Arrestations à Hong Kong: «préoccupation» de Washington et d'autres pays occidentaux

Washington a déjà imposé des sanctions à plusieurs responsables chinois et de Hong Kong dont la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam. Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a menacé cette semaine d'en imposer de nouvelles suite aux arrestations (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 10 janvier 2021

Arrestations à Hong Kong: «préoccupation» de Washington et d'autres pays occidentaux

  • 53 personnalités accusées de «subversion» dans le cadre d'une loi draconienne sur la sécurité nationale, qui prévoit des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie
  • «Il est évident que la loi de sécurité nationale est utilisée pour éliminer des vues politiques dissidentes et d'opposition»

WASHINGTON: Les Etats-Unis, l'Australie, la Grande-Bretagne et l'Australie ont fait part samedi dans un communiqué de leur «grande préoccupation» suite au coup de filet qui a vu l'arrestation cette semaine d'une cinquantaine de figures de l'opposition hongkongaise militant pour la démocratie.

Plus de mille policiers ont procédé mercredi à l'interpellation de 53 personnalités luttant pour la démocratie, dont un avocat américain, accusées de «subversion» dans le cadre d'une loi draconienne sur la sécurité nationale, qui prévoit des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie.

Cette opération est le dernier coup en date porté contre la dissidence depuis la reprise en main de Hong Kong entamée en 2020 par Pékin pour mettre fin aux immenses manifestations en faveur de la démocratie qui avaient secoué ce territoire semi-autonome en 2019. 

La plupart des personnes arrêtées ont depuis été remises en liberté.

Les puissances occidentales ont rapidement fustigé une «sévère répression» et une «terrible attaque» contre les libertés, pourtant théoriquement garanties jusqu'en 2047 dans le cadre du principe «Un pays, deux systèmes».  

Washington a déjà imposé des sanctions à plusieurs responsables chinois et de Hong Kong dont la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam. Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a menacé cette semaine d'en imposer de nouvelles suite aux arrestations.

Le communiqué commun rendu public samedi par M. Pompeo et ses homologues de Grande-Bretagne, Australie et Canada ne fait pas état de sanctions.

Il y «soulignent leur grande préoccupation face aux arrestations de masse (...) pour subversion à Hong Kong sous le coup de la loi sur la sécurité nationale», estimant qu'il s'agit d'une «claire atteinte à la Déclaration conjointe sino-britannique».

«Il est évident que la loi de sécurité nationale est utilisée pour éliminer des vues politiques dissidentes et d'opposition», soulignent-ils.

Les chefs de la diplomatie appellent Hong Kong et Pékin à respecter les droits et libertés à Hong Kong et à faire en sorte que les élections locales - reportées pour cause d'épidémie - se tiendront «de manière équitable en incluant des candidats représentant différentes opinions politiques».


Poursuite du vote marathon sur le plan de relance de Biden

Le président américain Joe Biden lors d'une table ronde avec les Américains qui bénéficieront des contrôles de secours et font partie du plan de relance, le 5 mars 2021 à Washington, DC (Photo, AFP)
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  • Les sénateurs américains votaient toujours samedi matin sur une longue série d'amendements au plan de relance de 1 900 milliards de dollars voulu par Joe Biden
  • Le plan des démocrates prévoit notamment des chèques de 1 400 dollars pour des millions d'Américains, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales

WASHINGTON: Les sénateurs américains votaient toujours samedi matin sur une longue série d'amendements au plan de relance de 1 900 milliards de dollars voulu par Joe Biden, une séance marathon que les démocrates espéraient conclure par un vote crucial ce week-end. 

Les démocrates disposent d'une courte majorité au Sénat et leur chef Chuck Schumer s'est montré convaincu de pouvoir faire adopter « cette semaine » le plan. 

Mais l'examen du texte, démarré jeudi, s'éternisait encore samedi.  

Vendredi soir, les sénateurs sont entrés dans un « vote-a-rama », procédure-marathon lors de laquelle ils peuvent proposer des dizaines d'amendements et exiger un vote sur chacun.  

L'occasion pour l'opposition républicaine, qui juge le plan Biden trop coûteux et pas assez ciblé, de présenter ses doléances. 

Le soleil brillait sur le Capitole samedi matin et les votes se poursuivaient, après déjà plus d'une vingtaine d'amendements.  

Un faible cri de joie s'est élevé au petit matin lorsque les sénateurs, dont beaucoup sont âgés, sont parvenus à un rare consensus pour approuver une amende sur les anciens militaires à l'unanimité.  

Un rare compromis dans une procédure marquée par la division entre démocrates et républicains.  

Chèques de 1 400 dollars  

Le plan des démocrates prévoit notamment des chèques de 1 400 dollars pour des millions d'Américains, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales. 

Le texte prévoit aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 milliards pour le dépistage et la recherche, en plus de 14 milliards pour la distribution du vaccin.  

Le projet de loi retournera ensuite la semaine prochaine à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, pour un vote final, avant d'être promulgué par le président américain.  

Le temps presse pour les démocrates qui veulent mettre en oeuvre ce plan d'ici le 14 mars, avant la suspension prévue du versement d'allocations chômage à des millions d'Américains.  

L'examen du texte avait commencé par la lecture, forcée par un républicain, des 628 pages du projet de loi pendant près de 11 heures, jusque dans la nuit de jeudi à vendredi. 

Puis, vendredi, la procédure avait été soudainement paralysée par l'opposition d'un sénateur démocrate conservateur à un dispositif clé de ce gigantesque plan d'aide, censé maintenir à flot la première économie mondiale durement affectée par la pandémie.    

Un camouflet pour le chef démocrate, et la Maison Blanche qui soutenait publiquement cet amendement sur les allocations chômage. Ils étaient finalement parvenus à un accord dans la soirée, réduisant la durée des aides. 

« Mini-boom économique »  

Joe Biden a martelé vendredi le besoin d'adopter sans délai son plan, tempérant l'enthousiasme créé par de bons chiffres de l'emploi aux Etats-Unis dévoilés vendredi, un signe pourtant annonciateur d'un mini-boom économique au printemps. 

En février, 379 000 emplois ont été créés, près de trois fois plus qu'en janvier, avait annoncé dans la matinée le département du Travail. 

Mais il faudra encore du temps pour retrouver le niveau d'avant la pandémie: 18 millions d'Américains touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger. 

« A ce rythme, il faudra deux ans pour revenir dans les clous » et retrouver le niveau de février 2020, a averti le président américain. 

Les bars et restaurants, qui souffrent particulièrement depuis le début de la crise, sont ceux qui ont le plus embauché le mois dernier. L'interdiction de servir en salle a en effet été assouplie dans certaines régions. 

Les autres activités liées aux loisirs et à l'hébergement, ainsi que les services de santé, la vente au détail, l'industrie manufacturière, ont également créé de nouveaux postes. 

Et les entreprises du pays se mettent surtout en ordre de bataille pour le mini-boom économique annoncé. 

Dès le printemps, la consommation devrait en effet bondir, portée par les vaccinations menées tambour battant, et par les aides publiques distribuées depuis le début de la crise qui, couplées aux dépenses en baisse, ont rempli les comptes en banque des Américains, notamment des plus aisés. 

Selon Joe Biden, les bons chiffres des créations d'emplois sont certainement dus au plan de relance de 900 milliards de dollars qui avait été adopté fin décembre et signé par son prédécesseur Donald Trump. 

Mais sans nouvelles aides, tout cela « va ralentir », a-t-il prévenu, « on ne peut pas faire un pas en avant et deux pas en arrière ». 

Son projet de 1 900 milliards de dollars serait le troisième plan d'aides exceptionnelles approuvé par le Congrès pendant la pandémie. 


Les milices iraniennes prétendent disposer de cellules actives à Washington DC

Des milices iraniennes affirment disposer de cellules actives composées d'agents basés à Washington, la capitale des États-Unis, ainsi que dans d'autres villes américaines (Photo, AFP).
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  • De nouvelles allégations indiquent que les factions terroristes affiliées à l'Iran prennent de plus en plus d'ampleur et bénéficient d'un soutien sans précédent
  • Elles ont ainsi exigé le retrait de toutes les troupes américaines d'Irak et du Moyen-Orient

DUBAÏ: Les milices iraniennes disposent de cellules actives qui opèrent à Washington DC, la capitale des États-Unis, ainsi que dans d'autres villes américaines, selon les chatrooms de ces groupes.

Kawtheryoon Electronic Team, un réseau de télégrammes dont se servent les milices iraniennes ainsi que leurs partisans, a affirmé dans un message publié récemment que « les cellules de résistance iraniennes sont implantées au sein de l'Amérique et de sa capitale », a rapporté la chaîne Fox News, qui a publié une copie du message rédigé en anglais et récupéré par le Middle East Media Research Institute (MEMRI), qui dépiste les groupes radicaux.

Par ailleurs, la milice affirme que les factions terroristes affiliées à l'Iran prennent de plus en plus d'ampleur et bénéficient d'un soutien sans précédent ; elles ont ainsi exigé le retrait de toutes les troupes américaines d'Irak et du Moyen-Orient.

Le Kawtheryoon Electronic Team a publié une photo montrant des cercueils de soldats américains, selon la chaîne de télévision Fox News.

Les allégations concernant des cellules terroristes iraniennes implantées aux États-Unis arrivent au moment où l'administration Biden cherche à engager directement l'Iran dans la conclusion d'un nouvel accord nucléaire.

Plus tôt, le président Joe Biden avait déclaré que l'Iran devait réduire ses activités d'enrichissement d'uranium avant toute relance des discussions sur le programme nucléaire iranien.

Selon la chaîne Fox News, l'Iran continue néanmoins de soutenir le terrorisme et ne manifeste aucun signe de repli quant à ses opérations actives au Yémen, en Syrie, en Irak, au Liban et dans d'autres régions sensibles du Moyen-Orient.

Par ailleurs, l'Iran continue de soutenir les frappes contre les troupes américaines stationnées en Irak, et a probablement été derrière l'attaque à la roquette perpétrée mercredi contre une base aérienne en Irak qui accueille des troupes américaines, poursuit la chaîne de télévision.

Ce texte est la traduction d’un article  paru sur Arabnews.com.


RDC: sur les traces d'un des plus anciens foyers de peste au monde

Des analystes tentent de confirmer la présence de la peste bubonique au Congo, le 25 février (Photo, AFP).
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  • C'est en 1926 que le bacille a été identifié dans l'actuelle province de l'Ituri (Nord-Est). «Le foyer congolais est le plus ancien au monde», affirme la division provinciale de la santé
  • Depuis le 15 novembre, 335 cas suspects ont été enregistrés, dont sept décès, selon les registres épidémiologiques consultés sur place

ARU: Déjà confrontée à des épidémies multiples, la République démocratique du Congo abrite un des plus anciens foyers de peste au monde, dont l'activité semble s'accroître depuis fin 2020, dans une zone reculée, aux confins de l'Ouganda et du Soudan du Sud.

C'est en 1926 que le bacille a été identifié dans l'actuelle province de l'Ituri (Nord-Est). « Le foyer congolais est le plus ancien au monde », affirme la division provinciale de la santé

« La peste n'a jamais cessé de circuler depuis sa découverte. Elle va et vient. Mais il semble qu'elle soit de retour après 40 ans. Les habitants n'étaient pas préparés », analyse le docteur Anne Laudisoit, éco-épidémiologiste membre d'une équipe pluridisciplinaire dépêchée sur les lieux.

Depuis le 15 novembre, 335 cas suspects ont été enregistrés, dont sept décès, selon les registres épidémiologiques consultés sur place.

La transmission à l'homme se fait via les puces infectées présentes sur les rongeurs, et les rats noirs en particulier.

Les rats contaminent les foyers en pénétrant dans les maisons, attirés par la nourriture et les stocks de vivres. 

« La population est ignorante du danger que représentent les puces et les rats dans la transmission et le maintien de la peste », déplore le médecin congolais Michel Mandro, de la Division provinciale de la Santé (DSP).

Des pièges à puces ont été placés au sein des foyers, afin de pouvoir mener des analyses et confirmer la présence de la peste. Des prélèvements sont aussi effectués sur les cadavres de rats, autre indicateur potentiel de la maladie. 

Des échantillons sont également prélevés sur des personnes présentant des symptômes de la peste bubonique (ganglions, fièvre...).

« Le laboratoire régional spécialisé pour les analyses de la souche, autrefois installé dans la province, n'est plus fonctionnel depuis plus de 30 ans. Ce qui oblige les acteurs sur le terrain à envoyer les échantillons à l'Institut national de recherche biomédicale à Kinshasa, à plus de 2 000 km », déplore le Dr Mandro.

Ces échantillons suspects de peste restent de ce fait non confirmés, signe que la recherche sur la maladie reste négligée en RDC, déplore une source scientifique.

Il est vrai que la peste est loin d'être la seule priorité sanitaire de la RDC, qui doit gérer plusieurs épidémies à la fois.

Le plus grand pays d'Afrique subsaharienne a relativement été épargné par l'épidémie de Covid-19 (26 340 cas depuis mars pour 2,3 millions d'habitants, dont plus de 19 000 dans la capitale Kinshasa).

Une nouvelle épidémie d'Ebola a été enregistrée en février dans la province du Nord-Kivu, voisine de l'Ituri. Quelques cas ont été répertoriés. Dans cette province, Ebola a tué plus de 2 000 personnes lors de la grande épidémie d'août 2018 à juin 2020.

Le pays a également été touchée par une épidémie de rougeole en 2020.