Afrique du Sud: le président Ramaphosa réélu, gouvernement de coalition en vue

Le président du Congrès national africain (ANC) Cyril Ramaphosa (au centre) célèbre avec le vice-président du Congrès national africain (ANC) Paul Mashatile (à gauche) après que Ramaphosa a été annoncé président de l'Afrique du Sud après que les membres du Parlement ont voté lors de la première séance du nouveau Parlement sud-africain au Cap, le 14 juin 2024. (Photo par Rodger Bosch AFP)
Le président du Congrès national africain (ANC) Cyril Ramaphosa (au centre) célèbre avec le vice-président du Congrès national africain (ANC) Paul Mashatile (à gauche) après que Ramaphosa a été annoncé président de l'Afrique du Sud après que les membres du Parlement ont voté lors de la première séance du nouveau Parlement sud-africain au Cap, le 14 juin 2024. (Photo par Rodger Bosch AFP)
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Publié le Samedi 15 juin 2024

Afrique du Sud: le président Ramaphosa réélu, gouvernement de coalition en vue

  • Selon l'ANC, le président Ramaphosa devrait annoncer un «gouvernement d'union nationale inclusif» comprenant, outre la DA, le parti nationaliste zoulou Inkhata (IFP) et d'autres petites formations
  • John Steenhuisen a estimé que ce gouvernement multi-partis est «la meilleure opportunité» pour le pays «d'obtenir la stabilité et une bonne gouvernance propre», loin de la corruption qui a entaché l'ANC ces dernières années

LE CAP, Afrique Du Sud : Cyril Ramaphosa, réélu vendredi président de l'Afrique du Sud par le Parlement, travaille samedi à constituer un nouveau gouvernement après que son parti l'ANC a trouvé un accord inédit avec la principale formation d'opposition, la DA libérale.

Les Etats-Unis, la Chine, l'Ukraine, la Russie, le Zimbabwe voisin et la Commission européenne ont félicité samedi M. Ramaphosa, qui a obtenu la veille 283 voix, loin devant l'autre candidat Julius Malema du parti radical de gauche EFF (44 voix).

L'investiture du chef de l'Etat, 71 ans, devrait se dérouler mercredi à Pretoria, selon une source gouvernementale.

«C'est un jour historique» et «le début d'un nouveau chapitre de construction, de coopération», a commenté vendredi le dirigeant de la DA, John Steenhuisen.

Selon l'ANC, le président Ramaphosa devrait annoncer un «gouvernement d'union nationale inclusif» comprenant, outre la DA, le parti nationaliste zoulou Inkhata (IFP) et d'autres petites formations.

Le parti de Nelson Mandela s'est dit «prêt à mettre de côté nos divergences politiques, à trouver des moyens innovants pour travailler ensemble dans l'intérêt de notre nation».

Les élections législatives fin mai ont marqué un tournant historique pour l'Afrique du Sud, mettant fin à trente ans d'hégémonie du Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela. Le parti qui a défait le régime honni de l'apartheid a ainsi perdu pour la première fois sa majorité absolue au Parlement.

Le futur gouvernement va graviter «autour du centre», entre l'ANC, qui reste majoritaire avec 159 des 400 députés, l'Alliance démocratique (DA, 87 sièges) et le parti nationaliste zoulou Inkhata (IFP, 17 sièges).

John Steenhuisen a estimé que ce gouvernement multi-partis est «la meilleure opportunité» pour le pays «d'obtenir la stabilité et une bonne gouvernance propre», loin de la corruption qui a entaché l'ANC ces dernières années.

Il a précisé que l'attribution de postes de ministres n'était pas encore tranchée. «Nous parlons valeurs et principes d'abord, postes ensuite», a-t-il ajouté.

M. Ramaphosa, ancien syndicaliste ayant fait fortune dans les affaires, avant de revenir à la politique, a affiché la semaine dernière une franche décontraction, alors qu'il menait des négociations serrées en coulisses.

Le président américain Joe Biden a félicité samedi Cyril Ramaphosa pour sa réélection.

Saluant le travail collectif réalisé par les partis pour former un gouvernement d'union nationale, Joe Biden s'est réjoui «que les États-Unis et l'Afrique du Sud poursuivent leur collaboration afin d'élargir les perspectives économiques, investir dans des solutions énergétiques propres et démontrer que la démocratie tient parole», selon un communiqué de la Maison Blanche.

La Chine, partenaire-clef de l'Afrique du Sud, a félicité M. Ramaphosa par un «message» de son président Xi Jinping, a indiqué l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté félicité M. Ramaphosa en saluant «les efforts conjoints de l'Afrique du Sud pour restaurer une paix juste en Ukraine» tandis que le président russe Vladimir Poutine a dit apprécier en Ramaphosa sa «contribution personnelle au développement d'un partenariat stratégique» entre leurs deux pays.

«Avec vos qualités de dirigeant et votre expérience, l'Afrique du Sud est entre de bonnes mains», a pour sa part écrit sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Le président du Zimbabwe voisin, Emmerson Mnangagwa, a vu lui dans la réélection de M. Ramaphosa «un large témoignage de la grande confiance» du peuple à son égard.

- Sans la gauche -

Depuis plusieurs jours, une troïka ANC-DA-IFP s'était dessinée, en dépit de tiraillements sur la gauche de l'ANC, qui voyait d'un mauvais oeil une alliance avec le parti DA, apprécié par le monde des affaires mais qui reste largement perçu comme le parti des Blancs et opposé au poids des aides sociales sur le budget notamment.

Mercredi, le dirigeant de l'Inkhata avait justifié sa participation au futur gouvernement par le besoin de «stabilité» pour répondre aux difficultés des Sud-Africains, plombés par un chômage endémique, de fortes inégalités et des coupures de courant récurrentes.

Plus tôt, le président Ramaphosa avait invité tous les partis à «travailler ensemble» pour former un «gouvernement d'union nationale», référence à la formule trouvée à la sortie de l'apartheid unissant le premier président noir Nelson Mandela au dernier président blanc, Frederik de Klerk.

Le MK, nouveau parti de l'ex-président accusé de corruption Jacob Zuma, devenu la troisième force politique avec 58 sièges, a refusé toute discussion avec l'ANC.

Son parti continue de contester les résultats des législatives et ses députés étaient largement absents vendredi de cette première session parlementaire.

Les Combattants pour la liberté économique (EFF, 39 sièges), qui prônent la confiscation de terres aux Blancs ou la privatisation des mines, ont refusé de rejoindre le gouvernement de coalition.


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est "terminé"

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.