Pakistan : les Hazaras enterrent leurs morts après une semaine de protestations

Des milliers de personnes ont participé samedi au Pakistan à l'enterrement de 10 mineurs Hazaras tués dans une attaque revendiquée par l'organisation État islamique (EI), qui avait provoqué un tollé face au manque de protection de cette communauté chiite. (AFP)
Des milliers de personnes ont participé samedi au Pakistan à l'enterrement de 10 mineurs Hazaras tués dans une attaque revendiquée par l'organisation État islamique (EI), qui avait provoqué un tollé face au manque de protection de cette communauté chiite. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 09 janvier 2021

Pakistan : les Hazaras enterrent leurs morts après une semaine de protestations

  • Ces centaines de membres de cette minorité avaient manifesté pendant six jours avant de trouver vendredi un accord avec le gouvernement local du Baloutchistan, la province la plus grande et la plus pauvre du Pakistan
  • Des milliers de manifestants avaient bloqué une route à la périphérie de Quetta, la capitale provinciale, affirmant refuser d'enterrer les morts tant que le Premier ministre Iman Khan ne s'engagerait pas à protéger cette minorité

QUETTA : Des milliers de personnes ont participé samedi au Pakistan à l'enterrement de 10 mineurs Hazaras tués dans une attaque revendiquée par l'organisation État islamique (EI), qui avait provoqué un tollé face au manque de protection de cette communauté chiite. 

Ces centaines de membres de cette minorité avaient manifesté pendant six jours avant de trouver vendredi un accord avec le gouvernement local du Baloutchistan, la province la plus grande et la plus pauvre du Pakistan.

Des milliers de manifestants avaient bloqué une route à la périphérie de Quetta, la capitale provinciale, affirmant refuser d'enterrer les morts tant que le Premier ministre Iman Khan ne s'engagerait pas à protéger cette minorité.

Les dix mineurs avaient été kidnappés dimanche d'une mine de charbon par des hommes armés avant d'être emmenés sur une colline proche, où la plupart ont été fusillés et certains décapités.

Samedi à Quetta, plus de 4 000 personnes ont assisté sous haute sécurité aux funérailles des mineurs tués.

«Halte au terrorisme, arrêtez les coupables», scandaient les personnes participant aux funérailles, a raconté un photographe de l'AFP sur place. 

Ce refus d'inhumer les corps était symbolique de l'angoisse des Hazaras: le rite musulman prévoit normalement que l'enterrement ait lieu le plus tôt possible, en général sous 24 heures.

Les Hazaras constituent la majorité des chiites de Quetta, la capitale d'un Baloutchistan en proie à une insurrection.

Aisément repérables à leurs traits asiatiques marqués, qui font d'eux des cibles faciles pour des extrémistes sunnites les considérant comme des hérétiques, les Hazaras ont subi des dizaines d'attaques depuis 2001 au Pakistan comme en Afghanistan voisin.

Vendredi, les autorités ont promis l'arrestation des assaillants, des compensations pour les familles endeuillées et une meilleure protection. 

Selon un haut responsable du gouvernement, le Premier ministre s'est rendu samedi à Quetta où il a rencontré les familles des victimes et s'est déclaré déterminé à déférer les coupables devant la justice.

Imran Khan s'est également engagé à ce que le gouvernement prenne toutes les mesures nécessaires pour mieux protéger les Hazaras.

«Le gouvernement provincial va constituer une équipe d'enquête conjointe pour proposer une action contre ceux reconnus coupables de négligences ayant conduit à l'incident», indique le texte de l'accord trouvé vendredi, dont l'AFP a obtenu copie.

L'accord prévoit également une haute commission dirigée par le ministre du Baloutchistan pour enquêter sur les attaques contre la communauté Hazara sur les 22 dernières années.

Les autorités pakistanaises nient depuis longtemps la présence de l'EI sur leur sol, mais le groupe sunnite a revendiqué plusieurs attaques par le passé.

 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
Short Url
  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.