenariats et d'élaborer des plans d'action.

Les entreprises françaises sont de plus en plus impliquées dans les affaires et le développement dans le Golfe, dans les domaines de l'ingénierie, de la santé, des infrastructures et de la vente au détail.

Les biens de consommation offrent également de formidables opportunités pour les marques françaises dans le CCG, les consommateurs recherchant la « french touch ».

Pour Geoffroy Bunetel, directeur général du groupe Chalhoub et ancien président de la chambre de commerce EAU-France, les consommateurs de la région sont sophistiqués et recherchent l'expérience de la vente au détail.

L'objectif est de créer plus de valeur pour les consommateurs, en apportant une nouvelle expérience de la vente au détail, en magasin et en ligne, en incorporant l'application de l'IA, tout en investissant dans la R&D dans un marché en constante évolution.

Vision Golfe la croissance de ces partenariats reflète la perception positive de la France parmi les investisseurs du Golfe.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.