Les marchés financiers questionnent les conséquences d'un gouvernement d'extrême droite sur la dette française

Image prise le 17 janvier 2012 d'une page du site de Standard and Poor's. Le Sénat défendait alors « la création d'une agence de notation privée européenne de dimension mondiale afin de faire contrepoids aux agences anglo-saxonnes (…) » (Photo Joel Saget  AFP)
Image prise le 17 janvier 2012 d'une page du site de Standard and Poor's. Le Sénat défendait alors « la création d'une agence de notation privée européenne de dimension mondiale afin de faire contrepoids aux agences anglo-saxonnes (…) » (Photo Joel Saget AFP)
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Publié le Mardi 11 juin 2024

Les marchés financiers questionnent les conséquences d'un gouvernement d'extrême droite sur la dette française

  • Le taux d'emprunt français à dix ans est monté jusqu'à 3,32% mardi après avoir déjà progressé la veille. Vers 14H50 GMT, il s'établissait à 3,23% quand, au même moment, son équivalent allemand, considéré comme étant le plus sûr en Europe, était à 2,62%
  • La dissolution «accroît les risques» qui pèsent sur la maîtrise budgétaire de la France, et donc sur sa note, a pour sa part relevé lundi soir l'influente agence de notation Moody's

PARIS : Sur les marchés financiers, les investisseurs s'interrogent sur les conséquences d'une éventuelle arrivée de l'extrême droite au pouvoir sur la dette de la France, après l'annonce surprise de la dissolution de l'Assemblée nationale.

Les récents développements politiques ont fait grimper le taux d'emprunt français à dix ans, qui continuait son ascension mardi, si bien que l'écart avec le taux allemand à même échéance a atteint un record depuis 2020.

Le taux d'emprunt français à dix ans est monté jusqu'à 3,32% mardi après avoir déjà progressé la veille. Vers 14H50 GMT, il s'établissait à 3,23% quand, au même moment, son équivalent allemand, considéré comme étant le plus sûr en Europe, était à 2,62%.

L'écart entre ce taux français et son équivalent allemand s'est nettement accru au cours de la séance. Or, cet écart - appelé «spread» - est un indicateur de la confiance des investisseurs dans les perspectives économiques de long terme d'un pays.

«Il y a eu une accélération autour de 11 heures après les rumeurs d'une éventuelle démission d'Emmanuel Macron, démenties par l'Elysée», note Aurélien Buffault, gérant obligataire chez Delubac AM.

La situation sur les marchés «illustre les craintes de détérioration de la qualité de crédit de la France par rapport à l'Allemagne et c'est lié au caractère dispendieux des mesures possibles d'un point de vue budgétaire» en cas de victoire du Rassemblement national en France, explique Lionel Melka, gérant de Swann Capital.

Le président français Emmanuel Macron a répondu à la victoire historique de l'extrême droite aux élections européennes dimanche par une dissolution surprise de l'Assemblée nationale.

Or, si le parti d'extrême droite français obtient aux législatives anticipées des résultats qui lui permettent d'accéder au gouvernement, cela sera synonyme d'une «augmentation des déficits budgétaires», prévoit Neil Wilson, analyste de Finalto.

- La dette dans le radar des marchés -

Cette incertitude émerge dans un contexte où le pays a récemment vu sa note de crédit dégradée d'un cran par l'agence de notation S&P.

Le 31 mai, S&P avait sanctionné l'aggravation des déficits publics du pays et expliqué ne pas croire à la promesse d'un rétablissement des comptes d'ici la fin du mandat d'Emmanuel Macron en 2027.

La dissolution «accroît les risques» qui pèsent sur la maîtrise budgétaire de la France, et donc sur sa note, a pour sa part relevé lundi soir l'autre influente agence de notation, Moody's, qui s'attend à ce qu'aucun parti n'ait de majorité absolue dans la prochaine Assemblée.

Elle remarque que «le fardeau de la dette française est le plus élevé parmi ses pairs notés de manière similaire» et que «le rythme de réduction du déficit de la France sera plus lent que celui de la plupart de ses pairs européens».

La dette de la France est supérieure à 110% de son PIB, alors que celle de l'Allemagne n'atteint que 64% de la production de richesse du pays, rappelle Aurélien Buffault.

«C'est là où on arrive dans un cercle vicieux: le coût de la dette augmente parce qu'on attribue à la France un risque de solvabilité», qui se traduit par une hausse du taux d'intérêt qu'elle doit accepter de payer pour pouvoir emprunter, souligne-t-il.

Alors que le marché obligataire est le principal levier de financement de l'Etat, emprunter plus cher signifie pour la France un coût de financement plus élevé, ce qui peut contribuer à aggraver son endettement et à creuser davantage son déficit.

Par ailleurs, selon les données les plus récentes de l'Agence France-Trésor, au quatrième trimestre 2023 la dette française était détenue à 53,2% par des investisseurs étrangers «pour qui la question de détenir de la dette française se pose» dans le contexte politique incertain actuel, poursuit M. Buffault.

Sur le marché obligataire, un tel écart entre les taux d'emprunt français et allemand pour des raisons de politique nationale ne s'était plus vu «depuis 2017, lorsqu'il y avait un risque de voir un second tour des présidentielles entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen», note Lionel Melka.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.